Hollande regrette que la gauche française ne soit pas "mature"

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PARIS, 1er septembre (Reuters) - En plus de trois ans à l'Elysée, François Hollande reconnaît avoir engagé des réformes "qui ne sont pas toutes de gauche" mais il regrette que ses choix aient été critiqués par un Parti socialiste qui manque selon lui de maturité. Dans un entretien accordé le 9 juillet à la journaliste du Monde Françoise Fressoz, qui en rend compte dans un livre intitulé "Le stage est fini" (Albin Michel) à paraître jeudi, le président fait un constat sévère pour son camp divisé. Le chef de l'Etat se décrit comme un réformateur "qui a engagé des réformes qui ne sont pas toutes de gauche mais servent l'intérêt général. " "J'ai fait le pari que la gauche était devenue mature, que, minoritaire dans le pays, elle serait capable de comprendre qu'elle devrait faire bloc pour gouverner; mon constat, c'est qu'une partie de la gauche ne l'admet pas", ajoute-t-il, selon des extraits transmis par l'éditeur du livre. Le président met au chapitre de ses réussites l'absence de mouvement social d'ampleur depuis son arrivée au pouvoir. "Le mécontentement est passé par les urnes", reconnaît-il toutefois, alors que les élections municipales, européennes et départementales ont enregistré un net recul du PS et une forte poussée du Front national. Pour la première fois, François Hollande dit son regret d'avoir annulé en arrivant aux affaires la hausse de TVA décidée par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Si c'était à refaire, "je ne serais pas allé aussi loin", dit-il. "J'aurais gardé l'augmentation de la TVA décidée par Nicolas Sarkozy pour boucler le budget qu'il nous avait laissé, j'aurais fait le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) pour les entreprises et j'aurais évité les hausses dans les budgets suivants." Dans la perspective de la course à l'Elysée de 2017, pour laquelle il n'a pas encore dit s'il serait candidat, François Hollande cible déjà le président des Républicains Nicolas Sarkozy. Ce dernier n'a pourtant pas encore franchi l'obstacle de la primaire où figurent d'autres candidats comme Alain Juppé. "Nicolas Sarkozy mobilise très bien son camp, mais il est le candidat le moins rassembleur du pays", dit François Hollande. Le livre de Françoise Fressoz est cruel pour le président, comme en témoigne la quatrième de couverture : un règne qui "n'est jusqu'à présent qu'une succession d'épisodes tragi-comiques", "la domination exercée par 'Mutter Merkel' sur une France rongée par ses déficits, les négociations burlesques que le monarque se croit obligé de conduire avec des ministres qui ne dissimulent pas leur mépris à son égard", etc. (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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