Hollande promet à Bondy de lutter "contre toutes les peurs"

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BONDY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - François Hollande a promis lundi, en Seine-Saint-Denis, de "lutter contre toutes les peurs", dénonçant le bilan de Nicolas Sarkozy sur tous les plans, le chômage notamment, dans l'un des départements les plus jeunes et les plus défavorisés du pays.

Lors d'un meeting en plein air à Bondy, le candidat socialiste à l'élection présidentielle a dénoncé la "discrimination insupportable", exalté "la fierté d'être Français" et appelé à la "mobilisation" le 22 avril et le 6 mai.

"Nous sommes à un mois du premier tour, un mois, un peu moins, je veux vous appeler à la mobilisation et à la participation", a-t-il déclaré devant plusieurs centaines de personnes réunies dans une ambiance festive place de la mairie, où couraient les enfants.

"J'entends ce râle de la résignation, le soupir de la fatalité, l'idée qu'on ne peut rien changer, que c'est trop dur, que le monde est trop violent, que l'Europe est trop divisée, la France trop affaiblie", a-t-il dit. "Je dois vous donner espoir et vaincre vos peurs", a ajouté le candidat, désireux de redonner "espoir dans la République, dans l'égalité".

Au terme d'une semaine marquée par le traumatisme des tueries de Toulouse et Montauban, François Hollande s'est affiché en adversaire de "toutes les peurs".

"Moi je veux lutter contre toutes les peurs, lutter contre cette peur de l'autre qui nous empoisonne, contre la peur d'une religion", a-t-il dit, invitant être "fier d'être pleinement Français".

"Il n'y a pas de différence entre nous, nous sommes tous des citoyens français", a dit François Hollande. "Je ne regarde pas une apparence (mais) une évidence, l'évidence d'être dans une même communauté nationale".

Dans un département comptant une importante population issue de l'immigration, le député de Corrèze a aussi dénoncé "cette discrimination insupportable et ce doute qui existe toujours de savoir si on est considéré comme un citoyen comme les autres".

EST-CE QUE ÇA VOUS FAIT KIFFER?

"Dans la République que nous voulons, chacun doit être considéré avec le même respect, la même dignité, la même considération", a-t-il dit.

François Hollande a commenté les chiffres à la hausse du chômage et ironisé sur la formule "baisse tendancielle de l'augmentation" utilisée dans la matinée par Nicolas Sarkozy.

"Il savait qu'il n'était pas bon -je parle du chiffre- et il a eu cette formule", a-t-il plaisanté. "Ceux qui avaient une oreille distraite ont dit 'tiens c'est une baisse' (...) Nous avons eu la vérification ce soir".

Rappelant que Nicolas Sarkozy avait promis de ramener le taux de chômage à 5% à la fin de son quinquennat, l'élu socialiste a pris la foule à témoin.

"La seule question qui se pose c'est: 'Est-ce que vous vivez mieux en 2012 qu'en 2007?'", a-t-il demandé. "Non!", a répondu la foule.

"Est-ce qu'il y a plus ou moins de chômage?" "Plus!"

"Faut-il continuer comme cela cinq ans de plus?" "Non!"

Le nombre de demandeurs d'emploi a atteint le mois dernier son plus haut niveau depuis octobre 1999, enregistrant sa dixième hausse d'affilée.

Lors de l'enregistrement d'une émission avec le Bondy blog dans l'après-midi, François Hollande a entendu des phrases d'habitants de Seine-Saint-Denis critiques envers la campagne.

"Si François Hollande gagne je n'irai pas à la Bastille", a dit un jeune. "Les gens que je côtoie ne veulent plus voter socialiste car c'est un parti qui a beaucoup déçu", a dit une deuxième personne interrogée. "J'ai l'impression que c'est une campagne qui se fait le pied sur le frein" a lancé une autre.

A quoi le candidat socialiste a répondu que "jamais une élection présidentielle ne s'était passée dans un tel contexte de crise".

"Je suis convaincu qu'il y a un grand espoir, que je n'ai pas le droit de décevoir. On ne me fera, et à juste raison, aucun cadeau", a-t-il ajouté.

"Qu'on vous appelle M. le président, est-ce que ça vous fait kiffer?", lui a demandé une bloggeuse. "Je ne suis pas du tout dans le narcissisme, l'exhibition, pas du tout dans un rapport de confiscation du pouvoir pour moi-même", a répondu le député de Corrèze. Sa devise? "Demain est un autre jour".

"Etre sous-estimé comme il a pu l'être est-il une force?", lui a-t-on aussi demandé. "C'est une force", a répondu François Hollande. "Tous ceux qui m'ont sous-estimé ont perdu".

Elizabeth Pineau

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  • ahariga1 le mardi 27 mar 2012 à 07:42

    Et pour la peur de la colectivisation socialiste, qu'a-t-il prévu dans son programme?