Hollande rend hommage à Rocard, "homme politique audacieux"

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    PARIS, 7 juillet (Reuters) - François Hollande a salué jeudi 
en Michel Rocard "une grande et belle figure de la République", 
"un  homme politique audacieux" et "un intellectuel brillant" 
dont les leçons valent encore après sa mort, samedi, à l'âge de 
85 ans. 
    Aux Invalides, où Michel Rocard a reçu hommage national, le 
président français a brossé un portrait exhaustif de l'ancien 
Premier ministre, nommé à Matignon en 1988, dans lequel on 
pouvait par moments entendre un écho à l'actualité politique.  
    "Qu'a-t-il montré ? Que le compromis n'est pas une 
faiblesse, que la négociation n'est pas un défaut de volonté et 
qu'on obtient toujours plus par le dialogue que par la 
confrontation", a déclaré François Hollande. 
    "Et en même temps, pour lever les blocages, il n'a pas 
hésité à recourir aux procédures prévues par la Constitution et, 
à 28 reprises, il a dû engager la responsabilité de son 
gouvernement pour faire adopter des textes essentiels", a-t-il 
ajouté dans son discours d'une vingtaine de minutes. 
    Le gouvernement de Manuel Valls, qui revendique l'héritage 
du rocardisme, a lui-même recouru cette semaine à l'article 49-3 
de la Constitution pour faire adopter sans vote le projet de loi 
Travail à l'Assemblée nationale.    
    "(Michel Rocard) rêvait d'un pays où on se parle de nouveau, 
de villes où les tensions seraient moindres, d'une politique où 
l'on serait attentif à ce qui est dit, plutôt qu'à qui le dit. 
Là encore, le conseil vaut aujourd'hui", a souligné François 
Hollande. 
    Selon le chef de l'Etat, l'ex-Premier ministre "a toujours 
su qu'il n'y avait de redistribution possible que s'il y avait 
production. Et que pour maîtriser le capitalisme, fallait-il au 
moins en comprendre les lois et aussi son efficacité." 
    Devant un parterre de dirigeants politiques actuels et de 
figures des années Mitterrand, François Hollande a également 
évoqué le rapport de Michel Rocard à la gauche et son destin 
présidentiel contrarié. 
    "Il était conscient que les deux gauches devaient s'unir 
pour gouverner. Jamais il n'a joué contre sa famille politique, 
même quand il a fallu qu'il s'efface devant François 
Mitterrand", a rappelé François Hollande. 
    Michel Rocard a obtenu 3,6% des suffrages au premier tour de 
l'élection présidentielle en 1969, puis a dû se retirer devant 
François Mitterrand, alors chef de file incontesté de la gauche, 
avant les scrutins de 1981 et 1988. 
                 
    VOIR 
    Rocard, l'éternel rival de François Mitterrand   
     
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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