Hollande recadre le débat sur la compétitivité, confirme Gallois

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FRANÇOIS HOLLANDE RECADRE LE DÉBAT SUR LA COMPÉTITIVITÉ
FRANÇOIS HOLLANDE RECADRE LE DÉBAT SUR LA COMPÉTITIVITÉ

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - La stratégie de compétitivité que le gouvernement prépare sera bien fondée sur le rapport Gallois, a déclaré jeudi François Hollande, recadrant un débat qui a tourné à la cacophonie dans le gouvernement et sa majorité.

S'adressant à des patrons de PME, le chef de l'Etat a confirmé que l'une des mesures phares que devrait préconiser l'ancien président exécutif d'EADS, un transfert des charges sociales des entreprises vers la fiscalité, serait bien mise en oeuvre mais pas brutalement.

"Ce basculement ou ce transfert se fera dans le temps", a-t-il dit en clôture d'une conférence organisée par Oséo, un établissement public spécialisé dans le financement des PME qui intégrera à sa création la Banque publique d'investissement.

Alors que de nombreux ministres et élus de la majorité ont multiplié les prises de position antagonistes sur le sujet, François Hollande a indiqué que la réforme serait menée en ménageant des contribuables "déjà largement sollicités".

Le risque, selon lui, serait qu'un transfert massif des charges sociales sur la Contribution sociale généralisée (CSG) ou sur la TVA, n'affecte une demande intérieure déjà atone.

Récusant le terme de "choc", il a évoqué un "pacte de compétitivité" sous la forme d'un ensemble de réformes qui seront engagées tout au long du quinquennat.

Cette mise au point intervient à dix jours de la présentation officielle du rapport Gallois et alors que le Premier ministre présidera vendredi, pour la deuxième fois cette semaine, une réunion de réflexion sur la compétitivité. Elle portera sur le coût du travail, qui concentre l'essentiel des interrogations.

UN ÉTAT PLUS COMPÉTITIF

Les "fuites" à répétition sur le rapport ont entretenu une confusion sur la stratégie du gouvernement et sa volonté de réforme. La dernière en date, jeudi dans Le Parisien, prêtait à Louis Gallois, un industriel qui a travaillé dans le passé avec des ministres socialistes, une recommandation d'abrogation des 35 heures qui a été rapidement démentie.

François Hollande a souligné que la question de la compétitivité ne se mesurait pas qu'en termes de coût du travail mais aussi d'innovation, de recherche, d'accès aux financements.

Il a promis à son public de petits patrons une réforme de l'impôt sur les sociétés et de nouveaux financements pour la recherche et l'innovation grâce à la future Banque publique d'investissement.

Il a tenu aussi à les rassurer en indiquant que les dispositifs fiscaux en faveur des investissements dans les PME, comme celui qui permet de réduire l'impôt sur la fortune (ISF-PME), seraient maintenus pendant tout le quinquennat alors que le gouvernement prévoyait à l'origine d'en réduire la portée.

"Rien ne pourra se faire sans les entreprises, et encore moins contre", a-t-il dit comme pour répondre à l'opposition qui accuse son gouvernement de créer un état d'esprit hostile aux entreprises et aux entrepreneurs avec les importantes hausses de prélèvements prévues par le projet de budget 2013.

François Hollande a enfin assuré que l'Etat devrait montrer l'exemple "en étant lui aussi plus compétitif par des réformes en profondeur de certaines missions" et en poursuivant la réduction des déficits publics.

Julien Ponthus, édité par Yann Le Guernigou

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