Hollande sur le Charles-de-Gaulle avant un scrutin difficile

le , mis à jour à 19:46
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 (Actualisé avec visite) 
    A BORD DU PORTE-AVIONS CHARLES-DE-GAULLE, 4 décembre 
(Reuters) - F rançois Hollande s'est rendu vendredi sur le 
porte-avions Charles-de-Gaulle déployé au large de la Syrie pour 
frapper l'Etat islamique (EI), à deux jours du premier tour 
d'élections régionales difficiles pour la gauche. 
    Alors que la popularité du président a bondi après les 
attentats du 13 novembre et la riposte militaire qu'il a engagée 
contre l'organisation djihadiste, l'Elysée a évité d'évoquer la 
dimension électorale de ce déplacement. 
    "Le président est le chef des armées. Nous sommes engagés 
militairement contre Daech (NDLR : acronyme arabe de l'EI). 
C'est naturel qu'il rencontre les troupes engagées dans les 
opérations", a-t-on répondu à une question sur ce point, en 
soulignant qu'il s'était déjà rendu auprès des militaires 
engagés au Mali et en République centrafricaine. 
    Le regain de popularité exceptionnel de François Hollande ne 
signifie pas une adhésion à sa politique ni une promesse 
d'embellie pour le PS aux régionales, ont souligné les 
directeurs de plusieurs instituts de sondage.   
    "Vous agissez au nom de la France mais aussi au nom de 
l'humanité", a déclaré François Hollande devant l'équipage du 
porte-avions, sur lequel travaillent près de 2.000 personnes. 
    Rappelant l'objectif, "la destruction de Daech", il a ajouté 
que le Charles-de-Gaulle rejoindrait "une nouvelle zone de 
déploiement" dans quelques jours. 
    "Vous prendrez des responsabilités de commandement vis-à-vis 
de nos alliés dans le cadre de la coalition", a-t-il poursuivi, 
en précisant que "votre mission se poursuivra jusqu'en mars". 
    Le Charles-de-Gaulle, qui se trouve actuellement en 
Méditerranée orientale, doit relever un porte-avions américain 
dans le Golfe arabo-persique, avait annoncé fin novembre le chef 
d'état-major des armées, Pierre de Villiers. 
     
    RENFORTS BRITANNIQUES ET ALLEMANDS 
    La visite du chef de l'Etat sur le Charles-de-Gaulle, dont 
l'envoi a permis de tripler la capacité de frappes aériennes de 
la France en Syrie et en Irak, intervient après d'intenses 
travaux diplomatiques de la France pour rallier d'autres pays à 
la lutte contre l'EI en Syrie. 
    Des avions britanniques ont effectué jeudi des premières 
frappes en Syrie, quelques heures après le vote favorable de la 
Chambre des communes à des bombardements dans ce pays. 
    Le Bundestag, chambre basse du Parlement allemand, a quant à 
lui approuvé vendredi à une large majorité une participation à 
la coalition militaire en Syrie.       
    L'Allemagne a prévu de déployer six avions de reconnaissance 
Tornado, une frégate d'assistance à la sécurité du 
Charles-de-Gaulle, un appareil de ravitaillement et 1.200 
hommes.  
    Elle ne participera en revanche pas aux frappes aériennes 
menées par la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la 
Russie en Syrie. 
    Les renforts allemands et britanniques sont "très 
importants", a-t-on expliqué vendredi dans l'entourage du chef 
de l'Etat. "Ils vont permettre d'assurer la permanence des 
frappes et la couverture du terrain." 
    "Si l'on veut intensifier les frappes, il faut régénérer le 
potentiel de soutien", a-t-on ajouté. 
    Depuis le déploiement du porte-avions français, le 23 
novembre, quelque 110 sorties ont été réalisées : des vols de 
renseignement et de surveillance, des frappes planifiées et des 
frappes d'opportunité, a-t-on précisé. 
    Le Charles-de-Gaulle, "c'est à la fois un outil militaire 
diplomatique et politique", a-t-on souligné.  
    François Hollande était notamment accompagné du ministre de 
la Défense, Jean-Yves Le Drian. 
    Candidat à la région Bretagne, ce dernier a prévenu qu'en 
raison du contexte "dramatique", il resterait à la Défense tant 
que François Hollande le jugerait "nécessaire" et qu'en cas de 
victoire le 13 décembre, il confierait la transition à ses 
colistiers.     
 
 (Jean-Baptiste Vey à Paris, avec pool sur place, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • danielk6 le vendredi 4 déc 2015 à 15:02

    Un dernier bol d'air vivifiant avant de couler !

  • M940878 le vendredi 4 déc 2015 à 13:25

    la véritable éjection sera en 2017 , pas avant malheureusement pour l'ensemble des français