HSBC voit son bénéfice amputé par des provisions

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par Steve Slater et Matt Scuffham

LONDRES (Reuters) - HSBC a publié lundi des résultats en hausse mais amputés par des provisions pour une affaire de blanchiment d'argent dans laquelle la banque a reconnu risquer gros.

La première banque européenne a indiqué que l'amende qu'elle risque aux Etats-Unis pourrait être supérieure aux 1,5 milliard de dollars qu'elle a provisionnés et conduire à une procédure judiciaire au pénal.

L'affaire a d'ores et déjà causé des "dommages considérables" à l'image du groupe et l'a contraint à provisionner encore 800 millions de dollars dans ses comptes du troisième trimestre, après les 700 millions mis de côté en juillet.

"Ce pourrait être beaucoup plus", a reconnu le directeur général Stuart Gulliver lors d'une conférence téléphonique avec la presse.

"Le règlement d'au moins une partie du dossier entraînera probablement l'ouverture de procédures au pénal comme au civil, et l'imposition d'amendes considérables", indique la banque dans son communiqué de résultats.

Un rapport publié par le Sénat américain en juillet accuse la banque britannique d'avoir laissé ses clients sortir des fonds douteux de pays tels que le Mexique, l'Iran, les îles Caïmans, l'Arabie saoudite ou la Syrie.

30.000 EMPLOIS SUPPRIMÉS EN DEUX ANS

L'affaire porte un nouveau coup à la réputation des banques de Sa Majesté, également mises en cause dans le scandale de la manipulation du Libor - qui a valu à Barclays une amende de 450 millions de dollars - et accusées de ventes forcées de produits d'assurance à leurs clients britanniques qui contractaient des crédits. Au total, les banques ont provisionné plus de dix milliards de livres pour indemniser les plaignants dans cette dernière affaire.

HSBC a inscrit dans ses comptes une charge de 353 millions de dollars relative à la compensation de ces ventes forcées.

Grâce à une forte baisse des créances douteuses, HSBC a pu néanmoins doubler son bénéfice avant impôt - hors effets de cessions et variations de la valeur de la dette - en juillet-septembre, à cinq milliards de dollars contre 2,2 milliards (chiffre révisé) un an plus tôt.

Les dépenses d'exploitation ont augmenté de 16% sur un an, en raison de coûts liés au durcissement de la régulation et à des charges diverses.

Le coefficient d'exploitation est ressorti à 63,7 au troisième trimestre, alors que Stuart Gulliver s'est engagé à le ramener sous 52. Lors de la conférence téléphonique, il a admis que son objectif de 48-52 se révélait "difficile à atteindre" mais il a ajouté qu'il entendait y parvenir d'ici fin 2013.

En mai 2011, Stuart Gulliver avait annoncé 30.000 suppressions d'emplois dans le cadre d'un plan de restructuration. Il a indiqué lundi que cet objectif était en passe d'être atteint, pour moitié grâce à la vente de filiales ou d'activités.

Les effectifs du groupe se montaient à 266.700 personnes à fin septembre, contre 296.000 à fin 2010.

"L'effectif va probablement encore baisser (...), en termes de réduction organique il y a encore du chemin à faire", a dit le patron de HSBC.

A la Bourse de Londres, l'action HSBC perd 1,07% à 619,5 pence vers 11h15 GMT, en réaction aux annonces du groupe sur l'enquête en cours aux Etats-Unis.

Véronique Tison pour le service français, édité par Catherine Monin

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