Ikea France admet des pratiques "contraires à l'éthique"

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IKEA FRANCE ADMET DES PRATIQUES "CONTRAIRES À L'ÉTHIQUE"
IKEA FRANCE ADMET DES PRATIQUES "CONTRAIRES À L'ÉTHIQUE"

PARIS (Reuters) - La direction d'Ikea France, à la suite de révélations de la presse et d'une enquête pénale sur l'espionnage d'employés et de clients, a admis vendredi que des pratiques "contraires à son éthique" avaient été commises et promet d'y mettre fin.

La police conduit une enquête préliminaire et a perquisitionné début mars au siège français du groupe d'origine suédoise spécialisé dans le mobilier et les objets de décoration en kit, à Plaisir (Yvelines).

Dans un communiqué publié vendredi, la direction explique qu'une enquête interne "a établi que des pratiques ayant eu lieu n'ont pas respecté les valeurs et l'éthique de l'entreprise".

"Ikea condamne totalement les pratiques mises au jour qui sont contraires à ses principes les plus fondamentaux et notamment celui du droit à la vie privée", dit-elle.

"Ces pratiques vont à l'encontre des valeurs de Ikea qui veut que ses activités soient toujours conduites de manière droite et honnête", ajoute-t-elle.

Elle annonce la mise en oeuvre d'une charte, la "clarification" du recrutement, la "révision du modèle de gouvernance" et un "renforcement des compétences".

L'enquête, ouverte le 1er mars, fait suite à une plainte du syndicat Force ouvrière de Seine-Saint-Denis pour "utilisation frauduleuse de données à caractère personnel". Elle a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) par le parquet de Versailles.

Ikea a mis en disponibilité trois cadres.

Les faits présumés ont été révélés par Le Canard enchaîné puis plusieurs médias, qui ont publié des échanges par courrier électronique entre des cadres d'Ikea et des enquêteurs privés semblant montrer que l'espionnage privé d'employés et de clients était routinier depuis des années.

Il est question notamment de l'accès au fichier de police Stic, qui recense toutes les personnes impliquées dans des interventions de police, même sans suites judiciaires ou comme simples témoins. Il contient plusieurs millions de fiches.

Des informations protégées sur les comptes bancaires de membres de son personnel, sur une procédure judiciaire visant un site Ikea ou des données personnelles de clients en litige commercial avec la société auraient aussi été demandées et recueillies frauduleusement.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

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