Huit des condamnés à mort exécutés en Indonésie

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* Sept étrangers et un Indonésien fusillés-presse * Une Philippine épargnée à la dernière minute * Les appels répétés à la clémence ont été ignorés * Un Français également dans le couloir de la mort * L'Australie rappelle son ambassadeur en Indonésie (Actualisé avec confirmation exécution, communiqué Quai d'Orsay) par Kanupriya Kapoor CILACAP, Indonésie, 28 avril (Reuters) - Huit personnes condamnées à mort pour trafic de drogue, dont sept étrangers, ont été fusillées aux premières heures de mercredi en Indonésie, mais une Philippine, qui devait faire partie des suppliciés, a été épargnée à la dernière minute. Quatre Nigerians, deux Australiens, un Brésilien et un Indonésien ont été exécutés dans une clairière près de la prison de l'île de Nusakambangan, au large de la ville de Cilacap, sur la côte de Java. "Tous les huit ont été exécutés au même moment à 00h35", a dit à la presse le procureur général indonésien, H.M Prasetyo. Le Brésil et l'Australie ont immédiatement condamné cette exécution survenue malgré les tractations diplomatiques et les appels à la clémence qui se sont multipliés jusqu'à la dernière minute, auxquels le président indonésien est resté sourd. L'Australie a annoncé qu'elle allait rappeler son ambassadeur ID:nL8N0XP636 et le gouvernement brésilien s'est dit choqué. Il s'agit de la deuxième exécution d'un Brésilien en Indonésie en l'espace de trois mois malgré les appels lancés par la présidente Dilma Rousseff. Le Français Serge Atlaoui, également condamné à mort pour trafic de drogue, a obtenu un sursis pour des raisons qui demeurent confuses. Dans un communiqué publié mercredi matin, le Quai d'Orsay juge la situation de son ressortissant "très préoccupante" et assure que les autorités françaises demeurent "totalement mobilisées". La mise à mort de la Philippine Mary Jane Veloso, femme de ménage et mère de deux enfants arrêtée en 2010 après avoir été trouvée en possession de 2,6 kg d'héroïne dissimulés dans sa valise à son arrivée en Indonésie, a été reportée, a indiqué un porte-parole du bureau du procureur général. Ce report, a-t-il précisé, a été accordé à la demande de Manille parce qu'une compatriote qui lui avait promis un travail en Indonésie et lui avait confié la valise contenant la drogue, s'est présentée à la police mardi aux Philippines. Des cris de joie et des applaudissement ont éclaté parmi les personnes qui organisaient une veillée devant l'ambassade d'Indonésie à Manille. CONDAMNATION ET TRISTESSE Les Nations unies avaient condamné la perspective de ses exécutions qui ont entraîné des tensions dans les relations diplomatiques de l'Indonésie avec plusieurs pays, et notamment avec l'Australie. Amnesty International a condamné ces exécutions tandis qu'en Australie et dans le monde, la tristesse et la colère se sont exprimées sur les réseaux sociaux. L'homme d'affaires Richard Branson, qui fait campagne pour la suppression de la peine de mort pour les infractions liées à la drogue, s'est dit anéanti par ses exécutions. Quelques heures avant les exécutions, des veillées avaient été organisées dans plusieurs villes d'Australie pour Myuran Sukumaran et Andrew Chan. Les manifestants appelaient à répondre avec fermeté au voisin indonésien si les exécutions devaient avoir lieu. Selon les autorités indonésiennes, les condamnés, dont les mains et les pieds étaient attachés, avaient le choix de se tenir debout, à genoux ou assis et d'avoir les yeux bandés. Le président philippin Benigno Aquino avait annoncé mardi avoir lancé un dernier appel au gouvernement indonésien pour épargner Mary Jane Veloso, au motif qu'elle était susceptible d'être un témoin clé dans les poursuites contre les cartels de la drogue. Lundi, les autorités indonésiennes avaient accédé à la dernière volonté d'Andrew Chan, qui était d'épouser son amie indonésienne. Un petit groupe de membres de la famille et d'amis ont assisté à la cérémonie, dans sa cellule. Avant les exécutions, la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop avait déclaré à la chaîne de télévision ABC qu'il fallait s'attendre à "des conséquences". (avec Fergus Jensen and Gayatri Suroyo à Djarkarta, Jane Wardell and Matt Siegel à Sydney, Anthony Boadle à Brasilia et Marine Pennetier à Paris, Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français)

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  • M5707335 le mercredi 29 avr 2015 à 10:23

    ce pays doit être mis au ban des nations

  • 2445joye le mardi 28 avr 2015 à 22:01

    Les mêmes méthodes appliquées aux quartiers nord de Marseille seraient équivalentes à un génocide.