Hollande veut faire rimer confiance et croissance en 2013

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HOLLANDE VEUT FAIRE RIMER CONFIANCE ET CROISSANCE EN 2013
HOLLANDE VEUT FAIRE RIMER CONFIANCE ET CROISSANCE EN 2013

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Confiance et vision de long terme sont les axes choisis en ce début 2013 par François Hollande, qui mise sur la foi en l'avenir, condition indispensable d'un retour de la croissance à l'orée d'une année économiquement difficile.

"Ce soir je veux vous dire ma confiance dans notre avenir", affirmait le président français dans ses voeux, lundi soir.

"Ma confiance, elle est surtout dans la France", ajoutait-il sur un ton entraînant, comme pour conjurer par avance l'"annus horribilis" qui s'annonce sur le plan économique et qui mettra à rude épreuve sa nature optimiste.

Relevant les inquiétudes "légitimes" du pays, il a maintenu le cap "contre vents et marées" et relancé l'idée de faire baisser "coûte que coûte" un chômage en hausse depuis 19 mois.

Au risque de froisser la gauche de son camp, le chef de l'Etat socialiste a salué "le talent de nos entrepreneurs" et le bien-fondé du pacte de compétitivité tout en invitant les partenaires sociaux à conclure un accord sur la sécurisation du travail, qui serait "une chance pour la France".

Le message élyséen contrastait avec celui, plus anxiogène, de la chancelière allemande Angela Merkel, prévenant ses concitoyens que "la crise est loin d'être terminée".

Pour préparer son intervention, François Hollande a relu les voeux de ses prédécesseurs et constaté que "la plupart du temps, la première année tout va bien, et ensuite c'est difficile".

"Nous, on a une séquence 'c'est dur dès le départ'. En même temps on doit avoir confiance, donner de message d'espoir", dit-on à l'Elysée. "Mais l'espoir ne doit pas être forcé sinon c'est une illusion, un artifice, ça peut même être un mensonge".

FAIRE MENTIR LES CASSANDRE

L'exécutif dément prendre ses désirs pour des réalités.

"Ce n'est pas de la méthode Coué, mais on se donne les moyens de faire revenir la croissance et, par là-même, de faire mentir les Cassandre", dit une conseillère de Matignon.

La confiance, par nature difficile à mesurer, est en effet nécessaire au redémarrage d'un pays dont les citoyens comptent, selon les sondages, parmi les plus pessimistes du monde quand on les interroge sur leur vision de leur avenir.

Les économistes se trompent en effet souvent parce qu'ils sont incapables de mesurer précisément l'impact de la confiance sur la croissance, ils ne prennent que les flux et en tirent les conclusions, note un banquier central.

Pour l'heure, la prévision de 0,8% du gouvernement pour 2013 est jugée trop optimiste par la Commission européenne, le Fonds monétaire international et même l'Insee, dans un contexte d'incertitudes de l'économie mondiale.

Dans ses voeux, François Hollande a évoqué les "soubresauts" de ses sept derniers mois de pouvoir marqués par des erreurs de communication, une impression de flou et un contexte dégradé.

"La réalité est mouvante", rappelle-t-on à l'Elysée. "La croissance est plus faible que ce qu'on avait pu imaginer : tous nos prédécesseurs parlaient de plus de 1% en 2012. On savait que le chômage allait augmenter mais pas qu'il y aurait autant de plans sociaux. Cela créé des soubresauts".

La confiance passe aussi par des projets de long terme, qui offrent un horizon. D'où la "stratégie d'investissements publics comme privés pour moderniser la France" du chef de l'Etat.

"Tous les présidents ont vocation à aller au-delà de leur mandat", souligne-t-on dans l'entourage de François Hollande, où l'on ne manque jamais de laisser entendre qu'il compte faire deux mandats. "Il est important de voir quelle France on veut dans dix ans. Ce sera l'un des thèmes de 2013".

Sur le modèle des grands projets culturels lancés par François Mitterrand au début des années 1980, François Hollande entend lancer de "grands chantiers dans les domaines de l'innovation, de la production mais aussi de la santé, la transition énergétique, l'enseignement supérieur, la recherche".

Le président devrait en parler dans ses discours de voeux - une douzaine en tout, à Paris et en régions.

Après une première partie de mandat très internationale, il entend se rendre sur le terrain une fois par semaine "pour traduire, convaincre, expliquer et préparer d'autres décisions".

François Hollande a d'ailleurs demandé aux ministres une présence "365 jours sur 365" auprès des Français. "Les personnes qui doivent décider doivent connaître toutes les réalités", estime-t-il. "Pour bien décider, il faut bien comprendre".

Edité par Yves Clarisse

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  • M4947935 le mercredi 2 jan 2013 à 17:34

    Moi j'aimerais bien connaître l'impact du détricotage des mesures prises par Sarkozy... pour le reste j'ai compris que Hollande a fait exploser les impôts avant d'éventuellement en rendre une partie aux entreprises (rien n'est sûr), et d'envisager éventuellement une baisse des dépenses publiques : comment tout cela peut-il favoriser la croissance?

  • M2280901 le mercredi 2 jan 2013 à 17:33

    il n'a pas encore démissionné le porcinet ?

  • M4841131 le mercredi 2 jan 2013 à 17:23

    Hollande veut faire rimer confiance et croissance en 2013 ====> Hollande peut faire rimer défiance et décroissance en 2013, il n'aura aucun pb

  • dbourbie le mercredi 2 jan 2013 à 17:19

    mais qui a pu voter pour lui , a regarder les forums je me pose des questions

  • hgourg le mercredi 2 jan 2013 à 16:37

    C'est beau ce que tu dis François (signé Valérie T.).

  • ANOSRA le mercredi 2 jan 2013 à 16:28

    Le pb, c'est que si lui a confiance en la France, la France a près de 60% n'a pas confiance en lui, capable de dire tout et son contraire à 24h d'intervalle!