Hollande pris en tenaille sur les déficits

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* Probable révision à la baisse des prévisions de croissance * Réunion à Brégançon vendredi, séminaire de rentrée lundi * Le PS demande une inflexion de la politique gouvernementale * Hollande veut agir d'ici le prochain Conseil européen (Actualisé avec annulation de la réunion gouvernementale lundi) par Elizabeth Pineau PARIS, 13 août (Reuters) - La publication jeudi des chiffres de la croissance pour le deuxième trimestre donnera le coup d'envoi de la "rentrée difficile" prédite par Manuel Valls pour le gouvernement français, pris en tenaille entre ses engagements européens et l'inflexion de sa politique réclamée à gauche. François Hollande et son Premier ministre "feront le point" dès vendredi lors d'une réunion de travail au Fort de Brégançon (Var), une première occasion d'arrêter leur stratégie au lendemain de la publication des chiffres de l'Insee. Le site de Matignon annonce la couleur : "Le volontarisme ne nous quittera pas car la rentrée va être difficile en matière de conjoncture économique. Nous devons réformer inlassablement". Ces mots prononcés Manuel Valls à l'issue du séminaire gouvernemental du 1er août dernier donnaient le ton dès avant la pause estivale qui prendra fin mercredi prochain, avec le conseil des ministres de rentrée. Publiés dans la foulée du recul de la production industrielle au deuxième trimestre, les chiffres de jeudi s'annoncent mauvais, augurant d'une révision à la hausse des prévisions du gouvernement, qui tablait sur 3,8% de déficit et 3,0% en 2015, conformément à ses engagements européens. Cette révision, à laquelle s'attendent tous les économistes, devrait être annoncée une fois les données du PIB analysées et une nouvelle trajectoire de réduction des déficits devrait être négociée avec les partenaires européens de la France. De l'emploi, toujours en baisse, au bâtiment, avec une chute des mises en chantier, tous les indicateurs français sont au rouge, à l'exception de la consommation qui est légèrement repartie au deuxième trimestre. "FAIRE BOUGER LES LIGNES AU PLAN EUROPÉEN" "L'exécutif est dans une situation de judoka", juge Stéphane Rozès, président de Conseil, analyses et perspectives (Cap). "Il faut utiliser les mauvaises nouvelles de la mi-août, utiliser ce moment difficile pour faire bouger les lignes au plan européen". Ce changement est jugé nécessaire par Emmanuel Maurel, tenant d'une aile gauche du Parti socialiste très critique envers la politique de François Hollande, même si elle n'a empêché le vote d'aucun texte au Parlement. "Il faut changer de cap, de braquet, de ce point de vue-là le sommet européen du 30 août est à mon avis décisif", a dit le député européen à Reuters. "François Hollande doit enfoncer le clou avec Matteo Renzi et dire que le pacte de stabilité ne peut pas être appliqué en l'état". Le président français doit de nouveau réunir à Paris les dirigeants sociaux-démocrates européens, dont le président du Conseil italien qui assure la présidence de l'Union, pour tenter d'infléchir une politique européenne jugée trop austère. Mais Paris doit composer avec l'intransigeance de Berlin, qui a opposé une fin de non recevoir à la demande de François Hollande d'infléchir sa politique économique pour soutenir la croissance dans la zone euro. ID:nL6N0QC3NK et ID:nL6N0QJ1Z4 Les partenaires européens de la France la pressent d'approfondir les réformes afin de relancer la croissance. L'exécutif français compte pour y parvenir sur les 50 milliards d'euros de baisses de charges du pacte de responsabilité, dont le conseil constitutionnel vient de censurer le volet social au nom de l'égalité. Mais pour une partie des socialistes, cette remise en cause doit être l'occasion d'un changement de politique. Dans une lettre ouverte au Premier ministre publiée le 9 août, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj demandent "la suspension immédiate" du pacte de responsabilité et la mise en place d'"une vraie réforme de l'impôt". Reste à savoir si François Hollande et Manuel Valls sont prêts ou sont en mesure de tendre l'oreille. "Ce que je sens, c'est qu'il y a des hésitations face à une politique qui ne porte pas ses fruits. Il faut sortir de ce cadre trop contraint", dit Emmanuel Maurel. "Une majorité de socialistes, pas seulement par les 'frondeurs', veulent, pour le moins, un infléchissement de la politique actuelle". SEUILS SOCIAUX L'ancienne première secrétaire du PS Martine Aubry, sortie en juillet de sa réserve observée depuis deux ans, pense elle aussi qu'"il n'est pas trop tard pour réussir le quinquennat". "Si depuis deux ans, dans tous les domaines, on avait eu une grande vision et une méthode, on aurait eu un peu moins de problèmes", a dit la maire de Lille à l'adresse de son ancien adversaire à la primaire socialiste de 2011. Les élections sénatoriales de septembre, qui pourraient faire basculer à droite la chambre haute, feront figure de test. "Ce scrutin est beaucoup plus ouvert qu'on le dit", veut croire un conseiller de François Hollande. Le marasme économique sera en toile de fond de l'université d'été du PS à La Rochelle, où les branches de la "famille" socialiste, des "frondeurs" aux "hollandais" s'affronteront. Parmi les idées concrètes sur la table figurent la mise en place d'une Contribution sociale généralisée (CSG) progressive, réclamée à gauche mais risquée sur le plan constitutionnel, ou encore la remise à plat du système des seuils sociaux, souhaitée par le Premier ministre mais rejetée par tous les syndicats. Fin mai, le ministre du travail, François Rebsamen, avait provoqué une levée de bouclier en proposant de suspendre pendant trois ans l'application de ces seuils, qui créent des obligations telles que la création d'un comité d'entreprise à partir de 50 salariés. Emmanuel Maurel repousse cette idée au nom d'une certaine "cohérence". "On ne peut pas prôner la démocratie sociale et priver les salariés de représentants dans les entreprises". (Avec Ingrid Melander et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • M362321 le mercredi 13 aout 2014 à 22:01

    En tenaille ... sur tous les sujets !! dehors !!

  • M9244933 le mercredi 13 aout 2014 à 20:22

    Au secours, les méchants des agences de notation et de Bruxelles. Déclassez la dette de la France pour que nos "gouvernants" se bougent enfin et comprennent qu'ils doivent faire autre chose que de plomber notre économie par les charges ou attendre une croissance miraculeuse. Et passer outre des idioties idéologiques d'un autre temps débitées par des Lienemann et autres Guedj, qui ont toujours vécu d'argent public tombé du ciel.

  • sarestal le mercredi 13 aout 2014 à 19:16

    Démission et dissolution.-Impossible de continuer ainsi !

  • frk987 le mercredi 13 aout 2014 à 18:12

    Le seul président qui était concerné par l'avenir fut VGE en étant élu à 48 ans ou bien NS élu à 52 ans, tous les autres furent malheureusement des vieux c. dont l'avenir se bornait à l'état de leur santé. Ce que je dis c'est valable pour tous les ZELUS......de droite comme de gauche.

  • M5062559 le mercredi 13 aout 2014 à 18:08

    Plus ils augmente les impôts et taxes des entreprises plus on coule.

  • frk987 le mercredi 13 aout 2014 à 18:06

    De toute façon c'est anormal de voir des dirigeants de + de 60 ans au pouvoir, que ce soit en politique comme dans les entreprises, une vision à 20 ans, c'est impossible quand on cet âge. On est plus préoccupé par sa prostate que du contexte économique de 2034, date qui est en fait demain pour la jeunesse.

  • M5062559 le mercredi 13 aout 2014 à 18:06

    Ils sont fous !

  • frk987 le mercredi 13 aout 2014 à 18:04

    Les socialos ont voté la retraite à 60 ans, on est pour ou on est contre, peu importe, mais quand on est socialiste on applique les directives du parti. Donc FH prend sa retraite au 1 septembre, le mois qui suit la date anniversaire...Et dans son cas, c'est ce qui pourrait sauver le PS, sinon ce PS est mort pour une génération au moins.

  • rodde12 le mercredi 13 aout 2014 à 17:55

    Plus que trois ans ! Vous avez bien fait de voter pour eux.

  • brinon1 le mercredi 13 aout 2014 à 17:33

    ce n'est certainement pas avec "plus d'impôts" que le bateau évitera de couler, rien n'a été compris, le DENI est devenu une methode quasi constitutionnelle de gouverner, la chute elle ne sera pas un déni, l'exode non plus..

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