Hollande sans regrets et au combat contre la droite pour 2017

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    * Le président déroule le programme de sa dernière année 
    * Le "Brexit", une opportunité ? 
    * Le regard sur Hollande "va changer", prédit Ayrault 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 30 juin (Reuters) - Je ne regrette rien : tel est en 
substance le message délivré par François Hollande dans le 
quotidien Les Echos de jeudi, où il déroule un programme 
économique et renoue avec les joutes politiques en ciblant les 
"dangereux" projets de la droite. 
    Les propos du président socialiste, tombé à 12% dans le 
dernier baromètre TNS Sofres du Figaro Magazine  , 
éclairent ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2017, 
qui sera assortie d'une primaire à gauche.  
    Il ne renie rien du bilan des quatre premières années de son 
quinquennat et dément avoir trahi ses promesses électorales, 
comme le lui reproche régulièrement la "gauche de la gauche". 
    "La trahison, c'eût été de laisser le pays dans l'état où je 
l'ai trouvé. Je m'en expliquerai devant les Français autant que 
nécessaire", dit-il en déclinant la feuille de route de la 
dernière année de son quinquennat.   et   
    Moins d'une semaine après le coup de tonnerre de la sortie 
du Royaume-Uni de l'Union européenne, le président affirme avoir 
pris la mesure de la crise, analysée au sommet européen de 
Bruxelles où les Vingt-Sept ont adopté une ligne ferme à l'égard 
des Britanniques.   
    "Plus brève sera la période d'incertitude sur la place du 
Royaume-Uni dans l'Europe, plus limitées seront les conséquences 
du Brexit sur l'activité", explique-t-il après une période 
d'intense activité diplomatique pour sortir de la crise.  
    Ironie de l'Histoire, l'homme qui avait proclamé "mon 
adversaire, c'est la finance" début 2012 au Bourget envisage de 
rendre la place de Paris "plus attractive" alors que l'avenir de 
la City de Londres semble compromis par le "Brexit".  
    Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Marc Ayrault, 
promet une prise de conscience de l'opinion sur la réalité de 
l'action présidentielle.  
    "Je crois que le regard va changer et que lorsque nous 
arriverons au début de la campagne présidentielle, qu'on 
remettra les compteurs à zéro (...) on verra que la France a 
finalement beaucoup changé, dans la bonne direction, et on verra 
qui peut faire face aux crises et qui peut conduire la France 
pour l'avenir", a-t-il dit sur France 2. 
     
    "SUR LE RING" 
    L'entourage du président décrit un François Hollande qui 
"assume totalement ce qu'il a fait et est prêt à le défendre 
aussi longtemps qu'il le faudra".  
    "Il est à l'aise, totalement sur le ring, prêt à en découdre 
avec la droite et l'extrême droite", ajoute un proche.   
    De fait, le président attaque de front dans les Echos les 
projets au ton "brutal" et "surtout inadaptés à la situation de 
notre pays et éminemment dangereux pour notre modèle social" des 
prétendants de droite à la course à l'Elysée.  
    Dans son viseur : Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, favoris de 
la primaire de novembre dont la campagne prend de l'ampleur. 
Dans le baromètre mensuel TNS Sofres-One point pour Le Figaro 
Magazine publié jeudi, l'ex-président grimpe de 17 points, et 
détrône le maire de Bordeaux, qui en perd 14, auprès des 
sympathisants des Républicains.   
    A Bruxelles mardi et mercredi, François Hollande avait ciblé 
la vision européenne de la présidente du Front national, Marine 
Le Pen, que les instituts de sondages annoncent au second tour 
de la présidentielle en 2017 à son détriment.   
    Le référendum prôné par le Front national sur l'appartenance 
à l'Union européenne risque de se retourner contre Marine Le Pen 
si les conséquences économiques du Brexit sont négatives, comme 
les premiers jours le laissent présager. 
    Pour François Hollande, le temps du mea culpa sur la 
sous-estimation de la crise en début de quinquennat, esquissé en 
mai dans un discours devant la Fondation Jean-Jaurès, a donc 
vécu.    
    En promettant deux milliards de baisse d'impôts pour les 
classes moyennes, électorat déçu à reconquérir pour 2017, le 
président montre que la séquence "bilan" déclinée depuis avril 
touche à sa fin.  
    Son interview du 14 juillet, la dernière de son quinquennat, 
devrait marquer l'entrée dans une nouvelle ère, celle du 
président-presque-candidat.   
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M1903733 il y a 5 mois

    Dans 2 jours un autre sondage va nous dire qu'il perd 2 point et qu'il est à 18%

  • M4958114 il y a 5 mois

    voici un homme qui a de l'avenir !!!

  • SuRaCtA il y a 5 mois

    Nous non plus on ne le regretera pas...

  • xk8r il y a 5 mois

    2017 GAME OVER

  • a.lauver il y a 5 mois

    Le mec s'est renié pendant 4 ans et viens nous dire qu'il n'a pas trahi ses promesses. ah bon et les ministres ne devaient ils pas tous etre élus? Que fait la Madame Royal alors?

  • mlaure13 il y a 5 mois

    Avec Ayrault le roi des cumulards, pour le soutenir...plus pathétique, tu meurs...:-(((