Hollande reconnaît la responsabilité de la France envers les harkis

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    PARIS, 25 septembre (Reuters) - François Hollande a reconnu 
dimanche la responsabilités des gouvernements français dans 
l'abandon des harkis d'Algérie à l'occasion de la journée 
nationale d'hommage à ces anciens combattants d'origine 
algérienne. 
    Le chef de l'Etat honorait une promesse de campagne de 2012, 
quand il s'était engagéà reconnaître la responsabilité de la 
France. 
    "Je l'affirme ici clairement, au nom de la République, je 
reconnais les responsabilités des gouvernements français dans 
l'abandon des harkis, des massacres de ceux restés en Algérie, 
et des conditions d'accueil inhumaines des familles transférées 
dans des camps en France", a-t-il dit dimanche. 
    Le chef de l'Etat s'exprimait dans la cour d'honneur des 
invalides, à Paris, où étaient également présents Nicolas 
Sarkozy et Jean-François Copé, candidats à la primaire de la 
droite et du centre, ainsi que la présidente du Front national 
Marine Le Pen.       
    En avril 2012, François Hollande, alors candidat à 
l'élection présidentielle, s'était engagé à reconnaître la 
responsabilité de la France "dans l'abandon des harkis, le 
massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil 
des familles transférées dans des camps en France". 
    Il avait déçu les associations de harkis en ne traduisant 
pas cet engagement dans une loi de réparation et en participant, 
en revanche, aux commémorations des accords d'Evian, qui 
marquent le cessez-le-feu obtenu par le général de Gaulle et la 
fin de la guerre d'Algérie. 
    C'était la première fois qu'un chef d'Etat y prononçait un 
discours alors que cette journée - le 19 mars - est contestée 
par les anciens combattants d'origine algérienne et les pieds 
noirs.  
    Instituée par le décret du 31 mars 2003, la journée 
nationale d'hommage donne lieu chaque année, à Paris, à une 
cérémonie officielle dans la cour d'honneur des Invalides. 
    La situation des harkis constitue un enjeu avant chaque 
élection présidentielle en France. 
    Nicolas Sarkozy, qui avait lui aussi déçu leurs 
représentants durant son quinquennat, s'est engagé samedi près 
de camp de Rivesaltes où ont été parqués de nombreux harkis à 
supprimer la date du 19 mars et à initier des réparations. 
    "Le drame des harkis est celui de toute la France. Une tache 
de sang indélébile reste sur notre drapeau", a-t-il dit. 
    Deux autres candidats à la primaire de droite, Bruno Le 
Maire et François Fillon, ont également dénoncé l'abandon des 
harkis.  
    Quelque 60.000 harkis ont été admis en France après les 
accords d'Evian le 18 mars 1962 mais 55.000 à 75.000 harkis, 
selon les historiens, ont été abandonnés en Algérie et victimes 
de représailles sanglantes.  
 
 (Gérard Bon) 
 
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