Hollande veut relancer la construction de logements

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La Caisse des dépôts donne le coup d'envoi d'un premier programme de 10.000 logements intermédiaires, qui fait largement appel à des financements privés.

Des mois qu'ils y travaillent. Tandis qu'au ministère du Logement, on planchait sur la loi Alur, un autre projet faisait la navette entre l'Élysée, la Caisse des dépôts et sa filiale dédiée au logement SNI, et le ministère. Son objectif: bâtir un projet pilote, un «démonstrateur», de relance de la construction de logements en France. Le sujet est crucial, alors que l'année 2013 s'est achevée sur un bilan particulièrement inquiétant de 335.000 constructions neuves, un plus bas depuis dix ans.

Soutenu par Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l'Élysée, négocié avec des professionnels de la promotion comme Alain Dinin (Nexity) et de l'investissement comme Jérôme Grivet (Predica), et mis en musique par André Yché à la SNI, ce projet, baptisé Argos, s'est construit à la faveur de quelques mesures législatives ciblées: l'abaissement à 10% de la TVA dans le logement intermédiaire pour les investisseurs institutionnels qui avaient déserté ce segment depuis dix ans, l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties... Des coups de pouce qui ont permis à la SNI de monter un programme de 10.000 logements intermédiaires - le «chaînon manquant» du marché immobilier. Un projet à 1,7 milliard d'euros, dont les 800 millions d'euros en fonds propres sont désormais, pour l'essentiel, réunis.

Rendement assuré

La SNI contribue pour 200 millions, le solde étant apporté par des institutionnels, en particulier des assureurs et institutions de prévoyance, mais aussi EDF, au travers des investissements du fonds dédié au démantèlement des centrales nucléaires. Les terrains sont déjà identifiés, par les promoteurs eux-mêmes, dans les zones tendues comme Paris et ses deux premières couronnes, Marseille, Lyon... L'enjeu était d'attirer ces investisseurs sur des logements dont les conditions de location (plafonds de loyers, zones géographiques) sont encadrées. Les coups de pouce de l'État permettent de leur assurer un rendement convenable, de 7% à terme c'est-à-dire après des opérations de vente, prévues à partir de dix ans de vie du programme.

Celui-ci s'inscrit dans un projet plus large, qui permettrait la sortie de terre de 30.000 logements en tout, un tiers en intermédiaire, un tiers en HLM, un tiers «classique». Pour le volet logement social, les appels à projets devraient être lancés dans les tous prochains jours. Le financement est assuré par un fonds largement abondé par l'argent du livret A, géré par la Caisse des dépôts et dont c'est la mission première. Là encore, l'État a donné un coup de pouce en modifiant quelques règles d'utilisation de ces fonds d'épargne, désormais disponibles pour prêts sur 60 ans (au lieu de 50 ans auparavant).

Ce projet en passe de se concrétiser devrait être cité par François Hollande lors de sa conférence de presse mardi. Reste à savoir si le chef de l'État donnera ou non l'impulsion pour le démultiplier, et le transformer en programme pluriannuel.

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  • chnivet le mardi 14 jan 2014 à 10:54

    Il veut , il veut , il veut .. Il faut , il faut , il faut ...Ca va , ca va , ça va ...Vouloir n'est pas pouvoir . Et pourtant ils l'ont le pouvoir . Budget 1200 milliards/an , président , majorité assemblé , majorité sénat , conseils généraux et département . ON VEUT DES ACTIONS , PAS DES INCANTATIONS .

  • TL70190 le mardi 14 jan 2014 à 10:49

    plus aucun investisseur n'a confiance en ce gouvernement , les meilleurs sont partis il ne reste que des opportunistes du crédo social

  • mlemonn4 le mardi 14 jan 2014 à 09:51

    En tous les cas, bénéficier de garçonnières privées appartenant à des gens peu recommandables, ne semblent géner absolument personne; ce qui tend à démontrer à quels points il existe en France des liens entre les personnes appartenant à la zone rouge ou noire et le politique, comme partout ailleurs, malgré l'évangélisme de nos chers têtes politiques et publiques

  • SuRaCtA le mardi 14 jan 2014 à 09:13

    Que Hollande commence par virer Duflot le suprimer son GUD s'il veut relancer l'immobilier, car à part décourager les investisseurs on attend encore un point positif a son action publique...

  • M1961G le mardi 14 jan 2014 à 07:48

    hollande s'aperçoit enfin que depuis qu'il est au commande , rien ne va plus . duflot a détruit le logement privé . hollande est nul partout . la France est très mal gouvernée et se rapproche de la grece .

  • daya le lundi 13 jan 2014 à 20:02

    Blablabla... J'suis sur que duflot aussi il la met

  • CHAKHO le lundi 13 jan 2014 à 19:27

    C’est une bonne mesure si elle permet de baisser le prix de l’immobilier en augmentant l’offre. Contrairement à Sarkozy et ses magouilles avec les promoteurs immobiliers. Bravo à Hollande pour cette décision.

  • dbonn le lundi 13 jan 2014 à 19:12

    plus aucun intérêt pour le particulier d'investir, les taxes et charges ne font qu'augmenter: coincé 30 ans pour ne pas être taxé! avant c'était 15 ans et dans 2 ans ce sera 45 ans autant dire que la construction va continuer de chuter et puis il y a de moins en moins de locataire solvable. La bourse est moins risqué!!!

  • slivo le lundi 13 jan 2014 à 18:31

    C'est pour construire des garçonnières afin de pratiquer dans le lubrique ?

  • mlemonn4 le lundi 13 jan 2014 à 17:25

    Comme si le logement social financé par l'Etat allait régler le problème de la pénurie de logements en France ! C'est vraiment de l'incompétence et de la politique à l'apprenti sorcier et de communication; un pilotage à vue mais aux conséquences graves pour le développement de notre économie et surtout les Français qui devront payer encore plus cher l’accès au logement! Ahurissant !!!