Hollande tente d'éteindre l'incendie qu'il a allumé

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    * Le président dit ses "regrets" aux magistrats 
    * Bartolone et Cambadélis demandent des explications 
    * Les dégâts sur sa stratégie pour 2017 restent à mesurer 
 
 (Actualisé avec Hollande, réactions) 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 14 octobre (Reuters) - François Hollande a tenté 
vendredi, en exprimant ses "regrets" aux magistrats, d'éteindre 
la zone la plus menaçante de l'incendie provoqué par ses 
"confidences" à des journalistes, mais les dégâts semblent loin 
d'être circonscrits. 
    Le chef de l'Etat dit comprendre la "blessure" née de ses 
propos qualifiant la justice d'"institution de lâcheté" parus 
dans "Un président ne devrait pas dire ça".   
    "C'est un début de réponse. Sans ça, la crise risquait de 
s'enkyster, c'est une manière d'éviter ça", a dit à Reuters 
Olivier Janson, secrétaire général adjoint de l'Union syndicale 
des magistrats (USM), majoritaire. 
    Le monde judiciaire n'est pas le seul à s'être offusqué des 
propos tenus lors d'une soixantaine d'entretiens avec deux 
journalistes du Monde.       
    A l'instar de nombreux élus PS, le président de l'Assemblée 
nationale, Claude Bartolone, et le Premier secrétaire du Parti 
socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, ont pressé le président 
de "s'exprimer vite" pour clarifier ses propos dont la 
révélation irrite à six mois de la présidentielle.   
    Claude Bartolone, "stupéfait", s'est interrogé sur la 
"volonté" de François Hollande d'être candidat. 
    "Il y a un grand besoin d'explication pour comprendre s'il 
veut vraiment être candidat", a-t-il dit à La Provence. 
    Pour Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Viavoice, 
"ce livre aurait pu être l'occasion de solder une partie du 
débat sur son bilan et au final, c'est uniquement la 
réactivation de tensions avec des personnes qui, sur le papier, 
pourraient être proches de lui". 
    Dans l'ouvrage, François Hollande qualifie, selon des propos 
rapportés, les footballeurs de "gosses mal éduqués", juge que 
l'immigration est trop importante et confirme qu'il utilise le 
terme de "sans-dents" pour les pauvres. 
     
    VALLS DEMANDE DES DÉBATS "DIGNES" 
    Des citations choquantes que n'a pas manqué de relever 
l'ex-président Nicolas Sarkozy lors du premier débat entre 
candidats à la primaire de la droite, jeudi soir sur TF1. 
  
    Certains voient un "suicide politique" dans cette parole 
livrée sans filtre à des journalistes, parfois en totale 
contradiction avec ses discours et ses actions de président. 
    Serge Raffy, biographe de François Hollande, fait même un 
pont avec l'affaire du Sofitel qui a fait exploser en vol, en 
2011, le projet de Dominique Strauss-Kahn de briguer l'Elysée.  
    "L'homme au sourire de glace s'est enfin 'défoulé', en 
prenant le risque de dynamiter sa candidature à l'élection de 
2017", écrit-il dans L'Obs, hebdomadaire de gauche, évoquant 
"une forme de refus du passage à l'acte".  
    En visite au Canada, le Premier ministre Manuel Valls a 
envoyé des messages qui peuvent être lus comme des signaux. 
    "Il faut que nos comportements (...) soient dignes, soient à 
la hauteur de ce que les Français attendent", a-t-il déclaré 
lors d'un aparté avec la presse à Montréal.  
    "Il faut de la dignité. Il faut de la pudeur. Il faut de la 
hauteur de vue. Il faut être sur des sujets qui intéressent les 
Français et concentrer sur une seule tâche, servir notre patrie 
et servir nos compatriotes", a ajouté le chef du gouvernement. 
     
    EFFETS NÉGATIFS ?  
    Loyal envers François Hollande, Manuel Valls se pose en 
recours à gauche au cas où le président choisirait de ne pas 
briguer à un second mandat, ce qu'il dira en décembre. 
    Ces dernières semaines, tout semblait conduire vers une 
nouvelle candidature présidentielle, malgré des sondages 
désastreux et les ambitions affichées des ex-ministres de 
l'Economie Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg.  
    "Sur le papier, les conditions ne sont pas tout à fait 
réunies, ni auprès des sympathisants de gauche, ni en terme de 
réussite économique et sociale", dit Jean-Daniel Lévy. "Mais en 
confrontation, François Hollande reste un candidat crédible pour 
représenter la gauche à la présidentielle".  
    Le député socialiste Sébastien Denaja pense que la crise de 
ces derniers jours n'aura pas d'incidence sur la stratégie 
future du locataire de l'Elysée.   
    "C'est les jours prochains qui le diront. Je pense que 
l'effet négatif de la parution de ce livre se réduit dans le 
temps. D'abord parce que François Hollande est l'action", a-t-il 
dit à Reuters.  
    Les dégâts sur l'opinion pourront être mesurés lors des 
déplacements de François Hollande de samedi à Nice, pour un 
hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet, et lundi à 
Florange, symbole des difficultés de l'industrie en France. 
 
 (Avec Yann Le Guernigou, David Ljunggren à Montréal, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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  • bobded il y a 5 mois

    le plus mauvais président que la France est eu

  • M898407 il y a 5 mois

    Quel courageux personnage ! Incapable d'assumer ses propos, pourtant officiels ! On lui demande de s'expliquer, pas de s'excuser ! Tout juste bon à être au mieux maire d'un petit village et d'en commémorer les faits divers....