Huit défenseurs de prisonniers sahraouis expulsés du Maroc

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    RABAT, 7 avril (Reuters) - Les autorités marocaines ont 
annoncé jeudi avoir expulsé huit militants européens, dont deux 
Français, accusés de tentative d'atteinte à l'ordre public en 
relation avec le Sahara occidental. 
    Le ministère de l'Intérieur précise que les deux Français 
ainsi qu'un Belge et cinq Espagnols représentaient un 
"soi-disant collectif international" de soutien aux détenus de 
Gdeim Izik. 
    Ces prisonniers ont été condamnés par un tribunal militaire 
marocain pour avoir tué des membres des forces de sécurité en 
novembre 2010 lors d'une intervention des forces de l'ordre 
contre un camp de protestation installé à Gdeim Izik par les 
partisans de la sécession du Sahara occidental. 
    D'après les autorités marocaines, dix agents des forces de 
sécurité, un pompier et deux civils ont été tués et des dizaines 
d'autres blessés lors du démantèlement de ce camp. 
    Des 24 condamnés, trois ont purgé leur peine. Les 21 autres, 
toujours en prison, sont en grève de la faim depuis plus d'un 
mois, selon des groupes de défense des droits de l'homme qui 
demandent à ce qu'ils soient libérés ou qu'un nouveau procès ait 
lieu. 
    Joint par téléphone, un des huit Européens expulsés, Joseph 
Breham, avocat d'un des prisonniers de Gdeim Izik, a raconté à 
Reuters que les membres du groupe avaient été arrêtés à leur 
arrivée dans un hôtel de Rabat mercredi. "Les autorités 
envisageaient de les expulser par bateau via Tanger mais quand 
ils ont protesté, ils les ont finalement mis à bord d'un avion 
en partance de l'aéroport de Rabat jeudi matin", a-t-il ajouté. 
    L'Espagne a convoqué l'ambassadeur du Maroc pour obtenir une 
explication à cette expulsion. 
    Les deux Français, qui ont reçu la visite du consul général 
à Rabat, "ont regagné la France ce (jeudi) matin", a confirmé le 
porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. 
    Des tensions sont réapparues le mois dernier autour du 
Sahara occidental après la décision du Maroc d'expulser des 
membres d'une mission de l'Onu en réaction à des commentaires 
jugés inadmissibles du secrétaire général des Nations unies, Ban 
Ki-moon. 
    Rabat lui reproche d'avoir utilisé le mot "occupation" pour 
qualifier la présence marocaine lors d'une visite début mars à 
Tindouf, dans le sud de l'Algérie, auprès de réfugiés sahraouis. 
(voir  ID:nL5N16H5OO  et  ID:nL5N171523 ) 
    Le Maroc a pris le contrôle de la majeure partie du Sahara 
occidental en 1975 lors du retrait de l'Espagne, ce qui a poussé 
le Front Polisario, qui luttait à l'origine contre l'occupation 
espagnole, à mener une guérilla jusqu'en 1991, année où l'Onu a 
réussi à obtenir un cessez-le-feu et a déployé la Minurso. 
 
 (Aziz El Yaakoubi avec Sonya Dowsett à Madrid; Guy Kerivel et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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