Hongrie-Faute de victoire, Orban veut changer la Constitution

le
0
    par Krisztina  Than 
    BUDAPEST, 3 octobre (Reuters) - Critiqué par l'opposition 
d'extrême droite après un référendum sans valeur faute d'une 
participation suffisante, le Premier ministre hongrois, Viktor 
Orban, a annoncé lundi son intention de réformer la Constitution 
afin d'empêcher l'Union européenne d'installer des migrants en 
Hongrie contre la volonté de Budapest. 
    Boycotté par l'opposition, le scrutin de dimanche n'a attiré 
que 40% des électeurs alors qu'il en fallait au moins 50% pour 
que son résultat soit valide. Le "non" à la politique européenne 
de quotas de migrants attribués par pays a néanmoins recueilli 
98,3% des voix. 
    Ce résultat prive Viktor Orban d'un soutien de poids à son 
opposition à la politique communautaire. Et lundi, le mouvement 
d'extrême droite Jobbik l'a appelé à la démission en dénonçant 
un "fiasco" électoral. 
    Devant les parlementaires, le chef du gouvernement a 
néanmoins jugé que le référendum avait atteint son objectif, le 
"non" ayant recueilli 3,28 millions de voix, soit plus que le 
"oui" à l'adhésion à l'Union européenne lors du référendum de 
2003. 
    Il a ajouté que sa politique en matière d'immigration avait 
recueilli un million de voix de plus que le Fidesz, son parti, 
lors des élections législatives de 2014 qui l'ont ramené au 
pouvoir.  
    "Cette décision, ce soutien m'obligent à agir", a-t-il dit 
au Parlement, sous les huées de l'opposition. "Le Fidesz et le 
Parti chrétien-démocrate pensent que la démarche appropriée, 
honnête et nécessaire consiste à donner une valeur légale à la 
volonté populaire", a-t-il ajouté. "C'est pourquoi j'initie une 
procédure d'amendement de la Constitution." 
     
    L'EXTRÊME DROITE À L'OFFENSIVE 
    Jobbik, qui réclame depuis longtemps déjà une telle 
modification censée "protéger" la Hongrie des quotas de migrants 
imposés par la Commission européenne, s'en est immédiatement 
pris au chef du gouvernement. 
    "Depuis hier, vous (Orban) êtes un homme politique vaincu 
(...) Vous ne serez pas pris au sérieux par les bureaucrates de 
Bruxelles", a dit son président, Gabor Vona, au Parlement. 
"Bruxelles exploitera sans pitié votre irresponsabilité et votre 
erreur." 
    La Commission européenne a pour l'instant pris acte du 
résultat du référendum, estimant que les suites à lui donner 
relevaient de la responsabilité de Budapest. 
    Vona a également jugé que le scrutin de dimanche signait la 
fin de la période pendant laquelle Orban avait utilisé la 
question de l'immigration pour détourner l'attention d'autres 
problèmes, comme la corruption ou l'émigration liée à la 
faiblesse des salaires en Hongrie. 
    Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, figure parmi les 
opposants les plus résolus à l'accueil de migrants dans l'UE. Il 
a fait ériger une clôture de barbelés le long de la frontière 
sud du pays surveillée par des policiers et des militaires. 
    Des centaines de milliers de réfugiés et migrants ont 
traversé le territoire hongrois l'an dernier, à destination de 
l'Allemagne, et près de 200.000 d'entre eux ont déposé une 
demande d'asile en Hongrie. Cette année, le pays n'a 
comptabilisé que 18.000 entrées illégales sur son sol.     
 
 (avec Gergely Szakacs et Marton Dunai; Marc Angrand pour le 
service français, édité par Tangi Salaün) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant