Hollande réaffirme l'importance de la dissuasion nucléaire

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* Le chef de l'Etat appelle à ne pas baisser la garde * La France dispose d'au moins 300 têtes nucléaires * Hollande réaffirme sa position contre la prolifération par Jean-François Rosnoblet ISTRES, Bouches-du-Rhône, 19 février (Reuters) - François Hollande a réaffirmé jeudi l'importance de la dissuasion nucléaire au regard du contexte international, marqué par le conflit ukrainien et la montée en puissance de l'Etat islamique, qui exige de ne pas "baisser la garde" et rend nécessaire la modernisation de l'arsenal français. En prononçant un discours sur la base aérienne 125 d'Istres (Bouches-du-Rhône), le chef de l'Etat s'est inscrit dans une tradition implicite française qui veut que tous les présidents de la République depuis 1958 s'expriment sur la dissuasion nucléaire au moins une fois au cours de leur mandat. François Hollande a dévoilé "au nom de la transparence" la composition de l'arsenal français, précisant que le pays disposait de trois lots de "16 missiles portés par sous-marins (MSBS) et de 54 vecteurs ASMPA" équipant les avions de combat et confirmant un total de "moins de 300" têtes nucléaires. "La possibilité de conflits étatiques futurs nous concernant directement ou indirectement ne peut pas être écartée", a souligné le chef de l'Etat, sur la base, l'une des plus importantes bases de l'armée de l'air, qui héberge un escadron de Mirage 2000N des forces aériennes stratégiques. "Ce contexte international n'autorise aucune faiblesse, le temps de la dissuasion nucléaire n'est donc pas dépassé, il ne saurait être question de baisser la garde", a-t-il ajouté. Le coût de la dissuasion nucléaire pèse actuellement 0,2% du PIB, soit une dépense de 3,5 milliards d'euros en 2015. C'est en moyenne 11% du budget de la Défense, 12% des ressources de la Loi de programmation militaire (2014-2019) et le quart des crédits d'équipements. "La dissuasion nucléaire vise à protéger notre pays de toute agression d'origine étatique contre ses intérêts vitaux, d'où qu'elle vienne et quelle qu'en soit la forme", a dit François Hollande. "En raison de ses effets dévastateurs, elle n'a sa place qu'au sein d'une stratégie strictement défensive." MODERNISATION Face aux menaces actuelles, la dissuasion française doit se moderniser, via le renforcement de la complémentarité des deux composantes actuelles, a-t-il fait valoir. La première composante est bâtie autour de quatre sous-marins lanceur d'engins (SNLE) équipés de missiles balistiques intercontinentaux de la force océanique stratégique (FOST), qui sont stationnés à l'Ile Longue (Finistère). La seconde s'appuie sur des missiles ASMPA (missile air-sol de moyenne portée améliorée) dont sont équipés des Mirages 2000N et des Rafale pour des missions à partir du territoire français ou du porte-avions Charles de Gaulle. Dans un contexte de sanctuarisation des crédits de la Défense, François Hollande a annoncé la poursuite de l'adaptation du M-51 qui équipe progressivement les SNLE depuis 2010, la mise en chantier de la tête nucléaire océanique à partir de 2016, le lancement des études de conception du SNLE de troisième génération et le remplacement d'ici à 2018 des derniers Mirage 2000 N par des Rafale emportant le missile ASMPA (Air sol moyenne portée améliorée). Par ailleurs, la flotte des avions ravitailleurs sera renouvelée. Douze avions Phénix ont été commandés pour le renouvellement des avions ravitailleurs, les deux premiers seront livrés à partir de 2018. Le discours de François Hollande intervient deux mois avant la conférence de révision du Traité de Non-Prolifération (TNP), qui a lieu à New York du 27 avril au 22 mai, l'occasion pour lui de réaffirmer la position de la France sur la prolifération. "Tout accroissement du nombre d'Etats possédant l'arme nucléaire est un risque majeur pour la paix dans les régions concernées, mais aussi pour la sécurité internationale", a-t-il souligné. "Le désarmement nucléaire ne peut être une incantation ou une invitation. Il doit être démontré". La France, a-t-il souligné, a elle notamment diminué d'un tiers la composante nucléaire aéroportée, renoncé aux missiles sol-sol et porté le volume total de son stock d'armes à "moins de 300". (Edité par Marine Pennetier)

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