« Il faut peu à peu changer la structure des portefeuilles » par Valérie Gastaldy du Cercle des analystes indépendants

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Pour Valérie Gastaldy, l'espérance de gain sur les actions européennes est mathématiquement nulle pour les deux à trois mois qui viennent.
Pour Valérie Gastaldy, l'espérance de gain sur les actions européennes est mathématiquement nulle pour les deux à trois mois qui viennent.

 

Pour Valérie Gastaldy, stratégiste chez DayByDay, le potentiel de hausse est à peu près équivalent au potentiel de baisse sur les marchés actions européens. Dans ce contexte, il ne faut pas hésiter à prendre ses profits et changer la structure des portefeuilles.

Dans l'ensemble, les pays européens ont démarré l'année 2014 au plus haut depuis quatre ans, et ils y sont toujours. La reprise économique annoncée est pour le moment faible, les actions ont-elles déjà pris en compte trop de bonnes nouvelles ?

Les plans d'économies budgétaires drastiques mis en place dans différents pays européens ont eu un effet néfaste sur les taux de chômage, mais pas sur les cours de bourse. Début 2011, la croissance du PIB européen était de 2.7%, elle a chuté jusqu'en mars 2013 à -1.1% et elle redevient légèrement positive depuis le dernier trimestre de 2013. Les marchés financiers ont très rapidement intégré cette récession. Ils ont chuté violemment mi-2011, mais ils n'ont pas cessé de se reprendre depuis juin 2012, bien avant que les nouvelles économiques ne s'améliorent. Une fois encore, les indices boursiers ont été des indicateurs avancés. Le risque en ce début d'année est que les bonnes nouvelles soient déjà dans les cours...

La progression des actions européennes (reflétée par l'indice large Stoxx 600) semble très assurée, complètement déconnectée des difficultés de l'économie réelle. Les prix sont inscrits dans un canal haussier, le rythme est donc régulier. Depuis 2012, on ne relève que deux baisses, une de 14% en avril/mai 2012, puis une seconde de 12% en juin 2013. Techniquement, les actions européennes peuvent donc à tout moment revenir tester le bas de leur canal, entre 309 et 310 points, sans que la tendance haussière de fond ne soit remise en question.  A la hausse, le haut du canal correspond assez précisément pour les semaines qui viennent aux creux de 2007 à 349 points - qui ont déclenché le signal de vente technique quand ils ont été enfoncés. Cette zone interrompra la progression de l'indice pendant quelques mois, c'est le niveau idéal qui peut déclencher une nouvelle baisse de plus de 10%.

Il en ressort donc qu'aujourd'hui, le potentiel de hausse est à peu près équivalent au potentiel de baisse. Les investisseurs doivent donc être conscients que leur espérance de gain est mathématiquement nulle pour les deux à trois mois qui viennent. Ils ont 50% de chances que l'indice progresse de 18 points, et 50% de chances qu'il baisse de 21 points...

Pour profiter de ce type de situation, il faut être extrêmement tactique, acheter après des décalages baissiers de plus de 7% en deux semaines, et songer à revendre quand l'indice a repris 10%. Plus facile à dire qu'à faire... A chaque baisse, on redoute que les prix sortent du canal, et un jour, ceci arrivera. Théoriquement, cette sortie de canal doit être précédée de signaux de faiblesse. L'analyse graphique a pour principe que les changements de tendance sont annoncés par des figures de retournement, qui sont des phases de consolidation latérales. Avons-nous une phase de consolidation latérale déjà formée ?

Depuis janvier, le rythme de la hausse s'est nettement ralenti. Le sommet de mars 2013 n'est que 0.5% au-dessus de celui de janvier. L'indice a donc des sommets qui sont déjà plats. Les creux en revanche demeurent légèrement haussiers. Nous ne pouvons donc pas encore anticiper cette sortir de canal par le bas.

Le manque de dynamisme depuis janvier vient de la rotation sectorielle très forte qui a démarré à l'automne, voir avant pour certaines valeurs. Les banques anglaises et suisses ont baissé, les valeurs de l'alimentation se sont effritées, celles du luxe ont pâti du ralentissement de la Chine et des Emergents. Ce mouvement interne correspond à ce que l'on nomme une phase de distribution. Dans les derniers mois d'une hausse, la dispersion s'accroit, les corrélations s'affaiblissent. Le désordre semble régner, et le palmarès présente souvent de forts décalages surprenants.

Les choix sectoriels et le stock-picking sont donc importants. L'indice ayant une très forte probabilité de cesser de monter au contact de 349, il faut peu à peu changer la structure des portefeuilles.  Il est donc maintenant pertinent de prendre des profits dans les jours de hausse sur les secteurs comme l'auto, les banques, la construction. En revanche, on s'intéressera  dans les replis à des valeurs sûres comme la consommation non cyclique, Imperial Tobacco par exemple, Nestlé, Casino, ou encore Lagardère.

 

 

« Il faut peu à peu changer la structure des portefeuilles » par Valérie Gastaldy du Cercle des ana
« Il faut peu à peu changer la structure des portefeuilles » par Valérie Gastaldy du Cercle des analystes indépendants

 

Valérie Gastaldy

 

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d'analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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  • hgicquel le dimanche 30 mar 2014 à 10:53

    Pouvez-vous donner le lien de cet indice STOXXX600 je n'arrive pas à le trouver sur Bourso.Merci

  • M1633935 le dimanche 30 mar 2014 à 09:49

    La question est : "Combien est-elle payée pour dire de tels lieux communs ?"La réponse est :"TROP"

  • retornaz le vendredi 28 mar 2014 à 21:45

    Un jour, dans ma banque, un analyste terminait son papier par "Si je n'exclu pas une hausse, une baisse est toujours à craindre, et ceci dans des proportions de 50/50%".Entre nous, on s'était forwardé l'email en ajoutant une photo de l'affiche du film "C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gxexle" :-)))

  • M4705492 le vendredi 28 mar 2014 à 17:30

    Merci pour ce très bon papier.

  • renaut le vendredi 28 mar 2014 à 17:30

    Donc on continue à vendre quand c'est haut et à acheter quand c'est bas... Et tout est garanti, les analystes remboursent la différence si ils se trompent !!

  • j.vialu le vendredi 28 mar 2014 à 16:30

    Avec un langage qui se veut faussement scientifique, parsemé de termes ésotériques, comment donner un semblant de crédibilité à ce qui n'est que plans sur la comète et lecture du marc de café.

  • sigismo2 le vendredi 28 mar 2014 à 16:26

    Rien n'est plus difficile à prédire que l'avenir, surtout lorsque cela concerne le futur.Il me font marrer ces analystes...faudra leur demander comment ils ont vu venir octobre 2008...

  • LOL-MDR le vendredi 28 mar 2014 à 16:03

    j'ai même pas lu ce tor.chon pas la patience

  • AND.KOTE le vendredi 28 mar 2014 à 13:11

    Quelles soient generales ou sur des actions les analyses de cercle finances ne sont pas une reference, la majorite des membres de CF sont totalement depasses, je n en tient pas du tout compte

  • M7520498 le vendredi 28 mar 2014 à 11:14

    Mais ma chère dame voudriez vous que le CAC baisse ? ....Alors, expliquez nous ,après avoir comparer sur 15 ans les graphiques du DOW.JONES du CAC40 et du DAX Xetra pourquoi notre indice national depuis 4 ou 5 ans n'emboîte plus les courbes des deux autres ! Qui "muselle" le CAC de la sorte ?