Hollande serein face à l'hypothèse d'une primaire pour 2017

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* Mandon ouvre le débat sur une primaire à gauche * Hollande se prépare à cette éventualité * L'idée d'unir la gauche pour 2017 fait son chemin (Actualisé avec rappel à l'ordre de Mandon) par Julien Ponthus PARIS, 20 novembre (Reuters) - François Hollande s'est fait à l'idée d'une primaire pour l'élection présidentielle de 2017 mais n'entend pas voir le débat s'installer sur la place publique, craignant le risque de voir son action parasitée pendant le reste de son quinquennat. "Le président considère qu'il ne faut pas avoir peur d'une primaire", témoigne l'un de ses proches, qui ajoute: "Il sait que cette hypothèse peut se concrétiser." Pour cet intime du président, Thierry Mandon a ouvert le débat en étant le premier membre du gouvernement à se prononcer publiquement pour une primaire ouverte à toute la gauche. Les primaires "sont indispensables parce que, particulièrement en 2017, ce que vous ne réglez pas dans une primaire, vous le retrouvez au premier tour de la présidentielle", a dit mardi le secrétaire d'Etat à la Simplification, qui a rappelé le risque de voir la gauche exclue, comme en 2002, du second tour. Bien qu'étant crédité d'un bilan plutôt positif, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin s'était retrouvé à la troisième place, affaibli notamment par les candidatures à gauche de Jean-Pierre Chevènement et de Christiane Taubira. Si François Hollande s'inscrit dans ce schéma, il a tenu mercredi à rappeler ses ministres à l'ordre. "Chacun doit être à sa place et le temps n'est pas venu d'aller discuter de ce qui pourrait se passer en 2016 et en 2017", a rapporté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, lors du compte rendu du conseil des ministres. Il a rappelé que la décision relevait en premier lieu du président de la République et non "des spéculations qui peuvent être faites ou alimentées par des ministres". RASSEMBLER LA GAUCHE Mais si le simple fait d'évoquer l'organisation d'une primaire semble en soi contester la légitimité d'un président en exercice, les arguments de Thierry Mandon en faveur d'une primaire trouvent un certain écho chez les fidèles du président. "C'est la pensée de beaucoup, beaucoup, beaucoup de socialistes", résume une source gouvernementale, alors que seuls les "frondeurs" du PS réclamaient jusqu'ici la tenue d'une primaire dont l'organisation est prévue dans les statuts du PS. Une primaire ouverte à toute la gauche aurait l'avantage de l'unifier, préalable indispensable à une hypothétique victoire. Plombé par une impopularité record et sans résultats économiques probants, François Hollande ne semble en effet avoir guère de chance d'accéder au second tour sans le soutien de sa famille politique et des autres franges de la gauche, des écologistes aux radicaux en passant par des petites formations. Pour de nombreux analystes, l'enjeu du premier tour est crucial puisqu'il déterminera qui, du candidat du Parti socialiste ou de l'UMP, battra le fer avec la présidente du Front National, Marine Le Pen, assurée à l'aune actuelle des sondages d'atteindre le second tour. "Celui qui sera contre elle gagnera, c'est cela qui est dans les esprits", explique un ami du président pour qui le Front national n'est pas en mesure de convaincre une majorité absolue de Français sur son programme, notamment de sortie de l'euro. DIFFICULTÉS La question de la primaire pourrait devenir incontournable lors du congrès du PS début juin 2015, où les frondeurs espèrent imposer une ligne plus à gauche que celle menée par Manuel Valls et à terme, un autre candidat que François Hollande en 2017. "Si on fait tout le congrès autour de cette question on aura raté le congrès", s'inquiète néanmoins un conseiller qui redoute de voir la presse faire son miel de cette question sensible et des divisions qu'elle ne manquerait pas d'engendrer. Inédite pour un président sortant, une primaire, dont les statuts du PS prévoient qu'elle doit être décidée au moins un an avant la présidentielle, poserait de nombreux problèmes pour François Hollande, qui serait contraint de faire une longue campagne tout en gouvernant le pays. "La primaire peut être un moyen de renforcer le candidat présenté par le PS ou un moyen de l'affaiblir", juge un proche du chef de l'Etat dont la garde rapprochée dénonce "une démarche extrêmement prématurée". François Hollande devrait annoncer courant 2016 s'il se représente mais il a lié une éventuelle candidature à l'inversion de la courbe du chômage, qui n'a fait que grimper depuis son arrivée au pouvoir. "Quand on a la chance d'avoir un président en exercice au Parti socialiste, on commence par s'occuper de sa réussite", souligne un fidèle, qui veut croire que la candidature de François Hollande s'imposera d'elle-même. (Avec Elizabeth Pineau, Edité par Yves Clarisse)

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