Hollande veut plus de démocratie en préservant les institutions

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    * Le président défend des institutions "solides et adaptées" 
    * Il propose une limitation à trois mandats successifs 
    * Il dénonce en creux les programmes des candidats à droite 
 
    PARIS, 6 octobre (Reuters) - François Hollande a défendu 
jeudi des institutions françaises "solides et adaptées" tout en 
reconnaissant l'aspiration des Français à être davantage 
impliqués dans les processus décisionnels.  
    Dans un discours à l'hôtel de Lassay, résidence du président 
de l'Assemblée nationale, le chef de l'Etat a prôné une 
accélération de la "fabrique de la loi", jugée trop longue et 
fastidieuse.  
    Face au "silence assourdissant" de l'abstention, à des élus 
"jugés toujours plus loin des citoyens", à l'impatience "face à 
des procédures trop lentes", il a proposé des solutions à la 
marge, tout en s'introduisant mezzo voce dans le débat avec les 
candidats à la primaire de la droite. 
    Parmi les idées semées par le chef de l'Etat : un débat à 
l'Assemblée sur la base d'une pétition de 500.000 signatures, 
une consultation nationale sur plusieurs questions à la fois ou 
un allègement de la procédure d'organisation du référendum 
d'initiative populaire. 
    Pour renouveler la vie publique, le président propose le 
"non-cumul dans le temps à trois mandats successifs pour les 
parlementaires et les exécutifs locaux." 
    Des propositions qui ne pourront être mises en oeuvre que 
lors du prochain mandat présidentiel, pour lequel François 
Hollande ne s'est pas encore porté candidat.  
    Le chef de l'Etat, qui promet de se prononcer en décembre à 
ce sujet, s'est toutefois immiscé dans la campagne en taclant à 
distance les programmes des candidats de droite. 
     
    "ON N'ÉCHAPPE PAS AU CONTRÔLE DU PEUPLE"   
    A la différence de Nicolas Sarkozy et François Fillon par 
exemple, il s'est ainsi prononcé contre le recours systématique 
au référendum, citant en exemple le choix des Britanniques de 
sortir de l'Union européenne ou le faible taux de participation 
(30%) lors de la consultation sur le quinquennat présidentiel en 
France, en 2000.  
    François Hollande s'est d'ailleurs dit opposé à l'idée d'un 
septennat unique, notamment prônée par le président PS de 
l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.   
     "Le temps et la stabilité sont un atout dans la diplomatie 
mais ils ne conféreraient pas au président une marge supérieure 
en politique intérieure", a-t-il estimé.  
    S'il juge important d'accélérer les procédures législatives, 
le président a en revanche écarté l'idée de gouverner par 
ordonnances chère à Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy ou 
François Fillon.  
    "Ils se disent qu'en contournant le Parlement pour mettre en 
cause le modèle social ils pourraient contourner le peuple mais 
ils vont le retrouver dans la rue", a-t-il lancé. "On n'échappe 
pas à ce contrôle du peuple." 
    D'une manière générale, François Hollande a défendu les 
institutions de la Ve République, qui lui ont donné les coudées 
franches pour agir sans mandat du Parlement en amont, qu'il 
s'agisse d'intervenir militairement au Mali en janvier 2013, de 
répondre aux attentats en France l'an dernier ou de sauver 
l'économie grecque durant l'été 2015.   
    "Nos institutions sont solides et adaptées aux 
circonstances", a-t-il assuré. "Notre pays dispose d'un atout 
institutionnel dont il serait bien périlleux de se séparer dans 
le contexte actuel."  
    Une fois encore, il s'est adressé aux candidats en lice pour 
entrer à l'Elysée au printemps 2017.  
    "Si j'ai un conseil à donner à tous ceux qui veulent me 
succéder, c'est de bien comprendre que ce qui est regardé comme 
une prérogative du chef de l'Etat est en fait une garantie pour 
les Français, une sécurité pour tous", a-t-il insisté. "Elle 
donne à notre pays, la France, une possibilité d'agir quand 
beaucoup de pays ne le peuvent pas." 
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Simon Carraud) 
 
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  • charleco il y a un mois

    "Hollande veut". Nous ne sommes plus au temps de l'absolutisme. Ceci dit, je suis hautement partisan du référendum, mais il va de pair avec une autre conception de la politique. Et là, je ne fais pas du tout confiance à Hollande.

  • M7403983 il y a un mois

    Il faut reconnaître que le recours au référendum ne va pas dans le sens du BON SENS. Lorsque l'on voit la mentalité générale des Français, il y a du soucis à se faire.