Hongkong, la ville de tous les excès immobiliers

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Les prix de l’immobilier s’envolent depuis cinq ans à Hongkong. Ils sont au sommet. Mais de plus en plus de Hongkongais souffrent de cette situation. Et certains sont contraints de vivre dans des conditions très dégradées.

Récemment un terrain nu situé sur la très luxueuse colline de Victoria Peak à Hongkong a été vendu pour 580 millions d’euros. À raison de 11.500 mètres carrés disponibles, cela représente plus de 50.000 euros du mètre carré nu. Et sachant que seule la moitié du terrain est constructible, le prix du mètre carré utile dépasse les 100.000 euros. Ce n’est pas la première fois que l’ancienne colonie britannique attire l’attention avec une vente extraordinaire. L’été dernier, un penthouse de 427 m2 également situé sur la colline la plus chic de Hongkong a été mis en vente pour la somme de 79 millions d’euros, soit 185.000 euros le m2! Un record.

Le marché immobilier de Hongkong s’envole depuis cinq ans. Les prix ont encore grimpé de 12 % en 2014, et touché un nouveau sommet en novembre, malgré les mesures prises par le gouvernement pour calmer le marché. Le nombre de terrains constructibles n’a pas augmenté ces dernières années, ce qui explique en grande partie la frénésie des prix dans ce territoire de 7 millions d’habitants, également soutenus par une forte demande, de la part notamment de riches Chinois.

La ville la plus chère du monde

Résultat, le marché immobilier hongkongais est considéré comme le plus cher du monde selon Savills. Pour le cabinet Demomographia international, le prix moyen d’un logement représente 17 fois le revenu moyen des ménages du territoire (contre 12,6 fois il y a un). Un record. «Sur les marchés immobiliers les plus chers, l’utilisation du foncier est très restreinte, les prix des terrains sont élevés, ce qui fait monter les prix des logements», explique l’étude.

Le dollar hongkongais est arrimé au dollar américain. Et les taux d’intérêt de ce riche territoire pourraient légèrement augmenter dans les mois qui viennent, dans le sillage des taux américains. Est-ce qu’une hausse des taux décidée par la Banque centrale américaine (Fed) aura un impact sur le marché immobilier de Hongkong? Les avis sont partagés. Certains spécialistes prédisent une légère baisse, mais d’autres tablent sur une nouvelle hausse de 10 % cette année.

Quoiqu’il en soit, l’envolée des prix de la pierre est durement ressentie par de plus en plus de Hongkongais, qui malgré parfois des salaires élevés peinent à devenir propriétaires de leur résidence principale. Ce qui est très important pour les Chinois. «De plus en plus de jeunes ne se marient pas parce qu’ils ne peuvent pas acheter de logement pour leur future famille», explique un jeune cadre de banque hongkongais.

Depuis très longtemps, la cherté de la pierre fragilise les ménages les plus modestes. A Hongkong, qui ne connaît pas le chômage (3 % de la population), plusieurs générations cohabitent sous le même toit. Depuis très longtemps, les travailleurs les plus pauvres, souvent venus de Chine continentale, ont eux pour seul logis un lit grillagé (sorte de cage), situé dans des sortes de dortoirs exigus où s’entassent de nombreux autres mal logés.

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