Hollande serein face à l'hypothèse d'une primaire pour 2017

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FRANÇOIS HOLLANDE SEREIN FACE À L'HYPOTHÈSE D'UNE PRIMAIRE POUR 201FRANÇOIS HOLLANDE SEREIN FACE À L'HYPOTHÈSE D'UNE PRIMAIRE POUR 2017
FRANÇOIS HOLLANDE SEREIN FACE À L'HYPOTHÈSE D'UNE PRIMAIRE POUR 201FRANÇOIS HOLLANDE SEREIN FACE À L'HYPOTHÈSE D'UNE PRIMAIRE POUR 2017

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - François Hollande s'est fait à l'idée d'une primaire pour l'élection présidentielle de 2017, à l'heure où cette option est devenue une hypothèse de travail au Parti socialiste.

"Le président considère qu'il ne faut pas avoir peur d'une primaire", témoigne l'un de ses proches, qui ajoute: "Il sait que cette hypothèse peut se concrétiser."

Pour cet intime du président, Thierry Mandon a ouvert le débat en étant le premier membre du gouvernement à se prononcer publiquement pour une primaire ouverte à toute la gauche.

Les primaires "sont indispensables parce que, particulièrement en 2017, ce que vous ne réglez pas dans une primaire, vous le retrouvez au premier tour de la présidentielle", a dit mardi le secrétaire d'Etat à la Simplification, qui a rappelé le risque de voir la gauche exclue, comme en 2002, du second tour.

Bien qu'étant crédité d'un bilan plutôt positif, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin s'était retrouvé à la troisième place, affaibli notamment par les candidatures à gauche de Jean-Pierre Chevènement et de Christiane Taubira.

Pour l'heure, seule la ministre de la Décentralisation Marylise Lebranchu a suivi l'appel de Thierry Mandon, tout en adhérant à l'opinion de Manuel Valls, selon qui le président conserve "une vocation naturelle" à briguer un second mandat.

Mais si le simple fait d'évoquer l'organisation d'une primaire semble en soi contester la légitimité d'un président en exercice, les arguments de Thierry Mandon en faveur d'une primaire trouvent un certain écho chez les fidèles du président.

"C'est la pensée de beaucoup, beaucoup, beaucoup de socialistes", résume une source gouvernementale, alors que seuls les "frondeurs" du PS réclamaient jusqu'ici la tenue d'une primaire dont l'organisation est prévue dans les statuts du PS.

Une primaire ouverte à toute la gauche aurait l'avantage de l'unifier, préalable indispensable à une hypothétique victoire.

"Il faut qu'il y ait des primaires non pas au sein du Parti socialiste mais avec la gauche, pour ne pas qu'il y ait trois ou quatre candidats au premier tour", a dit Marylise Lebranchu.

RASSEMBLER LA GAUCHE

Plombé par une impopularité record et sans résultats économiques probants, François Hollande ne semble en effet avoir guère de chance d'accéder au second tour sans le soutien de sa famille politique et des autres franges de la gauche, des écologistes aux radicaux en passant par des petites formations.

Pour de nombreux analystes, l'enjeu du premier tour est crucial puisqu'il déterminera qui, du candidat du Parti socialiste ou de l'UMP, battra le fer avec la présidente du Front National, Marine Le Pen, assurée à l'aune actuelle des sondages d'atteindre le second tour.

"Celui qui sera contre elle gagnera, c'est cela qui est dans les esprits", explique un ami du président pour qui le Front national n'est pas en mesure de convaincre une majorité absolue de Français sur son programme, notamment de sortie de l'euro.

La question de la primaire pourrait devenir incontournable lors du congrès du PS début juin 2015, où les frondeurs espèrent imposer une ligne plus à gauche que celle menée par Manuel Valls et à terme, un autre candidat que François Hollande en 2017.

"Si on fait tout le congrès autour de cette question on aura raté le congrès", s'inquiète néanmoins un conseiller qui redoute de voir la presse faire son miel de cette question sensible et des divisions qu'elle ne manquerait pas d'engendrer.

Inédite pour un président sortant, une primaire poserait de nombreux problèmes tant pratiques que politiques pour François Hollande, qui serait contraint de faire une longue campagne tout en gouvernant le pays.

"La primaire peut être un moyen de renforcer le candidat présenté par le PS ou un moyen de l'affaiblir", juge un proche du chef de l'Etat dont la garde rapprochée dénonce "une démarche extrêmement prématurée".

"Quand on a la chance d'avoir un président en exercice au Parti socialiste, on commence par s'occuper de sa réussite", souligne un fidèle, qui veut croire que la candidature de François Hollande s'imposera d'elle-même.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • charleco le jeudi 20 nov 2014 à 13:44

    Ils sont déjà en 2017 : ils ne pensent qu'aux élections et aux nouvelles promesses qu'ils vont faire. Des clowns.

  • .jpeg le jeudi 20 nov 2014 à 11:57

    "Celui qui sera contre MLP gagnera, c'est cela qui est dans les esprits" ... sauf si c'est un candidat de gauche tel Hollande

  • Claouate le jeudi 20 nov 2014 à 11:37

    Comme la courbe du chômage ne sera pas inversée en 2017, selon ses propres dires (ça vaut ce que ça vaut) il ne devrait pas être candidat à sa succession non ?