Hollande salue les ex-Fralib, qui ont "payé leur emploi"

le , mis à jour à 14:03
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GEMENOS, Bouches-du-Rhône, 4 juin (Reuters) - François Hollande a salué jeudi les ouvriers l'ex-usine de thés de Fralib, qui ont "payé leur emploi" en créant une société coopérative avec les indemnités de licenciement obtenues de haute lutte aux dépens de la multinationale Unilever. "Vous auriez pu, si vous aviez échoué, être parmi les trop nombreux demandeurs de Pôle Emploi. Vous l'avez cherché votre emploi, vous l'avez créé, vous l'avez payé", a déclaré le président français, qui a assisté à la signature de trois CDI, trois jours après l'annonce d'un nouveau record du chômage. Les salariés de l'ex-Fralib ont lancé la semaine dernière leur propre marque de thés et d'infusions, "1336", en référence au nombre de jours de lutte passés à s'opposer au géant anglo-néerlandais de l'agro-alimentaire Unilever. L'usine de Gémenos, près de Marseille, a été le seul site de fabrication en France des thés Lipton et des infusions Eléphant, une marque créée en 1896 à Marseille, avant sa fermeture en 2012 et le licenciement des 182 salariés. Au terme de 1.336 jours d'occupation des locaux par 77 salariés, ces derniers ont fini par arracher en mai 2014 près de 20 millions d'euros sous forme d'indemnités de licenciement ou encore pour le rachat des machines. La société coopérative et participative (Scop) a prévu de commercialiser une seconde marque directement sous la dénomination ScopTi, qui sera notamment présente dans les réseaux spécialisés du bio, dont elle a obtenu la certification. Une trentaine de salariés travailleront dès le mois de juin sur le site de Gémenos, près de Marseille, pour constituer les stocks et approvisionner les grandes surfaces dans une organisation où chacun participe à la prise de décisions. L'une des premières mesures, parmi les plus symboliques, prise par les 58 coopérateurs a été de fixer un barème de salaires qui oscille entre 1.600 à 1.800 euros net par mois. "Vous devez garder cet esprit de solidarité, de fraternité, de résistance, mais vous devez le mettre au service de la création de richesse", a dit François Hollande. "Il y a la structure capitaliste et puis il y a aussi la structure de l'économie sociale et solidaire qui est dans le marché, dans l'économie, qui doit avoir des critères de rentabilité mais qui a un autre esprit." (François Révilla, édité par Yves Clarisse)

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