Il faudra une loi pour les "salles de shoot"

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IL FAUDRA UNE LOI POUR LES "SALLES DE SHOOT"
IL FAUDRA UNE LOI POUR LES "SALLES DE SHOOT"

PARIS (Reuters) - Le gouvernement va travailler à la sécurisation juridique des "salles de shoot" après l'avis du Conseil d'Etat lui recommandant d'inscrire dans la loi le principe de ce dispositif, a annoncé jeudi la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, a précisé que l'ouverture d'une première salle à Paris n'aurait donc pas lieu avant les élections municipales de 2014.

Le Conseil d'Etat a estimé mardi que ce lieu de consommation à moindre risque, qui suscite la polémique, n'était pas conforme à la loi de 1970 sur les stupéfiants, qui prohibe totalement la consommation de drogue.

Le décret de 2005 que prévoyait de modifier le gouvernement pour créer ces salles permet d'accueillir les toxicomanes dans un programme de réduction des risques, mais pas dans le cadre d'une consommation.

"Ce que dit le Conseil d'Etat, c'est qu'il faut une loi pour pouvoir ouvrir ce type de lieu", a expliqué Anne Hidalgo sur France Info.

"Le gouvernement va travailler avec les acteurs concernés par ce projet à la sécurisation juridique de ce dispositif", a confirmé Marisol Touraine dans un communiqué.

Elle rappelle que de tels espaces ont été ouverts dans plusieurs pays étrangers. "Ces expériences ont montré que ces accueils permettent aux usagers de recevoir conseils et aides spécifiques, induisant une diminution des comportements à risque et des overdoses mortelles", dit le texte.

"Le droit et la raison l'emportent", a réagi l'équipe de campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP aux municipales à Paris face à la socialiste Anne Hidalgo, qui entend succéder à Bertrand Delanoë.

"Si l'installation de la 'salle de shoot' est ainsi nécessairement reportée, les Parisiens ne doivent toutefois pas être dupes. La gauche tente d'étouffer un projet qu'elle assume de moins en moins, et qu'elle ressortirait du chapeau au lendemain des élections", dit un communiqué.

Wallerand de Saint-Just, tête de liste du Front national dans la capitale, a épinglé pour sa part la "légèreté" juridique de Bertrand Delanoë et d'Anne Hidalgo.

"Il faut saluer l'opiniâtreté des association de riverains et des militants du FN pour s'opposer victorieusement à ce projet malfaisant", déclare-t-il dans un communiqué.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet

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  • M4896128 le jeudi 10 oct 2013 à 12:13

    Bref, il faut obtenir une loi pour légaliser ce qui est illégal! Où va-t-on? Certains prétendent que cela fait partie du combat contre le sida. Mais, alors, il faut ré-ouvrir les maisons clauses avec contrôle médical assuré par des médecins payés par l'Etat dans le cadre d'un statut de fonctionnaire! ...