Hollande refuse d'envisager une sortie de la Grèce de l'euro

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Hollande refuse d'envisager une sortie de la Grèce de l'euro
Hollande refuse d'envisager une sortie de la Grèce de l'euro

PARIS/BRUXELLES (Reuters) - La France se refuse à envisager une sortie de la Grèce de la zone euro et attend des Grecs qu'ils fassent un "choix européen" en ce sens lors des élections législatives du 17 juin, a déclaré mercredi François Hollande.

S'exprimant à l'Elysée à l'issue d'un déjeuner avec le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, le président a confirmé en outre son intention de mettre la création d'euro-obligations au menu du Conseil européen informel de Bruxelles.

Pour le nouveau président français, le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) pour le soutien à la croissance et à la liquidité du système financier ainsi que l'octroi d'une licence bancaire au fonds d'urgence de la zone euro (FESF) sont d'autres questions qui devront être discutées par les pays de la monnaie unique dans les semaines qui viennent.

"Je ferai tout ce que peux faire, dans la position qui est la mienne, pour convaincre les Grecs de choisir de rester dans la zone euro en respectant les engagements qui ont été pris et pour convaincre les Européens qui pourraient en douter de la nécessité de garder la Grèce dans la zone euro", a-t-il dit lors d'un point de presse commun avec Mariano Rajoy.

A son arrivée à Bruxelles, François Hollande a lancé un message aux Grecs, appelés aux urnes pour des législatives décisives pour le maintien ou non de leur pays dans l'euro, après celles du 6 mai qui ont privé de majorité les partis favorables à la mise en oeuvre du plan d'austérité européen.

"La Grèce doit faire un choix important le 17 juin et ce choix doit être européen", a-t-il déclaré.

"La France veut que les Grecs restent dans la zone euro, les Grecs doivent respecter les engagements qui ont été pris, et en même temps la zone euro doit montrer qu'elle peut soutenir la Grèce", a ajouté François Hollande, avant une rencontre avec le Premier ministre grec par intérim Panagotis Pakrammenos.

Prié à Paris de dire s'il avait connaissance d'une note d'un comité de l'Eurogroupe recommandant à ses pays membres de se préparer à une éventuelle sortie de la Grèce de l'euro, il a répondu: "Je n'ai aucune information et d'ailleurs je n'en sollicite pas parce que ça laisserait penser que je me préparerais à cette issue. Je m'y refuse."

Evoquant les prochains rendez-vous européens, à commencer par la réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ce mercredi soir à Bruxelles, il a réitéré sa volonté d'y discuter de la croissance et des moyens de la favoriser.

"Je reviendrai sur ce que l'Europe peut faire très vite, c'est-à-dire dans les douze prochains mois, ce qu'elle serait capable d'engager comme mesures sans que ça pèse sur les Etats pour favoriser l'activité, l'emploi", a-t-il dit.

UNE LICENCE BANCAIRE POUR LE FESF

"Parmi les propositions que je mettrai sur la table, il y aura aussi les euro-obligations", a-t-il confirmé en soulignant qu'il le ferait "dans le meilleur des esprits" et "non pas pour être en conflit avec d'autres", à savoir les Allemands qui s'opposent à toute mutualisation des dettes des pays européens.

François Hollande et Mariano Rajoy sont d'autre part tombés d'accord sur la nécessité d'un soutien au système bancaire européen, qui souffre de liquidités insuffisantes avec pour conséquence des moyens limités pour accompagner une reprise de la croissance.

Le chef du gouvernement espagnol a particulièrement insisté sur ce point, en réaffirmant au passage que Madrid ne solliciterait pas des fonds européens pour recapitaliser ses banques plombées par des créances immobilières dépréciées.

Le président français a estimé que le rôle de la BCE (BCE) en soutien de la croissance était un sujet et jugé d'autre part souhaitable que le Fonds européen de solidarité financière puisse venir en aide aux banques qui y feraient appel, sans passer par les guichets des Etats.

"Autant les Etats ont à faire leur devoir par rapport à leur système bancaire, autant il doit y avoir l'alimentation de la liquidité par la Banque centrale européenne. Mais dès lors qu'a été mis en place un fonds qui va se transformer en Mécanisme européen de solidarité nous devons avoir une utilisation de ces fonds ou de ce mécanisme qui puisse permettre aux banques de se financer correctement", a-t-il dit.

Dans ce cadre, il a remis sur le tapis l'idée que le FESF et son successeur, le MES, disposent d'une licence bancaire, ce qui leur permettrait de se refinancer auprès de la BCE. Ce projet, évoqué l'an passé, soulève une forte opposition en Allemagne.

Yann Le Guernigou, Jean-Baptiste Vey et Patrick Vignal à Paris, Elizabeth Pineau à Bruxelles, édité par Yves Clarisse

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  • dhote le mercredi 23 mai 2012 à 21:21

    On aura droit a du tout petit Hollande, ce qu'il est finalement.

  • cavalair le mercredi 23 mai 2012 à 19:02

    M4630217 En continuant comme cela les Francais vont bientot avoir 365 jours de vacances par ans, car toutes les employeurs auront fait faillitte

  • cavalair le mercredi 23 mai 2012 à 19:00

    La politique de l'autruche. La grece s'oriente vers une sortie de l'euro mais il ne faut absolument pas l'envisager. Quelqu'un avait bien dit ''Gouverner c'est prevoir''. Chez les socialistes ''Gouverner c'est se cacher la tête dans le sable''

  • M4630217 le mercredi 23 mai 2012 à 18:58

    Merci Angela de payer ma retraite future! Merci à tous les travailleurs allemands qui n'ont pas 50 jours de congés par an !!

  • M8931549 le mercredi 23 mai 2012 à 18:02

    Hollande n'est pas la france. Si monsieur Hollande refuse que la Grèce sorte qu'il ouvre son porte monnaie et sorte ses deniers personnels pour renflouer ce pays qui a abusé de l'europe et abusé l'europe.

  • M5062559 le mercredi 23 mai 2012 à 17:47

    Hollande renforces l'état, embauches des professeurs, montes le smig a 1700 euros, fait la semaine des 32 heures, donnes la retraite à 60 ans et 50 ans pour la SNCF et la RATP, ...rassures tout le monde .....

  • M6437502 le mercredi 23 mai 2012 à 17:36

    Pauvre Hollande,il va vite se rendre compte qu'il n'a aucun pouvoir.Il pourra agiter ses bras en tous sens,comme pendant sa campagne électorale,cela ne lui donnera pas plus de crédibilité.Et Angela n'est pas prète à lacher du lest.

  • M4189758 le mercredi 23 mai 2012 à 17:17

    JPI - Ayrault …Une sortie de la Grèce de l'euro serait une catastrophe… Sauf, si la France en sort aussi. D'un coté on aurait le club med et de l'autre les buveurs de bière. Une Europe à deux vitesses avec qui se ressemblent, s'assemblent. Les cigales et les fourmis. Là nous ferions un Euro bond et Mr Hollande serait satisfait. Pas nous !

  • Georg47 le mercredi 23 mai 2012 à 17:16

    Mais non, mais non, vous oubliez que Moi-Président est capitaine de pédalo....

  • grossard le mercredi 23 mai 2012 à 17:12

    le bâteau coule et que prévoient nos dirigeant ??? ben de couler avec !!!