Il a suffi d'un mois pour que tout s'écroule

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En ballotage très défavorable avant le huitième de finale retour de la Ligue des Champions mercredi à Barcelone (20h45), Arsenal pourrait y abandonner son dernier espoir de ne pas vivre une saison blanche. Une situation quasi impensable il y a un mois.

Qu’elle semble loin la victoire d’Arsenal à la dernière minute contre Leicester (2-1). Elle devait lancer les Gunners dans le sprint final et raviver leurs espoirs d’un premier titre en Premier League depuis 2004, tout en les maintenant dans la course d’un improbable triplé. Elle ne date pourtant que d’il y a un mois quasiment jour pour jour, le 14 février dernier. Les Londoniens ont depuis remporté un seul de leurs sept matchs toutes compétitions confondues, un replay de FA Cup gagné la semaine dernière à Hull City, pensionnaire de Championship (0-4). Mais un succès vain puisque le double tenant du titre a abandonné son trophée quatre jours plus tard en s’inclinant à domicile contre Watford (1-2). Et dire que se présente mercredi un déplacement chez le FC Barcelone en huitième de finale retour de la Ligue des Champions (20h45), où Arsenal sera en ballotage très défavorable suite à son revers du match aller (0-2).

Regarder derrière désormais

Le club pourrait, ou devrait, perdre en Catalogne ses derniers espoirs d’éviter une saison blanche, l’écart avec Leicester s’élevant désormais à onze points en Premier League après la victoire des Foxes contre Newcastle lundi (1-0). Les hommes d’Arsène Wenger paient leur série catastrophique en championnat. Ils se sont inclinés à Old Trafford face à Manchester United (3-2), à domicile devant Swansea (1-2) et ont arraché miraculeusement un nul à Tottenham (2-2). Sachant qu’ils doivent encore se rendre à Everton, à West Ham et à Manchester City d’ici la fin de la saison, un revirement de situation parait fort improbable à un tel instant de la saison. Arsenal serait désormais plus inspiré de regarder dans le rétroviseur. Sa place sur le podium est directement menacée par Manchester City tandis que West Ham et Manchester United pourraient bien le déloger du Big Four. Pour un club qui n’a plus manqué la Ligue des Champions depuis 1998, ne pas disputer la C1 la saison prochaine aurait tout de l’accident industriel.

Özil n’a pas tenu le rythme

Mais avec Arsenal, c’est souvent les mêmes causes et les mêmes effets. Comme à son habitude, le groupe londonien a été décimé par les blessures tout au long de la saison, avec une hécatombe ces dernières semaines. Petr Cech, Aaron Ramsey, Alex Oxlade-Chamberlain : tous ont rejoint récemment l’infirmerie, où ils ont retrouvé Jack Wilshere et Santi Cazorla. Pas étonnant dès lors que Wenger rame pour trouver la bonne solution au milieu de terrain. Francis Coquelin n’est plus au niveau de son début de saison, Mohamed Elneny n’est pas encore à la hauteur de la Premier League et Mathieu Flamini fonctionne sur courant alternatif. Moins bien soutenu par ses récupérateurs, Mesut Özil a plongé avec eux. Impliqué sur dix-neuf buts au cours des dix-neuf premières journées de Premier League (trois buts et seize passes décisives), le meneur allemand n’a été décisif qu’à quatre reprises lors des dix derniers matchs de championnat d’Arsenal. Tout un symbole.

Giroud, aucun but en PL depuis huit matchs

Autre symptôme de la lente agonie des Gunners depuis un mois, la perte d’efficacité d’Olivier Giroud. Sur un nuage d’octobre à janvier (quinze buts toutes compétitions confondues), l’attaquant des Bleus reste sur huit matchs de Premier League sans trouver le chemin des filets. La seule éclaircie dans sa disette est venue de son doublé à Hull City. Mais c’est bien trop peu pour un prétendant au titre. Si le retour à la compétition probant de Danny Welbeck a offert à Wenger une option supplémentaire dans le secteur offensif, Theo Walcott et Alexis Sanchez traversent eux aussi une période moins faste qu’en début de saison. Le tout combiné à la baisse de rendement de la défense, avec un Per Mertesacker trop souvent dépassé et un Laurent Koscielny moins souverain qu’il ne l’a été.

Pas de plan B crédible

Au-delà des indiscutables défaillances individuelles et des pépins physiques, les Gunners n’ont plus ce soupçon de réussite qui les a accompagnés jusqu’au début de l’hiver. C’est avec cette part de chance qu’ils avaient dominé le Bayern Munich (2-0) ou Manchester City (2-1) à l’Emirates Stadium, après des rencontres qu’ils n’avaient pas toujours maîtrisées. Rien ne va dans leur sens désormais, à l’image des récents défaites devant leur public face à Swansea (1-2) ou Watford (1-2). Les Londoniens traînent enfin comme un boulet l’absence d’un plan B crédible. Dès que l’adversité s’élève, que le combat physique s’intensifie, Arsenal se retrouve confronté à des carences immuables depuis une dizaine d’années. Difficile dans ces conditions d’espérer remettre sur sa tête la couronne de championnat dans la ligue européenne la plus exigeante, ou de rêver d’un premier sacre en Ligue des Champions. L’équipe a actuellement bien trop de limites pour être au niveau de ses ambitions et le club a freiné les ardeurs de ceux qui voudraient le voir investir masseivement sur le marché des transferts. C’est tout le paradoxe du Arsenal des années 2010. Celui qui l’empêche de remplir l’armoire à trophées avec autre chose qu’une Cup depuis douze ans.

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