Hollande veut allier disette budgétaire et investissement

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LE GOUVERNEMENT RÉUNI POUR TROUVER LES MOYENS DE RELANCER L'INVESTISSEMENT
LE GOUVERNEMENT RÉUNI POUR TROUVER LES MOYENS DE RELANCER L'INVESTISSEMENT

PARIS (Reuters) - Le gouvernement s'est réuni jeudi autour de François Hollande pour un séminaire destiné à trouver les moyens de relancer l'investissement en France malgré une disette budgétaire qui l'oblige à se contenter des ressources existantes.

L'entourage du président s'est efforcé de limiter les attentes en terme d'annonces, prévenant que "la période n'est plus à la dépense publique massive".

Une posture confirmée par François Hollande lors d'un déplacement près de Bordeaux.

"Tout l'enjeu, ce n'est pas d'aller chercher des financements nouveaux, nous n'en avons pas à notre disposition sur le plan budgétaire. C'est de mieux mobiliser ce qui existe déjà", a dit François Hollande dans une usine à Pessac.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait fait preuve du même volontarisme dans la matinée à l'Elysée. L'ancien maire de Nantes a promis des "chantiers, des choses concrètes".

"Quand vous habitez dans une ville, un département ou une région, et que vous voyez des logements se construire, ce sont des résultats concrets", a-t-il jugé. "Quand vous ne voyez pas de grue, vous vous dites qu'il y a cherche chose qui ne va pas".

Il a donné comme autres exemples le plan de généralisation sur dix ans du très haut débit en France, qui doit être lancé en février et la poursuite de la rénovation des campus.

Paris cherche donc à redéployer des crédits existants et de redéfinir les priorités plutôt que de trouver des moyens financiers supplémentaires et creuser l'endettement.

"La question, c'est 'comment faire pour préparer l'avenir de la France en période de disette budgétaire'", résume un conseiller de François Hollande, qui a promis de ramener les finances publiques à l'équilibre en 2017.

HORIZON 2020

Le chef de l'Etat a annoncé lors de ses voeux une stratégie d'investissements à l'horizon 2020 dont le but est à la fois de stimuler une économie atone mais également, à plus long terme, d'améliorer le potentiel de croissance du pays

Le gouvernement veut notamment concentrer les crédits sur le développement de la fibre optique, le numérique, les infrastructures de transport ou encore la recherche et développement "de rupture".

Le logement et la rénovation thermique sont aussi parmi les secteurs jugés les plus cruciaux.

"Chaque nouveau logement construit c'est 1,2 emploi par an", a dit à sa sortie de l'Elysée la ministre du Logement, Cécile Duflot.

Le gouvernement compte notamment sur la nouvelle Banque publique d'investissement (BPI), les fonds récoltés par la hausse du plafond du livret A et la mise à disposition de terrains publics pour dynamiser la construction et la rénovation de logements.

Pour les autres secteurs, François Hollande pourra s'appuyer sur le programme des investissements d'avenir hérité de Nicolas Sarkozy mais aussi sur la Banque européenne d'investissement dont le capital a été doublé dans le cadre du pacte européen de croissance négocié à Bruxelles.

L'entourage présidentiel ajoute qu'il souhaite trouver des marges de manoeuvre en stimulant l'investissement privé.

Le gouvernement cherche ainsi à inciter les sociétés d'autoroutes à se lancer dans de nouveaux investissements en échange de l'allongement de leur concession ou à encourager les sociétés d'assurances à investir davantage dans l'immobilier résidentiel souvent délaissé au profit des immeubles commerciaux.

Selon l'Elysée, deux des 35 milliards du grand emprunt seront réattribués aux investissements d'avenir.

Julien Ponthus et Elizabeth Pineau, avec Claude Canellas en Gironde, édité par Yves Clarisse

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