Hollande reçoit mercredi les représentants des forces de l'ordre

le , mis à jour à 19:47
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 (Actualisé avec date des rencontres à l'Elysée) 
    PARIS, 23 octobre (Reuters) - François Hollande, qui assure 
prendre la mesure du "malaise" de la police et de la 
gendarmerie, recevra mercredi prochain leurs représentants alors 
que la fronde se poursuit dans les rangs des forces de l'ordre. 
    Le chef de l'Etat avait annoncé jeudi dernier, en marge d'un 
Conseil européen à Bruxelles, ces rencontres "pour que nous 
puissions aller jusqu'au bout de ce que ces policiers ou ces 
organisations demandent". 
    Il recevra à 18h00 les organisations représentatives de la 
police nationale, puis à 19h30 le Conseil de la fonction 
militaire de la gendarmerie, précise la présidence dimanche dans 
un communiqué. 
     Le directeur général de la police nationale promet dans un 
entretien au Journal du Dimanche un "plan de sécurité publique" 
prévoyant la modernisation des moyens alloués aux forces de 
l'ordre ainsi qu'une révision de leurs missions. 
    Jean-Marc Falcone, dont certains des policiers en colère 
exigent le départ, doit remettre des propositions la semaine 
prochaine à son ministre de tutelle, Bernard Cazeneuve, après 
plusieurs jours d'une fronde lancée par les policiers hors du 
cadre syndical. 
    Bernard Cazeneuve s'est rendu dimanche dans le Val-de-Marne 
pour une visite inopinée au commissariat de Créteil 
(Val-de-Marne) où il a rencontré une cinquantaine de personnels, 
a-t-on indiqué au ministère, confirmant une information de BFM 
TV. 
    "Parmi eux, deux policiers qui participent au mouvement de 
protestation ont demandé à lui parler. Ils ont discuté, nous ne 
savons pas ce qu'il en est sorti", a-t-on ajouté. 
    Selon BFM TV, qui a interrogé les deux hommes, ces derniers 
se seraient engagés à favoriser un arrêt du mouvement. "Nous 
n'avons pas eu cette information", a-t-on dit au ministère. 
    Le ministre de l'Intérieur devait se rendre dimanche dans un 
autre commissariat, à Paris. 
    Dans le JDD, le patron de la police dit comprendre 
l'"exaspération" des fonctionnaires, qui ont défilé par 
centaines plusieurs soirs de suite, samedi soir encore, à Paris 
et dans plusieurs villes de province pour réclamer davantage de 
moyens et de considération.   
    "Je vais doter les policiers d'un armement plus sophistiqué 
avec le renouvellement du vieux pistolet-mitrailleur qui sera 
remplacé par une arme longue plus moderne", annonce Jean-Marc 
Falcone, parmi d'autres mesures de son "plan de sécurité 
publique". 
     
    LIMITATION DES TÂCHES "INDUES" 
    "Les flash-balls vont être remplacés par un lanceur de 
balles de défense plus précis et adapté aux missions. Nous 
allons aussi moderniser le système radio et développer plus 
rapidement et plus massivement les tablettes connectées au 
réseau et disponibles sur le terrain", ajoute-t-il. 
    Jean-Marc Falcone, qui avait attisé la colère des 
manifestants en saisissant l'Inspection générale de la police 
nationale (IGPN) au début de la mobilisation, s'engage également 
à revoir certaines tâches mal tolérées par les fonctionnaires. 
    "Dès lundi, avec l'ensemble des préfets, nous allons mettre 
à plat les charges dites indues. A partir de la semaine 
prochaine, les policiers de l'Essonne seront libérés des 
missions de protection de personnalités", déclare-t-il.  
    "Je vais également proposer que soit accéléré le calendrier 
de suppression des gardes statiques de préfectures et proposer 
au ministre de l'Intérieur qu'une série de missions de 
surveillance n'incombent plus à la police nationale, mais soient 
confiées à des entreprises privées", poursuit-il. 
    En visite samedi dans un commissariat de Tours 
(Indre-et-Loire), le Premier ministre Manuel Valls a formulé sur 
Twitter son "ferme engagement à poursuivre le renforcement des 
moyens de notre police", sans donner plus de précisions. 
    Parti de l'Essonne lundi soir, le mouvement de protestation 
a éclaté après une attaque au cocktail Molotov dans ce 
département le 8 octobre, à Viry-Châtillon, qui a grièvement 
blessé deux policiers, dont un est toujours hospitalisé. 
    Samedi après-midi, plusieurs dizaines de policiers se sont 
rassemblés à Evry, chef-lieu du département. 
    Une demi-douzaine de mouvements spontanés ont eu lieu depuis 
les années 1980, mais c'est la première fois que la base marque 
une triple rupture avec l'exécutif, la hiérarchie policière et 
les organisations représentatives, par ailleurs divisées. 
 
 (Simon Carraud et Sophie Louet) 
 
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