HSBC rate le consensus en 2013 et se montre prudente pour 2014

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HSBC LIVRE UN BÉNÉFICE 2013 INFÉRIEUR AUX ATTENTES
HSBC LIVRE UN BÉNÉFICE 2013 INFÉRIEUR AUX ATTENTES

par Steve Slater et Matt Scuffham

LONDRES (Reuters) - HSBC a annoncé lundi un bénéfice imposable annuel en hausse de 9%, mais inférieur aux attentes, et redoute une plus grande volatilité des marchés émergents cette année, des déclarations qui pèsent sur son action.

Celle-ci perd encore 3,6% à 630,56 pence en fin de matinée. Elle sous-performe ses rivales européennes depuis le début de l'année en raison de la plus grande exposition de la banque à l'Asie, au Moyen-Orient et à l'Amérique du Sud.

La première banque européenne a supprimé plus de 40.000 emplois et vendu ou fermé 60 filiales durant les trois dernières années afin de réduire ses coûts mais elle n'en a pas moins raté ses objectifs d'efficacité et de rendement des fonds propres l'an passé.

"Même si beaucoup de progrès ont été accomplis depuis 2011, nous n'avons pas atteint tous nos objectifs avant la fin 2013", a dit le directeur général Stuart Gulliver.

Sa rémunération totale a augmenté à huit millions de dollars l'an passé contre 7,5 millions et le total des primes au personnel a été rehaussé de 6% à 3,9 milliards de dollars. Ces augmentations interviennent alors même que les banques sont chaudement invitées à limiter des primes incitant, selon beaucoup, à des prises de risque excessives comme celles qui ont déclenché la crise financière de 2008-2009.

HSBC compte verser à ses cadres de plus haut niveau une allocation trimestrielle supplémentaire qui aura pour effet d'augmenter de facto leur rémunération fixe afin de respecter une nouvelle loi de l'Union européenne qui plafonne les primes à 200% du salaire, ce qui, de l'avis de Gulliver, rend l'élaboration des plans de rémunération plus délicate.

L'équipe dirigeante doit encore montrer comment elle peut remplacer les revenus perdus du fait de la cession de filiales américaines et d'une participation dans un assureur chinois.

"Alors qu'elle a bien progressé pour ce qui est de se dégager d'entreprises de faible qualité, elle est confrontée à présent à la bourrasque des marchés émergents", dit Chris Wheeler, analyste de Mediobanca. "Rien de catastrophique mais ils sont vraiment à la peine pour avancer".

La banque a fait état d'un bénéfice imposable de 22,6 milliards de dollars (16,4 milliards d'euros) en 2013 contre 20,6 milliards en 2012 et un consensus Thomson Reuters le donnant à 24,3 milliards.

Le produit net bancaire a diminué de 5%, conséquence en partie des différentes cessions opérées. Sans cela, le PNB représente 63,3 milliards de dollars contre 61,6 milliards un an auparavant.

La banque d'investissement a publié un bénéfice imposable stagnant à 1,87 milliard de dollars.

Les charges d'exploitation ont diminué de 4,3 milliards de dollars l'an passé mais les analystes visaient cinq milliards.

Le coefficient d'exploitation, qui rapporte les charges d'exploitation au produit net bancaire, est ressorti à 59,6% et le ratio de rendement des fonds propres à 9,2%, tous deux en deçà des objectifs respectifs de 55% environ et de 12 à 15% que la banque a établis pour les trois prochaines années.

C'est la conséquence, a expliqué Gulliver, des dédommagements versés pour la vente litigieuse d'assurances de prêt.

Nicolas Delame et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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