Hollande promet d'aider l'Irak à combattre l'Etat islamique

le
3
Hollande promet d'aider l'Irak à combattre l'Etat islamique
Hollande promet d'aider l'Irak à combattre l'Etat islamique

par Julien Ponthus

BAGDAD (Reuters) - François Hollande a promis vendredi au gouvernement irakien que la France augmenterait son aide militaire pour lutter contre l'Etat islamique mais a réservé à lundi toute annonce sur les moyens supplémentaires que Paris compte y consacrer.

Le président français a rencontré à Bagdad son homologue Fouad Massoum, avec lequel il a ébauché une stratégie globale de lutte contre EI qui doit être validée lundi lors d'une conférence internationale à Paris.

Elimination des sources de financement, d'approvisionnement ou de recrutement de djihadistes, contrôle des frontières mais aussi formation de l'armée irakienne : Paris compte mettre tous les enjeux sur la table lundi prochain.

"L'objet de cette conférence, c'est de coordonner les aides, les soutiens, les actions pour l'unité de l'Irak et contre ce groupe terroriste", a dit François Hollande aux côtés de Fouad Massoum, qui a remercié la France pour son engagement.

Il a indiqué que la question de la participation de l'Iran, la grande puissance chiite de la région, n'avait pas été tranchée mais que les diplomaties française et irakienne travaillaient a une "participation la plus large possible".

Le chef de l'Etat, qui avait posé comme préalable à l'organisation de la conférence la constitution d'un gouvernement représentant les différentes communautés du pays, a ensuite rencontré le nouveau Premier ministre chiite Haïdar al Abadi, adoubé par le Parlement irakien lundi.

MENACE POUR L'EUROPE

Après avoir exprimé son soutien politique à la nouvelle équipe, le président français a exprimé les craintes de nombreux pays occidentaux de voir les djihadistes revenir en Occident pour perpétrer des attentats.

"L'Irak fait face à une menace qui est celle du terrorisme, une menace barbare venue de Syrie mais qui hélas mobilise des combattant venus de tous les pays du monde", a dit le président français lors d'une conférence de presse avec Haïdar al Abadi.

"Ce terrorisme nous menace puisque les combattant viennent de tous les pays et qu'ils peuvent revenir", a-t-il ajouté alors que le Premier ministre irakien, regrettant que les capacités aériennes de son pays ne soient pas à niveau, s'est félicité que la France allait "participer à cet effort".

Pressé de dire quels étaient les moyens que la France mettrait en oeuvre sur le terrain, François Hollande, qui a fait valoir "la disponibilité de la France d'aider plus l'Irak", n'a pas souhaité détailler plus avant ses projets.

"Nous prendrons les décisions le moment venu, il n'y a pour le moment aucun détail," a-t-il ajouté, éludant la question de savoir si la France enverrait son porte-avions sur la zone.

Alors que le président américain Barack Obama a autorisé des frappes aériennes en Syrie, François Hollande s'est aussi refusé à dire s'il souhaitait que la France y participe.

"Aujourd'hui c'est de l'Irak dont il s'agit", a dit le président français, qui a souligné aussi que la France en était à sa quatrième livraison d'armes à l'Irak.

Neuf pays, principalement européens, ont accepté lors du sommet de l'Otan la semaine dernière de constituer le noyau dur de la coalition menée par Washington mais une intervention en Syrie reste délicate pour de nombreuses capitales, qui ne veulent pas légitimer Bachar al Assad.

ETAPE AU KURDISTAN

Un an après la volte-face américaine qui lui a permis d'échapper à des frappes militaires, le président syrien apparaît conforté dans ses positions, tirant profit des tergiversations occidentales et de l'émergence de l'EI.

L'avion transportant le chef de l'Etat, accompagné des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, devait ensuite mener la délégation française à Erbil, au Kurdistan.

La France y apporte 15 tonnes d'aide humanitaire, dont des tentes et du matériel sanitaire.

A Erbil, François Hollande rencontrera le président du gouvernement régional du Kurdistan, Massoud Barzani, puis ira à la rencontre de personnes déplacées et des ONG.

Laurent Fabius s'était rendu le 10 août dernier à Erbil alors que de nombreux civils fuyaient l'avancée de l'Etat islamique.

Le ministre des Affaires étrangères y avait évoqué la possibilité de fournir des armes aux forces kurdes irakiennes, une décision qui a été mise en oeuvre depuis.

La question des minorités, dont les yazidis et les chrétiens d'Irak qui ont fui l'avancée des djihadistes, est devenue en France un sujet particulièrement sensible.

Alors que des associations accusent le gouvernement de ne délivrer qu'au compte-goutte les visas pour la France promis aux réfugiés, certains hommes politiques s'opposent à un accueil massif en France de chrétiens d'Irak et d'Orient.

(Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M7361806 le vendredi 12 sept 2014 à 14:47

    IL FAIT LE BEAU mais risque d'attirer les attentats ce qui sera moins beau pour le commerce et le tourisme

  • Gary.83 le vendredi 12 sept 2014 à 14:44

    a t il demandé l'avis de l'Assemblée nationale ? non !! tartarin se prend pour LouisXIV !

  • MAUMIC le vendredi 12 sept 2014 à 14:34

    Hollande par en croisade bien protégé, pour faire remonter sa côte de popularité. Et l'ONU ? dans cette démarche où intervient elle? Qui va payer ? Les autres pays de l'union européennes sont ils d'accord pour partager les interventions? Motus et bouche cousu. Super héro est au commande avec le pognons des français !!!Ses promesses ne sont basées que sur son le miroir de nombril