«Il faut négocier les frais de ses placements pour améliorer le rendement»

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INTERVIEW - Marc Fiorentino, dirigeant d'une société de conseil, vient de publier Faites sauter la banque (éditions Stock), un ouvrage dans lequel il conseille aux Français de reprendre leurs comptes en main.

LE FIGARO. - Faut-il craindre la déflation?

Marc FIORENTINO. - Nous sommes déjà d'une certaine façon en déflation. Les Français ont peur de l'avenir et ils se comportent comme si nous étions en déflation en différant leurs achats et leurs investissements. Nous sommes entrés dans un long cycle économique sans croissance et sans inflation, comparable à celui des années 1930, qui a pris fin avec la guerre. Ce qui est très mauvais pour l'épargne. Pour autant, compte tenu du contexte dégradé, les Français doivent continuer à beaucoup épargner.

Quels actifs privilégier?

En période de déflation, les taux sont très bas et la valeur des actifs ne peut pas augmenter. Il est donc très difficile de trouver du rendement. Les contrats d'assurance-vie en euros qui rapportent encore plus de 2,5 % par an sont redevenus intéressants. Compte tenu de l'inflation très basse (0,4 %, NDLR), leur rendement réel reste relativement élevé. Les épargnants ont recommencé ces derniers mois à investir sur ce placement, en le préférant au livret A. C'est un juste retour des choses. Car le livret A avait été utilisé de façon aberrante comme un placement de long terme.

Doit-on prendre davantage de risques?

Je ne le conseille pas. Les actions ne montent pas en période de déflation. La Bourse de Tokyo a d'ailleurs perdu près des deux tiers de sa valeur en vingt ans. Les marchés devraient donc baisser, surtout en Europe. Les actions pourraient chuter de 20 à 30 % au cours des cinq prochaines années. Seuls les épargnants ayant un horizon de placement de huit à dix ans ont intérêt aujourd'hui à investir en actions.

Pourquoi conseillez-vous de souscrire ses placements dans des banques en ligne?

Les banques classiques font payer à leurs clients des frais d'entrée, de versement et des commissions de gestion dissuasives. Or, les banques en ligne, dont la majorité sont des filiales de grands réseaux, commercialisent les mêmes contrats avec zéro frais d'entrée et de versement, des frais de gestion très bas et le plus souvent des performances plus élevées. C'est le seul secteur où il est possible de pratiquer de tels écarts de prix entre Internet et les agences physiques. Il s'agit d'ailleurs d'une exception française. Ceux qui ont déjà un contrat d'assurance-vie dans une banque et ne veulent pas en ouvrir un autre doivent négocier les frais de versement.

Pour autant, la banque en ligne n'est pas, selon vous, la banque de demain.

Les banques en ligne, qui ne facturent quasiment pas de frais, sont les banques d'aujourd'hui. Mais, dans quatre ou cinq ans, les particuliers ouvriront un compte chez Apple, Google, Facebook, Amazon ou PayPal. L'essor du paiement sans contact permettra à ces géants américains de l'Internet de renverser l'ordre bancaire.

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