Idéale pour l'été, la maison en terre ne rime pas avec pauvreté

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Dans l’imaginaire populaire, les construction en terre sont fragiles et promptes à s’ébouler. Pourtant, aujourd’hui, un tiers de la population mondiale habite dans des maisons de terre. En France, Lyon fait figure d’exemple.

Habitat en terre rimait jusqu’il y a peu avec pauvreté, mais l’heure est à la réhabilitation d’un mode de construction dont on célèbre désormais les qualités écologiques. Du 11 au 14 juillet, la 12e édition du congrès Terra, organisée à Lyon sous l’égide de l’Unesco, sera l’occasion de présenter des projets architecturaux innovants faisant appel à cette matière première abondante, résistante et recyclable à l’infini. Venues de 67 pays, 357 équipes vont concourir aux prix Terra Awards qui seront remis lors du congrès. Une participation exceptionnelle qui a surpris jusqu’aux organisateurs, reconnaît la coordinatrice de la compétition, Dominique Gauzin-Müller.

Un tiers de la population mondiale, sur tous les continents et sous toutes les latitudes, habite aujourd’hui dans des maisons en terre, fait valoir l’organisateur du congrès, le laboratoire CRATerre de l’Ecole nationale d’architecture de Grenoble, une des références mondiales du secteur. Sait-on que des portions entières de la Grande muraille de Chine sont en terre? Le magnifique château de Vaugirard (Loire), monument historique du XVIIe siècle, est lui complètement fait de pisé et 135 des oeuvres architecturales inscrites au patrimoine mondial de l’Humanité sont construites en adobe, pisé, torchis ou bauge, soit 15% du total.

Lyon, la ville exemple

Lyon, qui accueille le congrès, se targue d’être la ville d’Europe comptant le plus de bâtiments en terre. On les estime à plus de 20.000 sur l’agglomération. Mais le secret reste bien gardé car rien ne distingue ces bâtiments, systématiquement recouverts d’un crépi, de leurs voisins de pierre ou de brique. «Le dossier, par ailleurs remarquable, qui a conduit à inscrire le centre historique de Lyon au patrimoine mondial de l’Humanité ne cite pas une seul fois le mot pisé», s’étonne l’architecte et ingénieur Emmanuel Mille, rencontré Grande Rue de la Croix-Rousse, une rue d’architecture faubourienne dont la quasi-totalité des bâtiments sont en terre.

Pourtant, si l’on exclut le quartier Renaissance du Vieux-Lyon et les quartiers du XIXe de la Presqu’île, «la construction en terre est LE mode de construction de Lyon», y compris pour des immeubles de belle hauteur, assure M. Mille. Pour les maisons de canuts, qui avaient besoin de beaucoup de lumière pour travailler sur leurs métiers à tisser, les façades peuvent être en pierre, pour permettre de grandes fenêtres, mais les autres murs sont souvent en pisé. Avec l’aide du nouveau musée des Confluences, M. Mille coordonne un grand recensement participatif destiné à répertorier les bâtiments en pisé de la troisième ville de France.

Douillet en hiver, frais en été

Dans l’imaginaire populaire, les construction en terre sont fragiles et promptes à s’ébouler. A Lyon, la mémoire reste vive des grandes inondations de 1856 qui provoquèrent des centaines d’effondrements et poussèrent le préfet à interdire ces édifices. «Mais on a continué à bâtir en terre à Lyon jusqu’au début du XXe siècle», relève M. Mille. C’est la Grande Guerre qui devait porter un coup fatal à cette technique, architectes et artisans ayant péri dans les tranchées où on les avait précisément dépêchés pour leur science de ce matériau.

Pour peu qu’elles soient protégées de la pluie et des remontées d’humidité, les constructions en pisé sont d’une grande robustesse. La terre est en effet un béton naturel où l’argile, mélangée à l’eau, remplace le ciment pour lier sables et graviers. Utilisant une matière première trouvée sur place, facilement recyclable, la construction en terre «a un impact écologique proche de zéro», souligne Thierry Joffroy de CRATerre. «Grâce à leur grande inertie thermique et à la capacité des argiles à réguler l’humidité ambiante, les bâtiments en terre sont confortables, naturellement douillets en hiver et frais en été, permettant des économies de chauffage et de climatisation», ajoute le chercheur.

Que des avantages donc dans la mesure où le secteur du bâtiment dans son ensemble (construction et usage) génère 43% des émissions de gaz à effet de serre en France.

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  • frk987 il y a 5 mois

    Comme j'habite une région avec des murs en pisé (terre compressée avec du fu$mier), il ne se passe pas une année sans que ce genre de maisons ne s'écroulent. Mais c'est écolo......n'importe quoi !!!!!!