Hongrie-Orban surfe sur le Brexit pour son référendum anti-migrants

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    par Gergely Szakacs 
    BUDAPEST, 1er juillet (Reuters) - Conforté par la décision 
des Britanniques de quitter l'Union européenne, le Premier 
ministre hongrois Viktor Orban entend organiser dans son pays un 
référendum sur l'immigration, une initiative que des diplomates 
européens perçoivent comme de nature à alimenter la poussée 
populiste en Europe. 
    Au pouvoir depuis 2010, Orban s'est à plusieurs reprises 
heurté aux institutions de Bruxelles sur divers sujets comme 
l'indépendance de la justice en Hongrie ou la manière dont il a 
géré la crise des migrants en faisant construire une barrière à 
la frontière sud du pays. 
    Orban, qui est vent debout contre le projet de la Commission 
européenne de répartition par quotas des réfugiés entre les 
Etats membres de l'UE, accuse les instances européennes 
d'usurper l'autorité des institutions nationales. 
    "Nous devons nous battre pour démontrer aux gens qu'il est 
possible de mettre sur pieds une politique migratoire européenne 
conforme aux intérêts nationaux de la Hongrie", a dit Orban. 
    "Cela va être une longue lutte pour laquelle j'aurai besoin 
d'un mandat solide et celui-ci ne peut pas être garanti sans un 
référendum", a-t-il poursuivi. 
    Viktor Orban a réussi à faire des émules parmi ses 
homologues d'Europe centrale et notamment en Slovaquie où le 
Premier ministre Robert Fico souhaite que les pouvoirs de la 
Commission européenne soient limités après le Brexit. 
    Le référendum sur l'immigration en Hongrie devrait avoir 
lieu à l'automne et coïncidera avec la succession à la tête du 
Parti conservateur britannique et donc le début de la procédure 
de divorce entre Londres et Bruxelles. 
    "Les partis eurosceptiques se servent de cette histoire de 
Brexit afin de renforcer le récit qu'ils proposent (à leurs 
électeurs) au niveau national", explique Otilia Dhand, analyste 
chez Teneo Intelligence. 
    "Orban explique que c'est l'échec des politiques migratoires 
européennes qui a poussé les électeurs du Royaume-Uni à voter 
pour la sortie - minimisant le fait qu'on parle de deux 
questions migratoires totalement différentes : des réfugiés 
syriens sur le continent et des travailleurs polonais au 
Royaume-Uni", rappelle Otilia Dhand. 
    Viktor Orban soutient que la crise migratoire va pousser de 
nouveaux pays à vouloir sortir de l'Union européenne. Son 
gouvernement entend poser la question suivante aux Hongrois: 
"Acceptez-vous que l'Union européenne soit en mesure d'imposer 
l'installation de citoyens non-hongrois en Hongrie sans 
l'approbation du parlement ?" 
    Jeudi, Janos Lazar, chef de cabinet de Viktor Orban, est 
même allé plus loin en affirmant qu'il serait favorable à une 
sortie de la Hongrie de l'UE avant d'ajouter qu'il s'exprimait 
seulement à titre personnel. 
    Les diplomates étrangers estiment toutefois qu'un "Huxit" 
est très peu probable car la Hongrie dépend fortement des 
subventions européennes et les années de communisme ont 
convaincu toute une génération du bien-fondé d'être membre du 
bloc communautaire. 
    "Je propose aux gens autour de moi : si vous rencontrez un 
Hongrois qui préfère retourner dans la Sibérie dont il vient 
plutôt que de rester dans l'UE, je lui paie le champagne et un 
bon repas", raconte un diplomate. "Jusqu'à présent personne n'a 
répondu à l'invitation". 
     
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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