Hollande promet une aide supplémentaire de la France au Liban

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 (Avec déclarations supplémentaires, détails, contexte) 
    BEYROUTH, 16 avril (Reuters) - François Hollande a promis 
samedi une aide militaire et humanitaire supplémentaire au 
Liban, première étape d'une tournée de quatre jours au 
Proche-Orient et pays très sensible aux violents soubresauts de 
cette région. 
    A l'issue d'entretiens avec les présidents de l'Assemblée 
nationale et du Conseil des ministres libanais, Nabih Berry et 
Tamman Salam, le chef de l'Etat français a promis une "aide 
immédiate pour renforcer les capacités militaires du Liban", 
notamment pour combattre le terrorisme. 
    Il a précisé que le ministre français de la Défense, 
Jean-Yves Le Drian, qui l'accompagne, évaluerait avec son 
homologue libanais les besoins matériels du Liban. 
    L'Arabie saoudite a suspendu en février la livraison au 
Liban de trois milliards de dollars (2,7 milliards d'euros) 
d'équipements achetés à la France, pour protester contre des 
prises de positions jugées hostiles de Beyrouth dans la rivalité 
entre Ryad et Téhéran. 
    Si le contrat n'est pas rompu, la destination finale des 
armes concernées reste incertaine, ce qui rend d'autant plus 
urgente une aide française. 
    L'armée libanaise a également reçu récemment un soutien 
supplémentaire des Etats-Unis et du Royaume-Uni, alors qu'elle 
doit notamment défendre une frontière très poreuse avec la Syrie 
en proie à la guerre civile et faire face à la menace djihadiste 
de l'organisation Etat islamique (EI). 
    Le Liban a dû notamment accueillir plus d'un million de 
réfugiés syriens, soit l'équivalent d'un quart de sa population. 
     
    DES FONDS POUR L'ARMÉE ET POUR LES RÉFUGIÉS 
    "Là encore, j'ai décidé que la France devait être à vos 
côtés", a déclaré François Hollande lors d'une conférence de 
presse commune avec Tammam Salam. "L'aide française aux réfugiés 
qui sont au Liban sera portée à 50 millions d'euros dès cette 
année et 100 millions d'euros sur les trois prochaines années." 
    "Nous ferons aussi en sorte (...) d'engager notre programme 
de réinstallation des réfugiés à partir du Liban", a ajouté le 
chef de l'Etat français, qui doit visiter dimanche un camp de 
réfugiés et rencontrer des organisations humanitaires, ainsi que 
deux familles en cours de réinstallation en France. 
    Il a par ailleurs annoncé que le chef de la diplomatie 
française, Jean-Marc Ayrault, viendrait le 27 mai pour préparer 
une réunion du groupe international de soutien au Liban. 
    François Hollande a enfin exhorté les dirigeants libanais à 
sortir de la crise institutionnelle qui prive depuis près de 
deux ans leur pays de président, un poste traditionnellement 
réservé à un chrétien maronite. 
    Le Parlement n'a pas pu se réunir depuis mai 2014 pour 
procéder à l'élection et les dernières élections législatives 
remontent à 2009. Le Parlement, qui s'est auto-prorogé jusqu'en 
2017, est convoqué le 18 avril. 
    "Je voudrais revenir au Liban pour y rencontrer le président 
lorsque cela sera possible. Il vous faut régler cette crise", a 
dit François Hollande après son entretien avec Nabih Berry. 
    Il poursuivra dimanche sa tournée par l'Egypte, puis se 
rendra mardi en Jordanie. 
 
 (John Davison; Eric Faye et Emmanuel Jarry pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 
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