Ignis AM s'efforce de prouver que les " govies" sont rentables

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(NEWSManagers.com) - Encore relativement peu connu du grand public français, le gestionnaire britannique Ignis Asset Management s'est distingué en collectant 400 millions d'euros en un an avec un produit a priori " basique" , un fonds d'obligations d'Etat, l'Ignis Absolute Return Government Bond Fund, qui a dégagé un gain de 7,4 % sur les 12 mois à fin mars (contre 0,8 % pour l'Eonia), avec un ratio d'information de 2.

De fait, explique,à Newsmanagers Philip Goldmsmith, managing director Europe, ?Ignis présente la particularité d'afficher une grosse proportion de " govies" alors que les autres gestionnaires sont plutôt orientés obligations d'entreprises : nous gérons en effet environ 27,1 milliards d'euros en obligations d'Etat sur 65 milliards d'euros d'obligataire (pour un encours total de 97,4 milliards). Nous avons 17,1 milliards d'euros en fonds monétaires britanniques et 14-15 milliards dans le crédit" .

Quant au produit, qui a drainé des souscriptions importantes, le CIO Chris Fellingham souligne : " nous sommes des tenants d'une véritable performance absolue. Le fonds Absolute Return Government Bond a pour cible une volatilité de 4 à 6 %, mais il se situe en réalité sous cette fourchette (3,3 %), avec une faible corrélation avec les autres catégories d'actifs, les ?'govies'' inclus. Nous le concevons comme un produit d'alpha, alors que la plupart des autres gestionnaires considèrent que la performance absolue relève du beta : ce sont en fin de compte des produits beta longs" .

Sur le plan pratique " nous avons en portefeuille des " govies" notés triple A, principalement du G10, et jusqu'à 25 % de positions devises. Le fonds fonctionne avec jusqu'à 6 contreparties, avec collatéralisation journalière, ou plutôt une sur-collatéralisation à 105-110 %" .

Cela posé, poursuit Chris Fellingham, il faut s'adapter : " Nous sommes d'avis que nous continuerons de vivre dans un environnement de taux bas et de croissance peu spectaculaire. Dans un tel contexte, nous nous efforçons par notre gestion d'éviter les queues de distribution négatives, l'objectif étant de gérer le risque de manière appropriée et de limiter au maximum les " draw-downs" , ce qui fait notre spécificité" .

Interrogé sur les ressources mises en oeuvre pour dégager une performance insolite pour un produit investi sur une classe d'actifs plultôt banale, le CIO explique le tour de main : " nous misons aussi sur un cocktail de compétences avec une analyse macro, indispensable dans l'espace des " govies" , une équipe quantitative et un outil technologique exclusif (qui n'est pas une ?'boîte noire'') que nous avons développé en interne depuis 2005, le ClearCurve. Cet outil décompose et déconstruit la courbe des taux qu'elle retraduit en taux à terme, ce qui permet de mieux comprendre ce que le marché escompte vraiment à un horizon donné. Avec tous ces éléments, nous sommes parvenus à générer une augmentation stable de la performance" .

" Le fonds a collecté des encours appréciables principalement auprès d'investisseurs institutionnels et du wholesale ainsi que des banques. Nos trois plus gros clients sont dans l'ordre une banque allemande, une française et une italienne" , précise Philip Goldsmith. " Nous allons maintenant le promouvoir auprès des consultants des fonds de pension" .

Au reste, la faible commission de gestion (0,30 %, part institutionnelle) " reflète la confiance que nous avons dans notre performance et celle de percevoir la commission de 10 % de la surperformance par rapport à l'Eonia (avec high watermark)" . De plus, " nous sommes convaincus qu'en cas de besoin nous pourrions liquider la totalité des positions du fonds en l'espace de deux heures seulement" , précise Chris Fellingham, prudent.

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