Hôpital public : la carte du malaise des médecins

le , mis à jour à 09:17
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Hôpital public : la carte du malaise des médecins
Hôpital public : la carte du malaise des médecins

C'est un professeur de médecine qui gare sa voiture devant l'hôpital et y reste des heures parce qu'il n'est plus le bienvenu dans son service. C'est une biologiste qui, dans un long mail, explique qu'elle tient grâce au Prozac et aux cours d'affirmation de soi auxquels elle vient de s'inscrire.

 

En six mois, comme eux, 200 médecins, infirmières, soignants, exerçant dans 70 hôpitaux publics, ont signalé spontanément à l'association Jean-Louis-Mégnien qu'ils étaient harcelés par leur hiérarchie. L'association, née après le suicide il y a bientôt un an du professeur Mégnien au sein de l'hôpital parisien Pompidou, a compilé ces témoignages édifiants, faisant parfois l'objet d'une procédure judiciaire. Ils constituent la première carte de France de la maltraitance des personnels à l'hôpital, que nous publions en exclusivité.

 

 

 

« Il n'y a aucune volonté de revanche ou de nuisance, explique de sa voix calme le professeur Philippe Halimi, chef du service radiologie à Pompidou et président de l'association. Cette carte montre que le cas Mégnien, notre collègue qui a été harcelé, est loin d'être isolé. L'ampleur du phénomène, partout en France, ternit l'image de l'hôpital public et constitue une menace pour son avenir. »

 

Comment de grands professionnels, des pontes soignant chaque jour nos maux et blessures peuvent-ils être « maltraités » en toute impunité, eux qui paraissent si solides ? Comment leurs chefs, dont la mission est de veiller au bon fonctionnement d'un service... au service des autres, peuvent-ils devenir maltraitants ? La faute revient, selon Philippe Halimi, à un système de gouvernance « reposant sur un directeur et un chef de la commission médicale d'établissement (CME) tout-puissants, qui agissent comme des chefs d'entreprise ». Parmi les exemples malheureux qu'il cite, France Télécom, qui a aussi connu son lot de suicides.

 

Cette situation, le ministère ...

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