Honeywell et United Technologies ont discuté d'une fusion

le , mis à jour à 00:54
0
 (Actualisé avec sources, commentaires, contexte) 
    par Andrea Shalal et Greg Roumeliotis 
    22 février (Reuters) - Honeywell International  HON.N  et 
United Technologies Corp (UTC)  UTX.N , équipementiers de 
constructeurs aéronautiques tels que Boeing  BA.N  et Airbus 
 AIR.PA , ont discuté d'une éventuelle fusion mais UTC est 
convaincu que les autorités américaines de la concurrence 
rejetteraient une telle opération, a-t-on appris lundi de 
sources informées de ces négociations. 
    Les discussions entre ces conglomérats américains, également 
présents dans le domaine de la construction, ne sont pas actives 
 à l'heure actuelle, a dit l'une des sources. 
    Une telle fusion donnerait naissance à un groupe pesant plus 
de 90 milliards de dollars (81,71 milliards d'euros) de chiffre 
d'affaires. Cette entité combinerait cependant un fournisseur de 
moteurs pour avion et un fabricant de cockpit, ce qui pourrait 
nourrir l'opposition de Boeing et d'Airbus à un tel 
rapprochement. 
    "Si vous mettez ces deux entreprises ensemble, elles 
construiraient l'avion du nez jusqu'à la queue", a dit l'une des 
sources. "Boeing et Airbus n'accepteront jamais ça." 
    D'après CNBC, qui a le premier fait état de ces 
négociations, ces discussions se sont tenues au cours des deux 
dernières semaines à l'initiative de Honeywell et elles ont 
porté sur une transaction qui, si elle se concrétisait, verrait 
les actionnaires d'UTC empocher une prime, essentiellement en 
actions avec un complément en numéraire. CNBC ajoute que l'issue 
des discussions n'est pas certaine.     
    Le titre UTC a été lundi le principal moteur de la hausse du 
Dow Jones  .DJI  à Wall Street avec un gain de 4,69% à 92,37 
dollars, même s'il a limité ses gains à la suite des précisions 
fournies par Reuters aux informations de CNBC. 
    L'action Honeywell a en revanche cédé 1,96% à 105,17 dollars 
après être dans un premier temps montée à un pic historique de 
111,86 dollars. 
    Le titre UTC avait perdu plus de 28% au cours des 12 
derniers mois jusqu'à vendredi dernier alors que l'action 
Honeywell avait pris 2,5% sur la même période. 
     
    RESTRUCTURATION 
    Pénalisé comme toutes les multinationales américaines par la 
vigueur du dollar ces derniers mois, United Technologies a 
dévoilé en décembre un plan de restructuration de 1,5 milliard 
de dollars afin de réduire ses coûts.   Il a en outre 
bouclé en novembre la cession de sa filiale Sikorsky 
(hélicoptères) pour neuf milliards de dollars.   
    Honeywell, de son côté, a réduit ses effectifs et vendu ou 
fusionné certaines activités pour comprimer ses coûts. 
    Les deux groupes subissent notamment des pressions de Boeing 
et d'Airbus pour réduire leurs tarifs. 
    United Technologies, qui fabrique entre autres les moteurs 
d'avions Pratt & Whitney équipant certains modèles d'Airbus et 
les ascenseurs Otis, affichait une capitalisation boursière de 
73,80 milliards de dollars au cours de clôture de vendredi. 
    Honeywell, qui compte Boeing et Bombardier  BBDb.TO  parmi 
ses clients et fabrique des systèmes de contrôle et 
d'automatisation dans le bâtiment, présentait pour sa part une 
capitalisation de 82,55 milliards de dollars. 
    "Si (cette transaction) devait aller de l'avant, elle serait 
soumise à un examen minutieux de la part des autorités 
américaines", pense Jeff Bialos, juriste associé chez Sutherland 
Asbill & Brennan et ancien responsable du Pentagone. "Ce genre 
d'opération pourrait bien résulter en des cessions matérielles." 
    Jim Corridore, analyste chez S&P Capital IQ, croit davantage 
aux chances d'une telle fusion car l'éventuelle entité qui en 
serait issue conserverait des concurrents. 
    "Nous pensons qu'une fusion débloquerait d'importantes 
synergies", a-t-il écrit dans une note à ses clients. "Cette 
nouvelle pourrait réveiller l'intérêt des investisseurs car nous 
considérons ces deux entreprises comme des valeurs attractives à 
leurs cours actuels." 
    Un porte-parole d'UTC, John Moran, a refusé de s'exprimer 
sur le sujet tandis que Honeywell n'a pas répondu dans 
l'immédiat aux sollicitations de Reuters. 
 
 (Avec Ankit Ajmera et Arunima Banerjee à Bangalore, Euan Rocha 
à Toronto et Andrea Shalal à Washington; Bertrand Boucey pour le 
service français) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant