Hong Kong-Après l'annulation du dialogue, le mouvement étudiant repart

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(actualisé avec situation samedi après-midi, 5e et 6e paragraphes) par Donny Kwok et Diana Chan HONG KONG, 11 octobre (Reuters) - Plusieurs centaines d'étudiants ont campé dans la nuit de vendredi à samedi sur les principaux sites de protestation de Hong Kong, où le mouvement en faveur de la démocratie semble regagner en vigueur après l'annulation jeudi par les autorités des négociations qui étaient prévues avec les contestataires. Le mouvement de protestation a pris de l'ampleur dans la seconde quinzaine de septembre, après l'annonce le 31 août d'un projet prévoyant de soumettre à l'approbation des autorités chinoises les candidatures à l'élection du chef de l'exécutif hongkongais en 2017. Le mouvement pro-démocratie, qui réclame la liberté de candidature à cette élection et aussi la démission de l'actuel chef de l'exécutif Leung Chun-ying, s'est essoufflé en début de semaine, mais des milliers de personnes se sont mobilisées de nouveau vendredi soir pour une série de rassemblements à travers la ville. "Nous avons des tentes, ici, pour montrer notre détermination à mener une occupation longue", a déclaré samedi matin Benny Tai, l'un des leaders du mouvement étudiant. Samedi après-midi, nombre de manifestants sont venus grossir les rangs de ceux qui avaient passé la nuit sous les tentes. "Hong Kong, c'est chez moi. Nous nous battons pour l'avenir de Hong Kong, pour notre avenir", a déclaré à Reuters un étudiant de 23 ans, qui a pris part au mouvement dès son lancement. Depuis qu'ils sont descendus dans la rue voici deux semaines, les contestataires ont bloqué les grands axes dans le quartier gouvernemental, à Admiralty, ainsi que dans les quartiers commerçants de Central et Causeway Bay. Jeudi, Carrie Lam, la numéro deux de l'exécutif hongkongais, a déclaré que le gouvernement de la région administrative chinoise avait annulé les négociations prévues en raison des appels persistants à des manifestations. "Il semble que le gouvernement ne veuille pas discuter avec nous. Mais je crois que la foule ici présente montre que nous voulons vraiment résoudre le problème avec le gouvernement", déclarait samedi Kiki Choi, professeur en art, âgé de 25 ans, parmi la foule des manifestants. Une bonne centaine de tentes ont été montées sur Harcourt Road. Des dizaines de personnes ont disputé samedi matin un marathon en soutien aux étudiants. Le mouvement "Occupy Central", qui fait référence à "Central", nom du quartier des affaires de Hong Kong, est une épine dans le pied pour Pékin, sans doute l'une des plus importantes depuis la répression du mouvement étudiant dans la capitale chinoise début juin 1989. Pékin craint que la démocratie à Hong Kong ne se propage au continent, alors que la Chine populaire a déjà fort à faire avec les troubles séparatistes au Xinjiang mais aussi au Tibet. (Eric Faye pour le service français)

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