Identité : quand Bernard Cazeneuve gonfle la fraude pour justifier son « mégafichier »

le
0
Bernard Cazeneuve, le 15 novembre, à l'Assemblée nationale.
Bernard Cazeneuve, le 15 novembre, à l'Assemblée nationale.

Devant les députés, mardi, le ministre de l’intérieur a assuré que « 800 000 Français voient chaque année leur titre d’identité volé ou transformé frauduleusement ». Faux.

Du projet de carte d’identité électronique de 2011-2012 au nouveau « mégafichier » TES (pour « titres électroniques sécurisés ») censé rassembler les données de 60 millions de Français et créé par décret le 30 octobre, les exagérations et les approximations sur la réalité chiffrée de la fraude documentaire ou de la fraude à l’identité n’ont jamais manqué. Bernard Cazeneuve y a ajouté sa petite pierre, mardi 15 novembre, devant les députés. Pour démontrer l’ampleur de la fraude documentaire, le ministre de l’intérieur s’est un peu emporté lors de son propos liminaire.

CE QU’IL A DIT « Je tiens à rappeler que 800 000 Français voient chaque année leur titre d’identité volé ou transformé frauduleusement. » POURQUOI C’EST FAUX Le chiffre (énorme) est surprenant. Le dernier rapport annuel complet de l’Observatoire nationale de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) évoque de son côté, pour 2014, 5 910 faux documents d’identités saisis par la police ou la gendarmerie.

Surtout, pour donner une échelle statistique, le nombre total de vols enregistrés en France lors des douze derniers mois (hors vols liés à l’automobile) est de... 797 000. Tous ces méfaits concerneraient-ils donc un document d’identité ?

Interrogé, le cabinet de M. Cazeneuve reconnait que le chiffre de 800 000 concerne en fait « les cartes d’identité volées ou perdues par an » en 2014 et 2015.

L’avis du Conseil constitutionnel sur le projet de « mégafichier » porté par la droite en 2011-2012, offre un r...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant