Hollande privilégie toujours un "plan H" pour 2017

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HOLLANDE N'A PAS RENONCÉ À UNE CANDIDATURE EN 2017
HOLLANDE N'A PAS RENONCÉ À UNE CANDIDATURE EN 2017

par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le chemin vers une nouvelle candidature se rétrécit pour François Hollande à mesure des aspirations présidentielles à gauche et de sondages toujours plus défavorables, mais le chef de l'Etat n'a pas renoncé.

Il tient bon en attendant, disent ses proches, le grain de sable susceptible de gripper une campagne qu'observateurs et sondages voient pour l'heure déboucher sur une victoire de la droite républicaine, voire extrême, scénario relancé par la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis.

"François Hollande est maître du calendrier et reste dans cette logique de la Ve République qui rend le président maître de son destin", explique Frédéric Dabi, de l'institut de sondages Ifop. "Il reste dans sa stratégie d'une candidature et il intéressant de voir qu'une large majorité de Français s'y attend, même si la plupart ne la souhaite pas."

Présent sur le terrain à raison de plusieurs déplacements par semaine, celui dont l'un des atouts est, selon ses défenseurs, de représenter "le point d'équilibre de la gauche", maintient sa stratégie qui pourrait mener à l'annonce de son retour dans la course à l'Elysée, début décembre.

François Hollande, adepte de l'adage selon lequel rien ne se passe jamais comme prévu en politique, vante les vertus de la persévérance et de l'unité.

"Il faut toujours se rassembler, se regrouper, faire un ensemble, une famille, une cohésion, une ambition", déclarait-il mardi à La Rochelle.

"Cela vaut pour un pays : est-ce qu'on est capable à un moment, au-delà de nos différences, de nous retrouver dans ce qui va être un chemin commun pour les prochaines années?", ajoutait le chef de l'Etat, qui confiait récemment à des journalistes son souci de "valoriser ce qui a été fait et en même temps projeter sur l'avenir."

"NOUS AVONS UN PROJET"

Même détermination devant une centaine de députés socialistes mardi soir au ministère de l'Agriculture. "Nous ne sommes pas uniquement sur un bilan, nous avons un projet", a dit le président, selon un participant.

"François Hollande s'est montré très déterminé", a raconté à Reuters le député "hollandais" Sébastien Denaja. "Comment peut-il ne pas y aller alors qu'il a un bilan et une réelle capacité de rassemblement ?"

Cette rencontre avec les parlementaires était notamment destinée à renouer avec les troupes socialistes après le trouble créé par le contenu du très controversé ouvrage de confidences à deux journalistes, "Un président ne devrait pas dire ça..."

Le livre a eu pour conséquence de faire douter à haute voix les plus loyaux de ses soutiens, tel le Premier ministre Manuel Valls, qui a dit sa "colère" à la lecture de ces confessions qui ont aussi fait sortir de ses gonds le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Le pas de côté du Premier ministre, qui se pose en garant de "l'espoir" à gauche, explique en partie son bond de 10 points dans le dernier baromètre Ifop pour Paris-Match et Sud Radio, où François Hollande perd cinq points, à 21% d'opinions favorables.

"Il y a une sorte de passage de témoin symbolique entre Hollande et Valls, paré des attributs présidentiels que sont la fermeté, l'autorité", analyse Frédéric Dabi. "Le Premier ministre progresse très fort chez les sympathisants de gauche, qui l'avaient délaissé avec la Loi travail".

Le flottement est perceptible jusque chez les "hollandais", à l'image des ministres Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian, qui ont désigné Manuel Valls comme candidat possible en cas de renoncement de François Hollande.

L'avocat Jean-Pierre Mignard, ami de 30 ans du président, était allé plus loin dans l'hebdomadaire Marianne : "A titre personnel, et amical, je souhaite qu'il s'évite une humiliation".

RASSEMBLER LA GAUCHE

Un autre fidèle, le maire de Dijon François Rebsamen, se refuse à envisager, pour l'heure, une alternative.

"Je ne suis pas pour un plan B, je suis pour un plan H, pour Hollande", déclarait l'ancien ministre mardi sur France info.

"Je lui dis qu'il doit se présenter parce que c'est le seul capable de rassembler la gauche aujourd'hui". Entre la droite du PS et les "frondeurs", "il reste le point d'équilibre", a-t-il insisté.

Face aux ambitions élyséennes de Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg ou Emmanuel Macron, un député PS juge lui aussi une candidature Hollande indispensable au rassemblement. "S'il n'y va pas, c'est une déflagration et une implosion immédiate du PS", prévient-il.

Un autre proche de François Hollande veut croire à un possible "basculement", notamment lié à l'actualité.

"A un moment, quelqu'un peut éteindre et rallumer la lumière et la scène n'est plus la même", a-t-il dit quelques jours avant la victoire de Donald Trump. "Pour gagner, il faut un management de l'incertitude et être un très bon théoricien du chaos".

Le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, va jusqu'à filer la métaphore religieuse pour appuyer les chances de son compagnon de route.

"La résurrection est possible (...) pas seulement en religion", déclarait-il au début du mois sur Public Sénat. "Il faut s'attendre toujours en politique, et l'Histoire l'enseigne, à des surprises."

(Edité par Sophie Louet)

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