HSBC prévoit une nette accélération du commerce international

le , mis à jour à 12:23
0

* Une croissance moyenne de 8% par an attendue * Les émergents retrouveront leur rôle de locomotive * L'Inde et le Vietnam en tête du classement PARIS, 4 juin (Reuters) - Moribonde ces deux dernières années, la croissance du commerce international devrait retrouver du dynamisme grâce à la meilleure santé des pays développés en attendant que les grands émergents ne retrouvent leur rôle de locomotive, estime HSBC. Dans son étude semestrielle sur le commerce publiée jeudi, la banque anticipe une croissance de 8% par an du commerce international de marchandises en valeur sur la période 2017-2020, contre seulement 1,5% en moyenne entre 2012 et 2014. A court terme, elle devrait être portée par la solidité de l'économie américaine et le regain de vigueur au Japon et dans les pays de la zone euro, cette dernière comptant pour un quart des échanges internationaux, sur fond de faiblesse de l'euro. A moyen terme, HSBC s'attend à ce que les émergents, l'Asie en tête avec des pays comme l'Inde et le Vietnam, redeviennent le moteur de la croissance des échanges de biens. Mais elle souligne que le rythme anticipé pour la fin de la décennie se situe encore en deçà des 9% par an constatés avant la crise et que des facteurs de risques "significatifs" pourraient altérer ce scénario. Le premier tient à la restructuration des chaînes d'approvisionnement mondiales sous forme de relocalisations d'activités autrefois installées à l'étranger. "Les preuves de relocalisations sont restées jusqu'ici dans une large mesure qualitatives mais des données montrent que les échanges de biens intermédiaires sont faibles depuis une période récente, ce qui pourrait résulter de relocalisations ou, du moins, de l'absence de nouvelles délocalisations", estiment les économistes d'HSBC. LA CHINE, DEUXIÈME DÉBOUCHÉ POUR LES EXPORTS FRANÇAISES Un autre facteur de risque tient aux faibles progrès enregistrés dans la libéralisation des échanges, par contraste avec la décennie qui a précédé la crise financière de 2008-2009. Mais pour la banque, il y a de bonnes raisons de penser que des avancées sont de nouveau possibles dans ce domaine au vu de l'état d'avancement des négociations sur plusieurs accords. Elle cite notamment l'Accord de facilitation des échanges négocié avec succès dans le cadre de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) et en attente de ratification, qui, selon l'OCDE, pourrait se traduire par une baisse du coût des échanges de 12,5% à 17,5% selon les pays. S'y ajoutent les discussions pour élargir l'Accord sur les technologies de l'information (ITA) de l'OMC ou celles sur un partenariat transatlantique (TTIP) entre l'Europe et les Etats-Unis et pour un partenariat transpacifique (TPP). Des 25 économies étudiées dans l'étude d'HSBC, l'Inde et le Vietnam devraient connaître à moyen terme les plus fortes progressions de leurs échanges, avec un taux de croissance estimé à plus de 10% par an entre 2015 et 2030. La France vient en queue de classement, avec un taux de croissance moyen de plus de 3,0%, juste devant l'Allemagne, grâce pour l'essentiel à l'aéronautique et, dans une moindre mesure, à la chimie-pharmacie et l'agroalimentaire. A l'horizon 2030, HSBC anticipe que la Chine sera devenue le deuxième débouché pour les exportations françaises, passant de 3% à 6% du total de celles-ci. Mais elle sera loin derrière l'Allemagne, qui restera le premier partenaire de la France tant pour ses exportations que pour ses importations. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant