Human Genome rejette une OPA du britannique GlaxoSmithKline

le
0
Human Genome rejette une OPA du britannique GlaxoSmithKline
Human Genome rejette une OPA du britannique GlaxoSmithKline

LONDRES (Reuters) - Human Genome Sciences a annoncé jeudi avoir rejeté une offre non sollicitée de son partenaire de longue date GlaxoSmithKline qui le valorise autour de 2,6 milliards de dollars (2 milliards d'euros).

L'offre de GSK sur le pionnier américain du développement de médicaments à partir de recherches sur l'ADN, à 13 dollars l'action, représente une prime de 81% par rapport au cours de clôture de 7,17 dollars de l'action Human Genome mercredi soir, mais le groupe américain estime qu'elle ne reflète pas sa valeur intrinsèque.

En Bourse, Human Genome s'envolait de 97,5% à 14,16 euros vers 16h20 GMT, signe que le marché parie sur une surenchère dans cette nouvelle bataille qui s'annonce au sein d'un secteur pharmaceutique marqué récemment par une vague de regroupements.

Human Genome, spécialisé dans le séquençage des gènes et l'identification de leur fonction, a ajouté avoir mandaté les banques Goldman Sachs et Crédit suisse pour le conseiller sur différents scénarios, parmi lesquels une possible vente de la société. GSK a été invité à prendre part à ce processus.

Premier laboratoire pharmaceutique britannique, GlaxoSmithKline s'est déclaré déçu dans un communiqué du rejet de son offre sans discussion. Il estime que sa proposition, adressée dans une lettre datée du 11 avril, apportera aux investisseurs une "valeur immédiate et assurée" supérieure à ce que Human Genome pourrait réaliser s'il restait indépendant.

Le groupe a également confirmé son offre, précisant que le prix de 13 dollars proposé serait versé en espèces. Il a ajouté s'attendre à ce l'opération permette de réaliser d'ici 2015 au moins 200 millions de dollars de synergies de coûts, et à ce qu'elle soit relutive à partir de 2013.

PARTENAIRES DEPUIS 1993

Si GSK a eu plutôt tendance par la passé à ne pas racheter les partenaires avec lesquels il travaille, la rumeur d'une offre de GSK sur son associé américain courait depuis longtemps, les deux entreprises collaborant déjà sur plusieurs traitements, notamment le Benlysta, premier nouveau médicament contre le lupus en plus d'un demi-siècle.

Navid Malik, analyste chez Cenkos Securities, indique que GSK connaît extrêmement bien Human Genome et qu'il doit entrevoir un potentiel de valeur au-delà du seul Benlysta.

Les deux groupes collaborent également sur un projet de traitement du coeur dénommé darapladib, actuellement en troisième et dernière phase des tests expérimentaux.

Si le développement du produit va à son terme, les analystes y voient un "blockbuster" possible à plusieurs milliards de dollars par an, bien que la molécule s'accompagne aussi d'un niveau élevé de risques.

Un banquier spécialisé dans le secteur de la santé juge l'offre de GSK généreuse et estime que certains actionnaires de Human Genome pourraient l'accepter.

D'autres, en revanche, préféreront attendre un relèvement du prix proposé. Ils connaissent l'appétit des grands groupes pharmaceutiques pour les biotechs dans leur recherche de relais de croissance après l'expiration des brevets sur plusieurs de leurs médicaments phares.

L'offre de GSK reste en effet très en deçà du plus haut de 30 dollars inscrit par l'action Human Genome il y a un an.

"A mes yeux, GSK améliorera probablement un peu son offre pour l'emporter", commente Eric Schmidt, analyste chez Cowen & Co. Il table sur un prix de l'ordre de 15 dollars par action et juge peu probable qu'un autre laboratoire se lance dans la bataille avec une contre-offre.

Pas plus tard que mercredi, l'américaine Illumina a rejeté une offre hostile de 6,8 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros) du laboratoire suisse Roche Holding.

Human Genome a été créé il y a 20 ans. Il est associé à GSK depuis 1993.

Le laboratoire britannique, conseillé par les banques Lazard et Morgan Stanley, a précisé que son offre sur Human Genome ne changeait rien à son programme de rachat d'actions portant sur un à deux milliards de livres sterling en 2012. L'action GSK a clôturé jeudi en hausse de 0,87% à 14,55 livres.

Ben Hirschler et Sophie Sassard; Nicolas Delame et Gilles Guillaume pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant