Hollande réconcilie les présidents du Crif et du CFCM

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(Actualisé avec Boubakeur et Cukierman) PARIS, 24 février (Reuters) - François Hollande a reçu mardi les présidents du Conseil français du culte musulman (CFCM) et du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) pour réconcilier les deux hommes après une vive polémique sur l'ampleur du rôle des jeunes musulmans dans l'antisémitisme en France. Le chef de l'Etat a expliqué qu'il voulait "rassembler les Français" et faire en sorte "qu'il n'y ait aucun doute sur notre volonté commune de lutter ensemble contre le racisme, contre l'antisémitisme", au lendemain de la querelle entre Dalil Boubakeur et Roger Cukierman. Les deux hommes se sont serré la main à l'issue de leur entretien à l'Elysée. "Nous avons voulu apporter l'apaisement nécessaire afin que les fidèles de nos deux communautés puissent à nouveau partager le principe de la convivialité et du vivre-ensemble", a déclaré Dalil Boubakeur à la presse. Il a cependant souligné la "peine des musulmans de France qui ont souffert des mots prononcés". Roger Cukierman avait déclaré lundi que "toutes les violences" antisémites étaient aujourd'hui le fait de "jeunes musulmans", ce qui a amené le CFCM à boycotter le dîner annuel du Crif. "Nous savons l'un et l'autre que nous sommes sur le même bateau et nous devons nous unir", a dit de son côté le président du Crif après la rencontre à l'Elysée. "Oui, nous menons ensemble ce même combat", a-t-il ajouté, soulignant que la communauté juive avait souffert des attentats de Paris, "commis par des hommes sans doute complètement détournés des valeurs réelles du Coran". Un plan destiné à favoriser le dialogue avec l'islam, la sécurité des musulmans et la formation de leurs représentants doit être présenté mercredi en conseil des ministres. François Hollande a par ailleurs rejeté toute polémique sur l'expression "Français de souche" qu'il a utilisée lors du dîner du Crif, précisant qu'il entendait clairement dénoncer ainsi le racisme et l'antisémitisme. "J'étais également la semaine dernière à Sarre-Union, dans ce cimetière dévasté par de jeunes lycéens, 'Français de souche' comme on dit, ignorants au point de ne pas avoir vu des écritures en hébreu", avait-il dit lundi soir. "Pour ceux qui m'ont écouté, il n'y avait pas de doute à avoir", a assuré mardi François Hollande. Le chef de l'Etat a été critiqué dans son propre camp, l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti évoquant sur Twitter "plus qu'une maladresse, une faute". A droite, l'ancien ministre UMP Thierry Mariani a écrit sur Twitter : "Si Sarkozy avait osé dire 'Français de souche',comme hier Hollande au dîner du CRIF, il serait la cible de tous les antiracistes mondains". (Julien Ponthus et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • M4661438 le mardi 24 fév 2015 à 17:22

    ou être obligés de partir !