Hollande reçoit Poutine, sous pression sur la Syrie

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Hollande reçoit Poutine, sous pression sur la Syrie
Hollande reçoit Poutine, sous pression sur la Syrie

PARIS (Reuters) - François Hollande reçoit ce vendredi soir son homologue russe, Vladimir Poutine, pour tenter de le convaincre de lever son opposition à des actions plus fermes contre le régime syrien afin de mettre fin au bain de sang dans ce pays.

Le président français a dit mardi ne pas exclure une intervention armée en Syrie à condition qu'elle soit décidée dans le cadre de l'Onu, tout en prônant la recherche d'autres moyens de chasser le régime de Bachar al Assad.

Il avait ajouté qu'il espérait convaincre Russes et Chinois de condamner le régime syrien.

"A moi, à d'autres, de convaincre Russes et Chinois et aussi de trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire", a-t-il dit sur l'antenne de France 2. "Car la pression elle doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar al Assad. Nous devons trouver une autre solution".

Mais ni Pékin ni Moscou n'entendent changer d'avis.

"La Russie est un pays avec une politique étrangère cohérente et toute pression ne serait guère appropriée", a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine, qui rencontrera également Angela Merkel ce vendredi pour son premier déplacement à l'étranger depuis son retour à la présidence en mai.

Barack Obama a évoqué mercredi la situation en Syrie avec la chancelière allemande, François Hollande et le président du Conseil italien, Mario Monti, dans le cadre d'une visioconférence.

Le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a indiqué jeudi que l'armée américaine était prête à toute initiative jugée nécessaire en Syrie, mais Washington continue à privilégier l'approche diplomatique pour obtenir le départ de Bachar al Assad.

GUERRE CIVILE TOTALE ?

Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, avait estimé la veille qu'une intervention militaire sans mandat de l'organisation pourrait devenir nécessaire en l'absence d'initiative du Conseil de sécurité.

La Russie a, comme la Chine, opposé à deux reprises son veto à des résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu appelant à des actions plus fermes contre Damas et y reste hostile.

Ce ballet diplomatique a lieu au moment où la situation sur le terrain continue à se détériorer.

Le chef de l'Armée syrienne libre (ASL), principale force combattante de l'opposition, a exhorté jeudi l'émissaire international Kofi Annan à reconnaître l'échec de son plan de paix en Syrie.

A travers le monde, des voix se sont élevées pour mettre en garde contre le risque de voir la Syrie sombrer dans une guerre civile totale, avec un risque de contagion dans d'autres pays du Proche-Orient sur fond de conflits inter-religieux.

La trêve négociée par Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe, est théoriquement en vigueur depuis le 12 avril.

Si Kofi Annan reconnaissait l'échec de son plan, les insurgés se sentiraient libres de reprendre les armes, a dit le colonel Riad al Asaad, commandant de l'ASL basé en Turquie.

Vendredi dernier, le massacre de 108 personnes, dont de nombreux enfants, à Houla, dans l'Ouest, a suscité l'indignation de la communauté internationale et des diplomates syriens ont été expulsés de plusieurs capitales occidentales.

Pour l'Onu, les forces gouvernementales et les miliciens pro-Assad sont probablement responsables de cette tuerie de Houla, que le gouvernement de Damas impute, lui, aux "bandes terroristes".

Yves Clarisse, édité par Gilles Trequesser

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  • baljo le vendredi 1 juin 2012 à 12:30

    Mais ces éléments vont évidemment circuler, sur la toile et dans les chancelleries. Et ont déjà, bien évidemment, atteint l’administration russe et Vladimir Poutine, qui risque bien d’avoir des arguments sérieux à renvoyer à son hôte François Hollande cet après-midi.

  • baljo le vendredi 1 juin 2012 à 12:30

    C’est notamment le cas de la famille du frère du député de la nouvelle Assemblée du Peuple, Abel Mo’ti Mechleb. Cette famille qui appartient au clan al-Sayed comptait à elle seule près de 20 enfants, dont on est sûr qu’au moins neuf ont été tués avec leurs parents.

  • baljo le vendredi 1 juin 2012 à 12:30

    Et puis, et c’est un argument fort, décisif même , un certain nombre des civils massacrés étaient connues pour être proches du régime. Selon le général Souleymane, ces civils tués appartenaient à des familles « qui refusaient de s’opposer au gouvernement ou étaient en désaccord avec les groupes armés« .

  • baljo le vendredi 1 juin 2012 à 12:30

    Sur les massacres de civils, le général Souleymane indique qu’ils sont intervenus en même temps que les combats entre ASL et soldats réguliers : « Le lieu du massacre se trouvait dans une zone infestée de gangs armés, où les forces de l’ordre n’ont pénétré ni avant, ni après le massacre « , a déclaré le général Soumeymane, qui précise que les points de contrôles tenus par l’armée aux entrées de Houla étaient nettement à l’écart de la zone de tuerie, dans Houla même.

  • baljo le vendredi 1 juin 2012 à 12:29

    Ensuite, Souleymane affirme, et c’est un point important guère soulevé part nos médias, que nombre des corps enveloppés dans un linceul et présentés aux observateurs et à la presse, sont ceux de membres de l’ASL tués dans les combats avec l’armée : personne, pas même les opposants, ne conteste en effet que de violents combats ont opposé aux abords de Houla puis dans Houla

  • baljo le vendredi 1 juin 2012 à 12:29

    Surtout que: comme l’ont finalement reconnus les responsables de l’ONU, la quasi-totalité des victimes civiles a bien péri par exécution, des tirs à bout portant ou des coups d’armes blanches et non par le fait d’obus de l’armée comme cela avait été annoncé juste avant le vote au Conseil de sécurité du texte incriminant cette dernière : »Il n’y avait aucune trace d’incendie ou de débris de bâtiments sur les cadavres » souligne Qassem Jamal Souleymane.