« Il faut revoir l'organisation des introductions en Bourse en France » (Degroof Petercam)

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L'organisation des introduction en bourse est un ''parcours du combattant'', explique Jérôme Laurre.
L'organisation des introduction en bourse est un ''parcours du combattant'', explique Jérôme Laurre.

Deezer et Oberthur Technologies ont récemment dû ajourner leur entrée en Bourse. Pour Jérôme Laurre, associé-gérant chez Degroof Petercam, il est urgent de s’interroger sur l’échec de ces introductions pour éviter la récurrence de telles déconvenues.

Dans des marchés actions plutôt bien orientés, des entreprises françaises aussi performantes et prometteuses que Deezer et Oberthur ont été contraintes d’ajourner leur introduction en Bourse (IPO) tandis que Showroomprivé a réalisé la sienne avec un résultat mitigé. Seul Amundi, fort de sa surface financière, a véritablement convaincu les investisseurs. Le constat est néanmoins amer pour la Place de Paris et amène à s’interroger.

Il est vrai que les investisseurs ont été refroidis par deux « chocs » ayant déstabilisé les marchés au cours des derniers mois : la crise grecque au début de l’été et la Chine au mois d’août. Alors que la fin de l’année approche, l’aversion au risque augmente et certains opérateurs ne veulent pas remettre en cause les performances acquises malgré ces chocs. Si la volatilité a tendance à s’estomper, il a suffi que Gemalto, le concurrent d’Oberthur Technologies, annonce des résultats décevants dans plusieurs de ses métiers pour créer la défiance autour de la société française. De son côté, Deezer a été victime des mauvais résultats du site américain Pandora Media. Oberthur et Deezer ont ainsi subi des dommages collatéraux malgré des fondamentaux solides et attractifs. Showroomprivé a pu, pour sa part, s’introduire en Bourse car la valeur n’a pas été impactée négativement par une mauvaise nouvelle touchant une entreprise de son secteur.

Les investisseurs font preuve d’une sélectivité accrue après une vague d’introductions de valeurs technologiques et des chocs économiques d’une ampleur certaine. D’autant qu’une entreprise qui veut s’introduire en Bourse doit franchir un parcours du combattant.

Engager une réflexion pour raccourcir les délais

Il convient donc de lancer une réflexion globale sur ce sujet. Que constate-t-on en effet ? Le délai entre le dépôt du prospectus d’introduction auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et le lancement de l’opération peut atteindre trois mois. Il serait pertinent de raccourcir cette période. Les obligations demandées à ces entreprises sont compréhensibles, car elles permettent de recueillir des informations les plus exhaustives possibles et de protéger les futurs actionnaires. Mais un processus trop long peut avoir des conséquences très dommageables pour ces prétendants.

Afin d’améliorer le pilotage de ce type d’opérations, il pourrait s’avérer judicieux d’encourager les contacts en amont entre la société candidate à l’IPO et un panel restreint d’investisseurs influents qui s’engageraient à souscrire lors de l’introduction. Cela réduirait le risque de marché lié à ce processus administratif excessivement long.

La mise en place de dispositifs mieux adaptés à la volatilité des marchés pourrait éviter à l’avenir de telles déconvenues, qui finissent par ternir la réputation des sociétés et de leurs dirigeants. L’échec d’une IPO peut être très préjudiciable pour une entreprise sur le plan de sa réputation et plus particulièrement vis-à-vis de ses actionnaires, collaborateurs, clients et fournisseurs. Or, ces échecs tiennent davantage à l’environnement de marché qu’à la qualité de l’entreprise en elle-même.

Jérôme Laurre, Managing Partner, Degroof Petercam Finance

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  • AND.KOTE le dimanche 29 nov 2015 à 19:12

    La bourse de Paris n a pas de fondamentaux, c est une girouette des autres places boursieres, elle suit le vent donc pas inreressante pour les stes

  • jobaca le vendredi 27 nov 2015 à 11:42

    Techniquement, les investisseurs n'ont rien à gagner de l'introduction en bourse, du moins, les premiers jours (voire, mois). Ceux qui ont un peu d'expérience le savent et ne se précipitent pas. Et les novices ont peur parce qu'ils ont sûrement déjà fait l'erreur de se jeter sur un titre dès le premier jour d'introduction...pour finalement se faire plumer. Donc normal qu'à force, ils soient moins nombreux :https://www.en-bourse.fr/introduction-en-bourse-etes-vous-un-loup-ou-un-mouton/

  • M3748275 le mardi 24 nov 2015 à 12:25

    Deezer c'est surtout a cause de l'ouverture du service de streaming d'apple que ca a capote...

  • faites_c le mardi 24 nov 2015 à 12:18

    Si vous voulez que les IPO fonctionnent, faites donc des IPO à prix ouverts et non pas des IPO à fourchette ouverte où c'est l'entreprise qui fixe à la fin du processus d'engagement, le prix de mise sur le marché! Depuis que cette pratique a été mise en place pour quasi toutes les IPO, je ne participe plus à aucune d'entre elles!

  • stochast le mardi 24 nov 2015 à 12:12

    Comment peut-on accumuler autant de contre-vérités dans un article aussi court. D'abord, l'introduction d'Oberthur a été proposée à un prix supérieur à celui que des investisseurs étaient prêts à offrir hors marché. Pas étonnant que ça ait capoté. Quant aux résultats de Gemalto, ils n'étaient pas "mauvais" mais condamnés à tort par le marché (et d'ailleurs, les objectifs de l'année ont été CONFIRMES). Enfin, pour ce qui est de Deezer, sa viabilité économique n'a JAMAIS été démontrée.

  • zecasino le mardi 24 nov 2015 à 12:11

    Aucune start-up n'a envie de s'introduire en France.On ne pas dire que les financiers sont 'l'ennemi", avoir une politique fiscale abérrante, et attendre que des entrepreneurs aient envie de s'introduire sur la place parisienne. La place de Paris est morte, tous les groupes rêvent de faire comme FIAT, se faire racheter par un groupe étranger et se faire côté dans une zone non TTF.

  • mlemonn4 le mardi 24 nov 2015 à 12:03

    Parce qu'il y a tout simplement aucun intérêt de la part d'investisseurs finaux ! tant que l'on n'aura pasréformer les marchés financiers et éliminer les spéculateurs du High Frequency Trading, le financement long terme equity s'appauvrira petit à petit ! il y a du ménage au karcher à faire parmi les acteurs financiers afin de redonner la vraie place aux investisseurs finaux long terme qui ne font que payer la casse au profit d'intermédiaires qui ne font que capter et spolier la valeur ajoutée !