Hollande prône pour l'instant le "non" au TTIP

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    * Le président français opposé "à ce stade" au Tafta 
    * Merkel et Cameron y sont favorables 
    * "Tout faire pour avancer", dit l'Italien Gozi 
 
 (Actualisé avec contexte, autres citations) 
    PARIS, 3 mai (Reuters) - François Hollande s'est déclaré 
mardi opposé "à ce stade" à la conclusion d'un traité de 
libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, une 
position loin d'être partagée par ses grands partenaires 
européens, beaucoup plus allants. 
    L'exécutif français a récemment multiplié les déclarations 
dans ce sens mais le chef de l'Etat n'avait encore jamais 
formulé un tel "non" à un accord qui pourrait se révéler 
politiquement périlleux à l'approche de la présidentielle. 
    "A ce stade, la France dit 'non' dans l'étape que nous 
connaissons des négociations commerciales internationales", 
a-t-il déclaré lors d'un discours prononcé devant un parterre de 
socialistes.   
    Ce faisant, il a fait écho à son secrétaire d'Etat au 
commerce extérieur, Matthias Fekl, selon qui un arrêt des 
discussions Etats-Unis-UE apparaît aujourd'hui comme "l'option 
la plus probable".   
    A droite, le TTIP - également appelé Tafta, pour Trans 
Atlantic Free Trade agreement - ne recueille pas non plus les 
faveurs de François Fillon, Bruno le Maire ou Nicolas Sarkozy, 
tous trois candidats réels ou pressentis à la primaire.  
    Ailleurs, les opinions publiques font preuve de méfiance à 
l'égard d'un éventuel accord, parfois perçu comme un instrument 
de la domination américaine et/ou une menace pour la sécurité 
alimentaire et environnementale en Europe.   
    Mais les gouvernements, qui ont confié les négociations à la 
Commission européenne, penchent pour certains pour le "oui" à un 
compromis, à même selon eux de doper la croissance en favorisant 
les échanges entre les deux rives de l'Atlantique.  
    Ses partisans parlent de 100 milliards de dollars 
d'activités supplémentaires générées aux Etats-Unis et en 
Europe. 
     
    "AUGMENTER LE PRODUIT INTÉRIEUR BRUT" 
    En Allemagne, Angela Merkel y est favorable et, au 
Royaume-Uni, David Cameron a plusieurs fois apporté son soutien 
à la poursuite de ces négociations-marathon, entamées en 2013. 
    "Certes, il faut être vigilant", a déclaré mardi le 
secrétaire d'Etat italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi, 
sur Europe 1. 
    Toutefois, "nous pensons que nous allons augmenter le 
Produit intérieur brut, les opportunités pour les entreprises 
italiennes et européennes grâce à cet accord", a ajouté ce 
collaborateur de Matteo Renzi. 
    "Il faut tout faire pour avancer", a encore estimé Sandro 
Gozi. 
    Il rejoint en revanche le gouvernement français sur l'idée 
qu'il sera difficile d'arracher un accord avant la fin du mandat 
de Barack Obama, partisan résolu du TTIP, en janvier 2017 compte 
tenu des divergences persistantes entre négociateurs. 
    Lundi, Greenpeace a affirmé que le Tafta accorderait trop de 
poids aux multinationales, au détriment des consommateurs et des 
gouvernements, et altérerait les normes de sécurité en vigueur 
dans l'UE.  
    Selon l'ONG, qui s'appuie sur des documents confidentiels 
portant sur une partie des négociations, les Etats-Unis veulent 
substituer une approche plus souple au "principe de précaution 
européen", lequel interdit la commercialisation de produits 
lorsqu'il existe un doute sur leurs effets.       
    La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a 
répondu à ces allégations, selon elle fausses, en disant que le 
principe de précaution était un acquis communautaire.  
    Elle a par ailleurs appelé les gouvernements européens à 
faire preuve de pédagogie sur le sujet auprès de leurs citoyens. 
      
 
 (Elizabeth Pineau et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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