Hollande réplique à l'émoi né d'un livre de "confidences"

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    BRUXELLES, 20 octobre (Reuters) - "Ce qui compte, c'est ce 
que j'ai fait et ce que je dis", a répliqué jeudi soir François 
Hollande aux doutes et aux colères exprimés depuis la 
publication d'un livre de "confidences" livrées à des 
journalistes.  
    Le monde judiciaire, l'opposition de droite et de nombreux 
élus socialistes se sont émus du contenu de l'ouvrage "Un 
président ne devrait pas dire ça...", fruit d'une soixantaine de 
rencontres entre le chef de l'Etat français et les reporters du 
Monde Fabrice Lhomme et Gérard Davet.  
    "Ce livre, il est celui de deux journalistes qui m'ont 
régulièrement interrogé et j'ai donné à chaque étape ma part de 
vérité sur un certain nombre de décisions que j'ai eu à 
prendre", a déclaré François Hollande devant la presse au terme 
de la première journée de travaux au sommet européen de 
Bruxelles.  
    "Ensuite, c'est leur interprétation. Il y a eu des phrases 
sorties qui ont pu être sorties de leur contexte et qui ont pu 
susciter, on l'a vu, une certaine polémique parfois, une émotion 
aussi", a-t-il ajouté. "Ce qui compte, c'est ce que j'ai fait et 
ce que je dis."  
    François Hollande est également revenu sur les révélations 
du livre concernant des homicides ciblés ("Homo" en langage 
militaire) ordonnés par l'Elysée et exécutés par la Direction 
générale de la sécurité extérieure (DGSE) dans le cadre de la 
lutte contre le terrorisme. 
    "Chaque fois qu'il y a eu des attaques contre nos soldats, 
chaque fois qu'il y a eu des otages qui ont été pris, enlevés et 
retenus, à chaque fois il y a eu des réponses appropriées, et 
c'est ce que j'ai toujours annoncé publiquement", a-t-il dit.   
    "Ceux qui s'attaquent à la France doivent pouvoir être 
pourchassés, poursuivis et bien sûr neutralisés quand c'est 
possible. C'est la position de la France, je l'ai toujours 
affirmé publiquement et je l'affirme ici", a-t-il ajouté.    
    Le député (Les Républicains) Pierre Lellouche a estimé 
mercredi que se posait désormais la question de la destitution 
de François Hollande pour "manquement caractérisé" à ses 
devoirs, à la suite de ses révélations sur des exécutions 
ciblées de djihadistes, une pratique soumise au secret Défense. 
    "J'en ai décidé quatre au moins", dit-il le 9 octobre 2015 
aux auteurs du livre controversé. "Mais d'autres présidents en 
ont fait davantage." 
    Le 6 novembre 2015, le président de la République "semble 
vouloir faire machine arrière", selon les journalistes. "C'est 
totalement fantasmé", dit-il à propos des "Homo". "On ne donne 
pas des autorisations de tuer. On dit : 'Chassez autant qu'il 
est possible les terroristes, placez des balises, et puis à un 
moment, si vous les trouvez, vous les neutralisez'". 
 
 (Elizabeth Pineau) 
 
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