Hugh Hudson : "Un match de football a la durée idéale d'un grand film".

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Hugh Hudson : "Un match de football a la durée idéale d'un grand film".
Hugh Hudson : "Un match de football a la durée idéale d'un grand film".

Réalisateur oscarisé du film Les chariots de feu en 1981, Hugh Hudson n'est pas un Anglais comme les autres : il n'a pas d'équipe de foot de cœur. Par choix. Il s'en explique à l'occasion de sa venue à Lyon cette semaine, où il présentera aussi un documentaire sur Fangio.

Comment en arrive-t-on à ne pas avoir de club préféré ? Et bien, cela s'est passé naturellement. Pendant longtemps, je suivais Chelsea. J'allais au stade il y a trente ans, j'aimais ce que je voyais, un football de lutte, passionnant, avec un fort ancrage local. Et puis, au fur et à mesure, l'ouverture à l'international m'a posé un problème : la marchandisation du jeu a fait tout exploser. Les clubs ne sont plus liés à leur communauté locale. La Coupe du monde se rapproche plus de ce que j'aime, une communauté culturelle de personnes qui partagent quelque chose, un certain regard sur un projet collectif d'affinités culturelles. Ce que je vois sur la pelouse depuis quelques années ne me procure aucun plaisir, c'est comme ça : je ne suis pas nostalgique, mais c'est ce que je ressens intimement. La défaite 3-5 de Chelsea à Tottenham ne m'a par exemple procuré aucune émotion particulière. La seule chose intéressante à mes yeux, c'était l'agitation de Mourinho qui passait en boucle sans le son sur les chaînes d'information continue. Et imaginer ce qu'il pouvait se passer dans la tête d'Abramovitch
Quel est le problème, à vos yeux ? Disons que la communauté des joueurs représente pour les décisionnaires et le public une immense salle d'enchères. C'est la valeur dont on parle désormais, plus trop la notion de ce qui fait un champion. Les joueurs sont appréciés comme des héros financiers, pas comme des héros sportifs. Ce désir contemporain de devenir riche traduit une certaine pauvreté de la vie de beaucoup de gens. J'ai réalisé un documentaire sur le pilote automobile Fangio il y a quelques années, et bien sa vie n'était pas centrée sur ses gains. Il était pauvre mais curieux, c'est important. Maradona avait un peu cela, dans un sens. Fangio était quelqu'un riche de rencontres, qui a ensuite tout perdu en étant proche des Peron. L'angle que j'ai pris pour le documentaire, c'était le lien entre l'homme et la machine, lui et sa voiture, cette symbiose qui n'existe plus aujourd'hui : que ce soit en Formule 1 ou dans le vélo, quand tu as un directeur sportif qui te parle pendant la course, le rapport à la machine, aux éléments et aux autres n'est plus du tout le même. Fangio gagnait des courses parce qu'il savait apprécier la couleur et le ton, il maîtrisait la relation entre sa voiture et le contexte, le temps, la mécanique, la route, les...

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