Homs et Hama bombardées, Bachar al Assad annonce un référendum

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BOMBARDEMENT DES FORCES GOUVERNEMENTALES SYRIENNES SUR LA VILLE REBELLE DE HOMS
BOMBARDEMENT DES FORCES GOUVERNEMENTALES SYRIENNES SUR LA VILLE REBELLE DE HOMS

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Les forces syriennes ont bombardé mercredi les villes rebelles de Homs et de Hama et mené pour la première fois une opération dans le quartier de Barzeh à Damas, tout près du centre de la capitale.

Après le double veto de la Russie et de la Chine aux Nations unies, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré que les pays occidentaux renégociaient la formulation d'une résolution sur la Syrie susceptible de rallier les suffrages de Moscou et de Pékin.

Mais les Russes ont fait savoir qu'ils s'opposeraient à ce que le Conseil de sécurité "contribue à légitimer" un changement de régime à Damas.

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Cui Tiankai, qui accompagne le vice-président Xi Jinping dans sa visite aux Etats-Unis, a pour sa part mis en garde le Conseil de sécurité contre les conséquences de "mauvaises initiatives". Il lui a demandé d'être "très prudent" et de faire preuve d'une "attitude très responsable".

Le projet de résolution auquel Pékin et Moscou ont fait échec le 4 février proposait d'exprimer le soutien de l'Onu au plan de la Ligue arabe, qui prévoit la mise à l'écart du président Bachar al Assad. Un texte similaire devrait être mis aux voix jeudi à l'Assemblée générale de l'Onu, dont les résolution ne sont pas contraignantes.

Dans la capitale syrienne, des troupes d'élite appuyées par des véhicules blindés ont dressé mercredi des barrages dans les rues principales du quartier résidentiel de Barzeh, où elles ont effectué des perquisitions et procédé à des arrestations, ont précisé des témoins.

Les soldats de la quatrième division blindée et de la garde républicaine ont tiré en l'air pour disperser les habitants de ce quartier du centre-nord de la capitale syrienne.

Selon eux, les militaires recherchent des activistes et des membres de l'Armée syrienne libre (ASL) qui assurent la sécurité des manifestations hostiles à Bachar al Assad.

TREIZIEME JOUR DE PILONNAGE A HOMS

Le quartier de Barzeh, à majorité sunnite, a été l'un des plus actifs dans la capitale depuis le début du soulèvement, il y a onze mois.

Des miliciens alaouites pro-Assad qui habitent sur les hauteurs du quartier ont empêché pendant des mois les habitants de manifester, jusqu'à ce que ceux-ci commencent à bénéficier ces dernières semaines de la protection des déserteurs de l'ASL.

A Hama, bastion de l'opposition dans le Centre-Ouest, l'armée gouvernementale a bombardé les quartiers résidentiels de Faraya, d'Olailat, de Bachoura et d'Al Hamidiya. Des troupes venues de l'aéroport se sont dirigées vers la ville.

A Homs, autre fief de la rébellion au nord de Damas, les loyalistes ont pilonné pour la treizième journée consécutive des quartiers sunnites. Une explosion a eu lieu sur un oléoduc alimentant une raffinerie.

Ces offensives soulignent la volonté du régime de ne pas se laisser impressionner par les sanctions internationales et d'écraser une rébellion selon lui minoritaire et menée par des "groupes terroristes armés".

Assad entend également riposter sur le plan politique. Il a décidé d'organiser le 26 février le référendum promis sur une nouvelle Constitution, qui autorise le chef de l'Etat à effectuer deux mandats de sept ans. Des élections législatives seront organisées dans un délai de 90 jours après l'approbation de la Constitution.

En levant l'état d'urgence l'an dernier, le président syrien avait également promis des élections législatives pluralistes pour ce mois-ci.

JUPPÉ RELANCE L'IDÉE DE CORRIDORS HUMANITAIRES

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a précisé que les discussions se poursuivaient pour convaincre la Russie de "soutenir la seule initiative qui peut permettre de sortir de la crise actuelle, celle de la Ligue arabe".

"L'idée que j'avais lancée il y a quelques jours, de corridors humanitaires permettant aux ONG d'atteindre des zones qui font l'objet de massacres scandaleux, devrait être reprise au Conseil de sécurité", a-t-il ajouté.

"Nous aurons demain (jeudi) un vote à l'Assemblée générale qui sera symbolique, mais si nous avons plus de 130 ou 140 pays qui disent 'arrêter le massacre, ça suffit, il faut maintenant appliquer le plan de la Ligue arabe'", je pense que ce symbole aura de la force", a souligné Alain Juppé, qui a par ailleurs plaidé pour l'instauration de corridors humanitaires.

Paris a décidé mardi de créer un fonds d'urgence humanitaire pour la Syrie, doté d'un montant initial d'un million d'euros.

La Ligue arabe s'est prononcée pour l'envoi en Syrie d'une force de maintien de la paix placée sous sa bannière et celle des Nations unies. Elle a en outre promis d'apporter à l'opposition syrienne un "soutien politique et matériel", ce qui pourrait ouvrir la voie à des livraisons d'armes.

Les Etats-Unis ont par ailleurs exprimé leur "profonde inquiétude" au sujet de l'arrivée en Syrie d'armes en provenance d'Iran. "L'Iran réapprovisionne la Syrie, comme il le fait depuis un moment et comme il fournit le Hezbollah via la Syrie", a déclaré Thomas Countryman, secrétaire d'Etat adjoint à la sécurité internationale et à la non-prolifération, déplorant également la poursuite des livraison russes.

Réuni à Doha, les membres du Conseil national syrien, qui fédère l'opposition, ont reconduit Bourhan Ghalioun à leur tête.

Avec Dominic Evans et Erika Solomon à Beyrouth, John Irish à Paris, Guy Kerivel pour le service français

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  • Feradur le mercredi 15 fév 2012 à 15:35

    C'est ça que d'être invité au 14 juillet chez nous. Aprés il prend les idées de notre génial président. Pour lui tout seul, copieur.

  • mjjmimi le mercredi 15 fév 2012 à 15:31

    Il est malin cet Bachard al Assad : un référendum! quand il aura tué tous ses opposants il risque fort de l'emporter...

  • 2445joye le mercredi 15 fév 2012 à 15:25

    Les arabes occupent un immense espace, qui va de l'Atlantique à l'Iran. Sur la quinzaine de pays qui l'occupent, aucun n'a jamais été gouverné de façon démocratique, même si certains régimes nous singent avec des simulacres d'élections. Ce n'est certainement pas le fait du hasard et nous ferions mieux de ne pas nous en mêler, sous prétexte de "printemps arabe", comme nous l'avons fait, à tort, en Lybie.