Hollande ravive l'unité nationale face au choc Charlie Hebdo

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* Journée de deuil national en France * Hollande appelle à lutter contre la barbarie * Le drame peut unir les Français, mais aussi les diviser * Les musulmans de France unis contre l'attentat (Actualisé avec défilé dimanche, consultations à l'Elysée) par Elizabeth Pineau PARIS, 8 janvier (Reuters) - La fusillade de Charlie Hebdo est un moment-clé du quinquennat de François Hollande, soucieux d'incarner une unité nationale ressoudée par l'émotion suscitée par l'attentat le plus meurtrier commis en France depuis la Seconde Guerre mondiale. Au lendemain du drame, alors que la traque des suspects se poursuit, le pays s'est arrêté jeudi à la mémoire des 12 victimes de l'attentat, auxquelles s'est ajoutée jeudi matin une jeune policière municipale tuée près de Paris, sans qu'aucun lien ne soit établi entre les deux attaques. ID:nL6N0UN0JT A midi pile, une minute de silence a été observée en ce jour de deuil national décrété par le chef de l'Etat pour la cinquième fois seulement depuis le début de la Ve République. Dans tout le pays, où les drapeaux ont été mis en berne pour trois jours, des centaines de rassemblements silencieux ont eu lieu, à l'image de ceux spontanément organisés mercredi soir, quelques heures après la fusillade qui a décimé la rédaction de l'hebdomadaire satirique, avec pour slogan "Je suis Charlie". Dans le métro parisien, les rames se sont arrêtés dans les stations et les voyageurs ont été invités à se recueillir. François Hollande se trouvait à la préfecture de police de Paris, non loin de la cathédrale Notre-Dame dont les cloches ont sonné le glas. Le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, a présidé une cérémonie à la présidence et les chefs de tous les groupes politiques de l'Assemblée et du Sénat se sont recueillis sous une pluie battante. Le gouvernement, vêtu de sombre, s'est réuni à Matignon autour de Manuel Valls. Le Premier ministre a ensuite présidé dans la cour une cérémonie en présence du personnel, qui a entonné une Marseillaise. "ESPRIT DE RÉSISTANCE" Dans son agenda bouleversé, François Hollande a maintenu jeudi un hommage à Robert Chambeiron, compagnon de Jean Moulin décédé fin décembre, dont il a vanté "l'esprit de résistance". "La liberté sera toujours plus forte que la barbarie", avait déclaré le président mercredi soir lors d'une déclaration solennelle à la télévision. Le chef de l'Etat a montré l'exemple de l'unité nationale en invitant son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, à l'Elysée, où ont aussi été reçus des représentants des groupes parlementaires. De l'UMP à l'UDI en passant par le Modem, les partis de droite ont appelé à participer à la manifestation nationale de soutien prévue dimanche après-midi. Le secrétaire général du PS, Jean-Christophe Cambadélis a appelé de ses voeux un rassemblement "digne, silencieux et républicain." S'estimant tenue à l'écart, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a déclaré qu'il n'irait pas, dénonçant une "manipulation politique" de la part d'une gauche sectaire. Le FN, tout en se défendant de pratiquer l'amalgame, estime que l'attentat contre Charlie Hebdo valide ses mises en garde contre "les dangers de l'islam radical en France" et aura des conséquences politiques. ID:nL6N0UN25O De leur côté, l'ensemble des organisations musulmanes ont appelé les imams de toutes les mosquées de France à condamner avec la plus grande fermeté la violence et le terrorisme d'où qu'ils viennent", lors de leur prêche de la grande prière de vendredi. ID:nL6N0UN1QK S'il est trop tôt pour la mesurer, l'expérience a montré que les évènements graves comme les attentats ont une incidence sur la cote de popularité des représentants de l'Etat, qui incarnent l'unité d'un pays rassemblé dans la douleur. "François Hollande a bien géré l'affaire jusqu'ici", estime François Miquet-Marty, de l'institut de sondages Viavoice. "On est dans l'exercice pleinement assumé, légitime et attendu d'un chef de l'Etat qui remplit son rôle de défenseur des valeurs fondamentales de la République." La médaille a toutefois son revers, prévient le politologue, à l'heure où le Front national séduit un pays en crise où la montée de l'islamisme radical et l'insécurité sont en tête des angoisses exprimées plus ou moins ouvertement par les Français. "Ces évènements peuvent nourrir un clivage assez profond entre des Français qui veulent défendre les valeurs de liberté et ceux qui estiment, en souterrain, qu'on n'a pas en France les moyens de sécurité qui permettent d'être protégés", dit-il. (Avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • cavalair le jeudi 8 jan 2015 à 19:10

    quand on rassemble moins de 30% des francais ( sans le FN) on ne parle pas d'unite nationale. Juste quelques groupuscules qui se reunissent

  • manx750 le jeudi 8 jan 2015 à 19:04

    Unité nationale mais sans une partie importante de la Nation ? c'est l'URSS ?

  • frk987 le jeudi 8 jan 2015 à 18:48

    Pendant qu'on fait le buzz sur cette lamentable affaire, on ne parle pas de choses sérieuses comme le chômage ou la dette !!!!!